15 ans

Vacances…
Jeu.
À toi à moi.
Surtout toi.
Sous le soleil.
Qui donne une couleur.
D’insouciance.
À tout ce qu’il éclaire.
On se laisse porter. Emporter.
Par cette atmosphère légère.
Joyeuse. Pleine d’envie.
On se parle. Longtemps.
On se dit qu’on a 15 ans.
Peut-être moins.
Des bulles dans la poitrine.
Comme à 15 ans.
Tu me donnes rendez-vous.
On se raconte. On revit nos vies.
Les exposant. Sans retenue.
Il n’y en a aucune entre nous.
Dès le début.
La soirée nous emmène du côté de la nuit.
Mais il faut davantage pour la partager.
La nuit.
On se quitte à rebours.
Dans une embrassade.
Intense. Immense.
Comme à 15 ans.
Sur le chemin du retour, je vole.
Je suis un nuage d’émotion.
Parmi les autres nuages.
Des moutons.
Le lendemain, brunch maritime.
Tous les deux.
L’étreinte de séparation est plus forte.
Glissant vers un semblant d’intimité.
Douce comme nos lèvres.
Qui se joignent.
S’entremêlent.
Ensuite, on s’écrit.
Tu m’écris.
Chaque jour.
Plusieurs fois.
On se revoit.
L’embrassade devient baiser.
Le baiser devient désir.
Fugitif.
Momentané.
Possible.
Pourtant.
Toujours des messages.
Mais les vacances sont finies.
J’avais presque oublié.
Ce parfum sentant le souvenir.
De nos jeunes années.
Quand nous avions 15 ans.
Réellement.
J’avais oublié.
Pendant quelque temps.
Grâce à toi.
Le poids du quotidien.
La pesanteur qui nous entoure.
Nous encercle. Nous étreint.
J’avais oublié.
Que je n’ai plus 15 ans.
Ni toi.
Même si j’aimerais.
Les avoir encore.
Même si je souhaiterais.
Que nous soyons seuls.
À en décider.
Je ne sais pas.
Ta vie est si pleine.
Tes enfants, ton boulot.
Tes souvenirs.
Tes projets.
Il me faut juste comprendre.
Admettre.
Que l’eau suive son cours.
Me laisser voguer.
Flotter.
Dériver.
Vu que je ne sais  pas.
Toujours pas.
Nager.
Dans le sens du courant.
Même à 15 ans…

« Si la force de la jeunesse réside dans sa spontanéité,  la vieillesse est si belle lorsqu’elle ne l’a pas oubliée… »

 Léo Myself

Rêveries-sur-Garonne, le 14 septembre 2018

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Cliché

Comment faire ?
Pour qu’un instantané soit durable ?
Pour qu’un moment grandisse ?
S’épanouisse.
Au point d’être un massif.
Central.
Fleurisse à son regard.
Éparpille ses senteurs.
À la seule destination de ses narines.
Comment faire ?
Rien, peut-être.
Être soi.
Sans chercher.
À plaire.
Sans se complaire dans un jeu.
Qui nous fasse endosser un rôle.
Être juste en accord.
Avec qui l’on est.
Ne jamais tricher.
Renoncer à la comédie.
Accepter qu’elle puisse être une tragédie.
Se dire qu’ainsi va la vie.
Empruntant des chemins étranges.
À découvrir.
En prenant le temps.
De voir dans chaque pierre.
Autant un obstacle à franchir.
Qu’un point d’appui.
Vers l’étape suivante.
Si étape suivante il peut y avoir.
Comment le deviner ?
Comment discerner ?
L’avenir improbable
D’un futur envisageable ?
Je ne suis pas Nostradamus.
Je suis à peine capable.
De prédire la manière dont aujourd’hui se conclura.
Chaque instant détient sa vérité.
Chaque pan de notre vie trimballe sa surprise.
Ou pas.
Néanmoins, je reste avide.
Des étonnements.
Qui rendent si précieux notre parcours.
Dans ces contrées à défricher.
À révéler.
Pour en faire un témoin.
Une marque.
De ce que nous fûmes.
De ce qui nous a rendu tellement plus vivants.
C’est peut-être un cliché.
Une sorte de Polaroïd.
Une pellicule.
Posée à la surface.
D’un chemin qui est tout.
Sauf objectif…

« L’essentiel, dans la photographie, c’est de ne jamais confondre focale et faux-cul. Sans cela, impossible de faire la différence entre le premier plan et ce qui lui sert de décor. »

Leo Myself

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Huîtres et bulots

Quoi de plus banal, en fait ?
Un dimanche, les Capus, des huîtres et des bulots…Chez Jean-Mi, évidemment. What else ?Ces relents iodés deviennent des présents « top of the day ».
Impressionnant. La façon dont l’imaginaire habille le réel.
Les huîtres sont toujours ce qu’elles sont.
Un chouïa fatiguées de leur accouchement.
Les bulots, réfugiés dans leurs coquilles, ne sont pas à l’abri.
De notre gourmandise. On a la dalle !
Affamé je suis. Pas seulement de l’assiette proposée.
Depuis hier soir.
Depuis que ma fringale a ressuscité.
Que mon régime « sans elle » a pris fin.
Depuis qu’elle m’a donné faim. D’elle. De ce qu’elle m’offre.
Sans mot dire.
Il a suffit de peu.
D’un baiser
Sans aucune affectation.
Avec une telle spontanéité.
Putain, que c’est bon !
Bien que ce puisse être fugitif.
S’emplir.
Se laisser submerger.
Par cette vague de plaisir.
Surgie d’on ne sait où.
Se satisfaire de sa présence.
Ne penser à rien d’autre.
Ne pas penser, en fait.
Ressentir. Le plaisir.
Les huîtres, un régal !
Les bulots, un voyage !
Elle, juste là, un décollage…
Peu importe le pourquoi, le comment.
Seul le parce que a du sens.
Sens unique, sens interdit, je m’en fous !
Je prends les chemins comme ils viennent.
À coup d’huîtres et de bulots.
Je me laisse porter par le flux.
Sans penser au reflux.
Car, tout de suite, le reflux je m’en tape.
Qu’il reste, aussi longtemps que possible, aux tréfonds de la marée.
Qu’il soit le reflet immobile de ce qui m’agite.
M’en fous du coefficient, à part celui de mon muscle cardiaque.
M’en fous de tous les avertissements de gens bien attentionnés.
M’en fous.
Je mange des huîtres.
Et des bulots.
C’est tout.
Non, ce n’est pas tout.
Je mange des huîtres et des bulots.
Avec elle.

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Bien marris

On ne sait pas très bien. Leur nombre. Portion infinitésimale ou surpopulation sans fin. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une affaire de quantité. Mais de qualité. On peut avoir son propre avis à ce sujet. Mais leur capacité de nuisance relève, à tout point de vue, d’une qualité. En ce qui les concerne surtout. Moins, peut-être, pour les personnes qui en sont l’objet. Voire les victimes. De nombreux écrits ont traité de ce sujet.
Pervers narcissique, manipulateur, sociopathe dissimulé, même le cinéma s’en est emparé depuis longtemps (d’Hitchcock avec Soupçons ou L’Ombre d’un Doute au Talentueux Monsieur Ripley d’Anthony Minghella, ou encore Arrête-moi Si Tu Peux de Spielberg – j’en oublie, mais nous ne sommes pas non plus dans les Cahiers du Cinéma !). Je ne vais pas disserter sur la question. D’autres l’on fait bien mieux que moi.
Addiction affective, sexuelle, ambivalence du comportement. Chaux/froid. Une douche écossaise. Nous enfonçant sous terre. Scottish-terrier, en somme.
Je souhaite simplement évoquer ce que traverse. Une personne qui m’est proche. Malgré son intelligence, sa lucidité, la distance qu’elle est parvenue à installer.
Finalement, elle se retrouve au même stade. Là où l’on est. Lorsqu’on a décidé de mettre fin à cette gourmandise. En sachant qu’elle nous est nocive. Et qu’on passe devant une pâtisserie. Que sa devanture nous interpelle.
Jusqu’à nous arrêter. Nous invitant. À replonger. Nous connaissons le risque. Le danger. Pousser la porte n’est qu’une épreuve, se dit-on. Persuadé d’en sortir vainqueur. Grandi(e). Plus fort(e). L’énergie mobilisée puise dans nos ressources. Jamais indemnes. Les cicatrices se réveillent. Sans nous faire vraiment mal.
Nous rappelant simplement leur présence. Leur histoire.
Ils (elles) le savent.
Comme l’océan, peu à peu, avec patience et opiniâtreté, parvient à éroder la côte.
Ils (elles) poursuivent, inlassablement, leur putain de travail de sape.
Nous interdisant l’oubli. Salvateur, purifiant. Nettoyage absolu et définitif. De ce que nous avons connu. Aimé. Avec eux (elles).
Notre mémoire (affective, notamment) est leur arme. Notre présomption aussi. À croire être capables. De les vaincre d’un coup.
À les renvoyer dans l’enfer. Dont ils n’auraient jamais dû partir. Ce n’est pas facile. Pourtant c’est possible.
Une seule solution : tirer le rideau, définitivement.
Un peu comme les Deschiens dans leurs célèbres sketches.
Sur cette pièce qu’ils(elles) nous incitent à rejouer sans fin. Y compris par scénettes.
Ne s’occuper que des répliques à venir. Des rôles qui nous attendent.
Qui n’attendent que nous. Personne d’autre.
Interpréter sans faux-semblant ce que la vie nous offre.
Ne rien calculer. Chercher ce qu’il y a de plus sincère.
Au fond de nous. Après y avoir fait le ménage.
Regarder devant.
Découvrir ce qui nous attend.
Supprimer le rétroviseur.
Mettre les essuies glace.
La ventilation sur le pare-brise.
Histoire de bien voir la route.
Qui s’ouvre à nous.
Sans fantôme.
Sans passé décomposé.
Pour un futur prometteur.
Alors, ces gens-là seront bien marris.
Marris d’être gros-jean comme devant.
Car ils n’auront aucun espoir de nous y atteindre.
Devant.
Eux(elles) qui ne savent rien d’autre.
Que revenir.
Chercher à nous ramener.
Avant.

« Ne jamais oublier que Narcisse est mort de n’avoir (un peu trop) jamais aimé personne d’autre que lui-même. »
Léo Myself

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces gesn-là seront bien marris.

Marrsi dêtre gros jean comme devant.

CVar c’est ce qui compte vraiment

 

Regarder devant et y découvrir ce qui nous y attend.

Oublier le rétroviseur.

Lancer les essui-glaces.

Histoire de voir nettement la route

Qui s’ouvre devant nous.

Sans fantômes.

Sans spectres.

Sans illusion.

Avec une seule certitude.

Vous ne pourrez plus rien.

Nous faire.

Vous ne pourrez plus nous empêcher.

D’être nous.

Sans vous

 

 

 

 

 

 

 

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Le fait pas !

Vieux dicton populaire. Ayant survécu à toutes les secousses  de l’histoire. Guerres, révolutions, soulèvements, épidémies de peste, marées d’équinoxe, pleines lunes et j’en passe. Sa côte reste invariante. Il revient régulièrement dans les discussions.
Surtout celles où la philosophie puise sa source. Autour d’un comptoir, d’une table conviviale ou d’une pique-nique aussi festif qu’arrosé. Voilà pourquoi je parle de source.
« Il ne le fait pas ». Quoi donc, pensè-je in petto et en moi-même, très à l’aise dans ces deux langues ?!
L’argent, bien sûr ! Le pognon, le flouze, le pèze, le guano, l’oseille, le fric, la thune, la fraiche, le grisbi, la galette, l’artiche… Non, non, non ! Il ne « le fait pas », nous assure-t-on, depuis la nuit des temps. À force d’entendre cette antienne, nous finissons par en être persuadés.
Nul bémol n’y change quoi que ce soit. Y compris le fameux « …mais il contribue », ajouté par les moins impécunieux.
C’est toujours ainsi. En soi, posséder n’est rien.
Mais posséder ce que les autres n’ont pas revient à être assis à la droite.
De dieu. Ou de son banquier. C’est à peu près pareil.
À première vue, l’argument est limpide : ne pleurez pas si vous en manquez.
Puisqu’il « ne le fait pas ».
Ensuite, ce qu’à la campagne on appelle le « coup de pied de l’âne » : mais en avoir n’est pas un inconvénient. À défaut d’être une aide.
Néanmoins, récemment, j’ai eu la preuve du contraire.
Foin d’une démonstration sociologico-financiaro-économique. Simplement les propos d’un vétérinaire. Rapportés par une amie. Qui souffrait d’un mal de chien. Raison qui la mena chez le susdit praticien. Préoccupée qu’elle était. Par sa nouvelle petite famille. Examen détaillé, auscultation minutieuse. Vérification attentive des carnets. De vaccination, pas de notes.
Le diagnostic fut sans appel. Et une seule question posée. Par le spécialiste de la santé animale : « Madame (ou mademoiselle), portez-vous en permanence vos bracelets en argent ? ». Un hochement du chef suffit à répondre. Par l’affirmative. « Vous ne songez jamais à les décharger ? ». Regard perplexe de la dame (ou demoiselle). « Comment ça, les décharger ?  Comme une batterie de smartphone (elle connaît bien le sujet, capable d’une thèse en la matière…) ? ». « Non », rétorqua l’ancien élève d’Alfort (ou de Toulouse, peu importe). « Décharger comme on pose des valise trop lourdes à porter ».
Un poil interloqué, elle reprit « Mais si je le décharge, comment faire pour recharger ? Sinon, plus de communication… ».
« L’important est ailleurs ». « L’important, c’est que vous exposez votre entourage – et notamment votre nouvelle petite famille – à ce qu’ils contiennent ! ».
« Mais quoi donc, putain de bordel de merde ! », s’emporta-t-elle. (NDLR : propos ajoutés par le scribouillard auteur de cette note, cette dame – ou demoiselle – n’employant jamais de pareils termes de bas étiages)…
D’un ton docte, il précisa : « Votre histoire, vos heurs et malheurs y sont gravés. Aussi sûrement que le texte décrypté par Champollion le fût dans une pierre de l’Égypte Ancienne ! ». « Ôtez-les ! Sur le champ ! ». Ne voyant aucun pré aux environs, elle hésita. Étant blonde et sibérienne, ceci explique cela… Elle obtempéra sans discuter, même sans avoir trouvé le champ. Résultat, j’imagine, des nombreuses décennies d’obéissance aveugle imposée pour le communisme soviétique et bolchévique…
Bref, sitôt dit, sitôt fait.
Et voilà madame (ou mademoiselle) qui repart avec ses 2 nouveaux compagnons/compagnes (il y a une fille dans l’histoire, si j’ai bien tout capté…).
Revenue « at home » (oui, l’ex URSS s’est bien occidentalisée…), elle s’occupe de leur confort et de leur bien-être. Quelques croquettes par ci, un coussin par là, Pierre Bellemare à la télé. Plus fun que Bougrain-Dubourg avec son air de Roger Gicquel déguisé en cocker triste (comme aurait dit Joe).
Au moins, Bellemare, il raconte bien et sait nous captiver.
Ces tâches de haute responsabilité effectuées, puis après avoir passé 3 ou 4 heures au téléphone avec votre modeste narrateur (cf. plus haut « la batterie déchargée »…), le temps est venu. De faire dodo.
Sujet d’inquiétude pour elle qui, après avoir été, de longues années, stagiaire titulaire pré-doctorante post-master à la Clinique du Sommeil, a toujours autant de mal à le trouver.
Le sommeil.
Pouf pouf sur les oreillers. Hop hop sous la couette.
Et là, l’improbable, l’incroyable, l’inimaginable.
Huit tours de pendule après une ronflette sans sursaut, sans le moindre intermède tisane/tranche de jambon/whisky/petite faim et pipi-je-me remets-au-lit, le réveil.
Que dis-je le réveil ??!!
Une renaissance !
Piégés dans l’argent de ses parures délaissées sur un coin de commode, ses soucis se trouvèrent bloqués, sans les papiers idoines pour la franchir,  à la frontière de ses rêves.
Et quand on sait où les soucis sont, on peut se payer une bonne tranche de repos nocturne bien mérité.

Bien qu’elle puisse avoir un côté laborieux, cette démonstration le nécessitait. Après tout, Einstein n’a pas élaboré sa théorie en faisant la vaisselle. Mais en pliant une nappe.
CQFD.
L’argent ne fait pas le bonheur.
Il est aujourd’hui démontré que s’en défaire permet de bien dormir.
Et donc de vivre mieux.

« Message à l’attention de Bill Gates, François Pinault et autres Bernard Arnault : n’hésitez pas à vous décharger sur moi de vos problèmes d’argent. Je suis LA solution ! Je consulte par téléphone ou internet et j’accepte toutes les formes de règlement. CB, Visa, Mastercard, Western Union, etc. C’est si gratifiant de pouvoir rendre service … »

Léo Myself

 

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Contrejour

nuit nocturne contrejour oubli inconscience absence néant mémoire

C’est bien ça le plus chiant. Cette réalité non perçue. Ce temps invécu.
Hop, je m’endors. Pouf, je me réveille.
Entre les deux, que s’est-il passé. ? À part nos rêves. Qui ne laissent pas de souvenirs. Pour l’essentiel. Ceux qui nous restent, restent. Un mystère insondable. Pour la plupart. Sauf pour Sigmund. Mais il n’est plus de ce monde. Pour nous aider. À le comprendre. Ce monde. Et ce qu’ils en racontent. Nos rêves.
Si espérée, parfois, voire souvent, la nuit demeure une absence. Insupportable. Parce qu’il n’y a rien à supporter. En dehors de son inexistence.
En moyenne, un tiers de notre vie lui est dévolue. Ce n’est pas rien. Un tiers. Ça revient à vivre un peu plus de 50 ans. Sans elle. En le sachant. En profitant à 100% du solde. Parfois, on a juste envie. Que la vie s’interrompe. Que s’achève le sprint quotidien. Des problèmes, des merdes auto-régénérées. Des tracas sans fin. On a juste envie. Qu’arrive la nuit. Son rideau occultant. Son effet amnésique.
C’est bien ça le plus chiant. Ne pas en profiter. Vraiment.
Une sorte d’ardoise magique. Qui efface tout. D’un simple aller-retour. Hop, je m’endors. On gomme. Pouf, je me réveille. Surface vierge. Pour quelques instants. Mais où sont ceux qui nous séparent de la veille ? Dans la nuit. Dans ce trou noir de notre existence. Qui suit chaque jour. Les précède. Selon qu’on est couche-tard. Ou lève-tôt. Juste une question de perspective. De point de vue.
Néanmoins, quoi qu’il en soit, elle est toujours là. À un moment ou un autre. La nuit. Avec son drap d’oubli et sa couette sans mémoire de forme. D’informe.
Franchement, c’est chiant. J’aimerais bien les vivre. Ces putains de nuits. Ce puits où s’engloutit l’infini. Où le moindre aléa s’enfuit. Mais ressurgit. Dès le jour venu. Dès l’obscurité levée. Par le jour. Qui reparait. Avec ses lumières insatiables. Son éclairage insoutenable. Rien ne peut se cacher. Se dissimuler. En dehors de la nuit. Elle le sait. Elle. Pas nous. On sait seulement qu’on a eu droit. À un instant. À cet instant. D’aveuglement muet. De silence inaudible. La contraction d’un temps qui nous prend. Puis nous relâche. Sans savoir que nous fûmes prisonniers. De ce qui nous libère. Du poids. De notre existence. Ce poids qui nous entrave. Nous fait chuter. Nous abimer. Sur le bitume. De la réalité. Rugueuse. Implacable. Brute. De décoffrage.
Si évidente. Après l’innocence. De cette nuit. Cette offrande.
Cette parenthèse impalpable. Insaisissable.
Pute à jamais gratuite. Parce que sans conscience.
De ce qu’elle nous donne. De ce qu’on lui prend. Sans le savoir. Sans le sentir. Sans mentir.
Je pourrais tout sacrifier. Pour en vivre une. Les yeux ouverts.
Sur la sensation. La pulsion. L’impulsion.
Qu’elle me donnerait. Si je la connaissais vraiment.
Une de ces nuits.
Qui m’abandonne si vite. Dès que le soleil se lève.
Dès que je vois ma vie revenir.
Si vite. Si fort.
Renvoyant aux limbes.
Cette partie de ma vie.
Que j’aimerais connaitre.
Même à contrecœur.
Que je voudrais pouvoir reconnaître.
Même à contrejour…

« J’ignore si mes nuits sont plus belles que mes jours. Pour en parler, il faudrait que je les connaisse… »

Léo Myself

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Tête brûlée

Je l’ai toujours. Comme neuf. Noir et blanc. Skull on black sand. C’était il y a 3 ans.
Un présent. Une offrande. Pour un passage important.
Aux yeux des autres, peut-être. Pas aux miens. Pas pour les mêmes raisons, en tout cas.
Je l’ai toujours. Je l’utilise. Chaque jour.
Il me consume chaque fois. Qu’il s’allume. Chaque fois. Il ravive la flamme. De ce temps. Où j’étais une torche. Embrasée par la moindre étincelle. De cet amour torride. Ce bûcher dont j’aurais voulu être les braises. Ignorant que j’en deviendrai les cendres.
Il n’empêche. Je l’ai toujours.
Parce qu’il me ressemble. Il est un miroir. De qui je suis. Aujourd’hui.
Même s’il est déjà d’hier.
Il me ressemble. S’allume sur demande. S’éteint de manière identique. Bien qu’il tente d’y résister. Parce que c’est sa raison d’être. Son feu ne craint rien.
Bien droit. Insensible aux vents. Conçu pour résister. Pour exister. Quelles que soient les tempêtes. Les bourrasques. Fait pour donner l’envie.
D’une cigarette. D’un instant fugace. D’un signal de fumée. Dispersé dans l’air.
L’air du temps. Du temps qui passe. Mais n’efface rien.
Lorsque tout est consommé, grillé, carbonisé, il demeure.
Prêt à fonctionner. À reprendre du service. À rallumer.
Ce qui ne peut s’éteindre.
Cette flamme sans fin. Cette faim de brûlures. Qui ne guérissent jamais.
Histoire de ne pas oublier. Qui les a provoquées.
Et continuer. À me croire un volcan. À croire en l’irruption. À la fournaise.
Espérer l’incendie.
Dans lequel se jeter. Pour y trouver l’envie. D’encore une fois m’en faire un foyer.
Absence de pompiers.
Dans ma tête.
Cramée, caramélisée.
En surchauffe à vie.
En permanence alimentée.
Au pur cœurosène.
Voilà pourquoi.
Je l’ai toujours.
Malgré sa tête de mort.
Ou à cause.
Voilà pourquoi.
Il continue.
À être ce feu.
Si précieux.
Mon briquet…

« Se consumer d’amour reste bien plus captivant que consommer à mort…»
Léo Myself

 

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