Bien marris

On ne sait pas très bien. Leur nombre. Portion infinitésimale ou surpopulation sans fin. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une affaire de quantité. Mais de qualité. On peut avoir son propre avis à ce sujet. Mais leur capacité de nuisance relève, à tout point de vue, d’une qualité. En ce qui les concerne surtout. Moins, peut-être, pour les personnes qui en sont l’objet. Voire les victimes. De nombreux écrits ont traité de ce sujet.
Pervers narcissique, manipulateur, sociopathe dissimulé, même le cinéma s’en est emparé depuis longtemps (d’Hitchcock avec Soupçons ou L’Ombre d’un Doute au Talentueux Monsieur Ripley d’Anthony Minghella, ou encore Arrête-moi Si Tu Peux de Spielberg – j’en oublie, mais nous ne sommes pas non plus dans les Cahiers du Cinéma !). Je ne vais pas disserter sur la question. D’autres l’on fait bien mieux que moi.
Addiction affective, sexuelle, ambivalence du comportement. Chaux/froid. Une douche écossaise. Nous enfonçant sous terre. Scottish-terrier, en somme.
Je souhaite simplement évoquer ce que traverse. Une personne qui m’est proche. Malgré son intelligence, sa lucidité, la distance qu’elle est parvenue à installer.
Finalement, elle se retrouve au même stade. Là où l’on est. Lorsqu’on a décidé de mettre fin à cette gourmandise. En sachant qu’elle nous est nocive. Et qu’on passe devant une pâtisserie. Que sa devanture nous interpelle.
Jusqu’à nous arrêter. Nous invitant. À replonger. Nous connaissons le risque. Le danger. Pousser la porte n’est qu’une épreuve, se dit-on. Persuadé d’en sortir vainqueur. Grandi(e). Plus fort(e). L’énergie mobilisée puise dans nos ressources. Jamais indemnes. Les cicatrices se réveillent. Sans nous faire vraiment mal.
Nous rappelant simplement leur présence. Leur histoire.
Ils (elles) le savent.
Comme l’océan, peu à peu, avec patience et opiniâtreté, parvient à éroder la côte.
Ils (elles) poursuivent, inlassablement, leur putain de travail de sape.
Nous interdisant l’oubli. Salvateur, purifiant. Nettoyage absolu et définitif. De ce que nous avons connu. Aimé. Avec eux (elles).
Notre mémoire (affective, notamment) est leur arme. Notre présomption aussi. À croire être capables. De les vaincre d’un coup.
À les renvoyer dans l’enfer. Dont ils n’auraient jamais dû partir. Ce n’est pas facile. Pourtant c’est possible.
Une seule solution : tirer le rideau, définitivement.
Un peu comme les Deschiens dans leurs célèbres sketches.
Sur cette pièce qu’ils(elles) nous incitent à rejouer sans fin. Y compris par scénettes.
Ne s’occuper que des répliques à venir. Des rôles qui nous attendent.
Qui n’attendent que nous. Personne d’autre.
Interpréter sans faux-semblant ce que la vie nous offre.
Ne rien calculer. Chercher ce qu’il y a de plus sincère.
Au fond de nous. Après y avoir fait le ménage.
Regarder devant.
Découvrir ce qui nous attend.
Supprimer le rétroviseur.
Mettre les essuies glace.
La ventilation sur le pare-brise.
Histoire de bien voir la route.
Qui s’ouvre à nous.
Sans fantôme.
Sans passé décomposé.
Pour un futur prometteur.
Alors, ces gens-là seront bien marris.
Marris d’être gros-jean comme devant.
Car ils n’auront aucun espoir de nous y atteindre.
Devant.
Eux(elles) qui ne savent rien d’autre.
Que revenir.
Chercher à nous ramener.
Avant.

« Ne jamais oublier que Narcisse est mort de n’avoir (un peu trop) jamais aimé personne d’autre que lui-même. »
Léo Myself

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces gesn-là seront bien marris.

Marrsi dêtre gros jean comme devant.

CVar c’est ce qui compte vraiment

 

Regarder devant et y découvrir ce qui nous y attend.

Oublier le rétroviseur.

Lancer les essui-glaces.

Histoire de voir nettement la route

Qui s’ouvre devant nous.

Sans fantômes.

Sans spectres.

Sans illusion.

Avec une seule certitude.

Vous ne pourrez plus rien.

Nous faire.

Vous ne pourrez plus nous empêcher.

D’être nous.

Sans vous

 

 

 

 

 

 

 

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Le fait pas !

Vieux dicton populaire. Ayant survécu à toutes les secousses  de l’histoire. Guerres, révolutions, soulèvements, épidémies de peste, marées d’équinoxe, pleines lunes et j’en passe. Sa côte reste invariante. Il revient régulièrement dans les discussions.
Surtout celles où la philosophie puise sa source. Autour d’un comptoir, d’une table conviviale ou d’une pique-nique aussi festif qu’arrosé. Voilà pourquoi je parle de source.
« Il ne le fait pas ». Quoi donc, pensè-je in petto et en moi-même, très à l’aise dans ces deux langues ?!
L’argent, bien sûr ! Le pognon, le flouze, le pèze, le guano, l’oseille, le fric, la thune, la fraiche, le grisbi, la galette, l’artiche… Non, non, non ! Il ne « le fait pas », nous assure-t-on, depuis la nuit des temps. À force d’entendre cette antienne, nous finissons par en être persuadés.
Nul bémol n’y change quoi que ce soit. Y compris le fameux « …mais il contribue », ajouté par les moins impécunieux.
C’est toujours ainsi. En soi, posséder n’est rien.
Mais posséder ce que les autres n’ont pas revient à être assis à la droite.
De dieu. Ou de son banquier. C’est à peu près pareil.
À première vue, l’argument est limpide : ne pleurez pas si vous en manquez.
Puisqu’il « ne le fait pas ».
Ensuite, ce qu’à la campagne on appelle le « coup de pied de l’âne » : mais en avoir n’est pas un inconvénient. À défaut d’être une aide.
Néanmoins, récemment, j’ai eu la preuve du contraire.
Foin d’une démonstration sociologico-financiaro-économique. Simplement les propos d’un vétérinaire. Rapportés par une amie. Qui souffrait d’un mal de chien. Raison qui la mena chez le susdit praticien. Préoccupée qu’elle était. Par sa nouvelle petite famille. Examen détaillé, auscultation minutieuse. Vérification attentive des carnets. De vaccination, pas de notes.
Le diagnostic fut sans appel. Et une seule question posée. Par le spécialiste de la santé animale : « Madame (ou mademoiselle), portez-vous en permanence vos bracelets en argent ? ». Un hochement du chef suffit à répondre. Par l’affirmative. « Vous ne songez jamais à les décharger ? ». Regard perplexe de la dame (ou demoiselle). « Comment ça, les décharger ?  Comme une batterie de smartphone (elle connaît bien le sujet, capable d’une thèse en la matière…) ? ». « Non », rétorqua l’ancien élève d’Alfort (ou de Toulouse, peu importe). « Décharger comme on pose des valise trop lourdes à porter ».
Un poil interloqué, elle reprit « Mais si je le décharge, comment faire pour recharger ? Sinon, plus de communication… ».
« L’important est ailleurs ». « L’important, c’est que vous exposez votre entourage – et notamment votre nouvelle petite famille – à ce qu’ils contiennent ! ».
« Mais quoi donc, putain de bordel de merde ! », s’emporta-t-elle. (NDLR : propos ajoutés par le scribouillard auteur de cette note, cette dame – ou demoiselle – n’employant jamais de pareils termes de bas étiages)…
D’un ton docte, il précisa : « Votre histoire, vos heurs et malheurs y sont gravés. Aussi sûrement que le texte décrypté par Champollion le fût dans une pierre de l’Égypte Ancienne ! ». « Ôtez-les ! Sur le champ ! ». Ne voyant aucun pré aux environs, elle hésita. Étant blonde et sibérienne, ceci explique cela… Elle obtempéra sans discuter, même sans avoir trouvé le champ. Résultat, j’imagine, des nombreuses décennies d’obéissance aveugle imposée pour le communisme soviétique et bolchévique…
Bref, sitôt dit, sitôt fait.
Et voilà madame (ou mademoiselle) qui repart avec ses 2 nouveaux compagnons/compagnes (il y a une fille dans l’histoire, si j’ai bien tout capté…).
Revenue « at home » (oui, l’ex URSS s’est bien occidentalisée…), elle s’occupe de leur confort et de leur bien-être. Quelques croquettes par ci, un coussin par là, Pierre Bellemare à la télé. Plus fun que Bougrain-Dubourg avec son air de Roger Gicquel déguisé en cocker triste (comme aurait dit Joe).
Au moins, Bellemare, il raconte bien et sait nous captiver.
Ces tâches de haute responsabilité effectuées, puis après avoir passé 3 ou 4 heures au téléphone avec votre modeste narrateur (cf. plus haut « la batterie déchargée »…), le temps est venu. De faire dodo.
Sujet d’inquiétude pour elle qui, après avoir été, de longues années, stagiaire titulaire pré-doctorante post-master à la Clinique du Sommeil, a toujours autant de mal à le trouver.
Le sommeil.
Pouf pouf sur les oreillers. Hop hop sous la couette.
Et là, l’improbable, l’incroyable, l’inimaginable.
Huit tours de pendule après une ronflette sans sursaut, sans le moindre intermède tisane/tranche de jambon/whisky/petite faim et pipi-je-me remets-au-lit, le réveil.
Que dis-je le réveil ??!!
Une renaissance !
Piégés dans l’argent de ses parures délaissées sur un coin de commode, ses soucis se trouvèrent bloqués, sans les papiers idoines pour la franchir,  à la frontière de ses rêves.
Et quand on sait où les soucis sont, on peut se payer une bonne tranche de repos nocturne bien mérité.

Bien qu’elle puisse avoir un côté laborieux, cette démonstration le nécessitait. Après tout, Einstein n’a pas élaboré sa théorie en faisant la vaisselle. Mais en pliant une nappe.
CQFD.
L’argent ne fait pas le bonheur.
Il est aujourd’hui démontré que s’en défaire permet de bien dormir.
Et donc de vivre mieux.

« Message à l’attention de Bill Gates, François Pinault et autres Bernard Arnault : n’hésitez pas à vous décharger sur moi de vos problèmes d’argent. Je suis LA solution ! Je consulte par téléphone ou internet et j’accepte toutes les formes de règlement. CB, Visa, Mastercard, Western Union, etc. C’est si gratifiant de pouvoir rendre service … »

Léo Myself

 

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Contrejour

nuit nocturne contrejour oubli inconscience absence néant mémoire

C’est bien ça le plus chiant. Cette réalité non perçue. Ce temps invécu.
Hop, je m’endors. Pouf, je me réveille.
Entre les deux, que s’est-il passé. ? À part nos rêves. Qui ne laissent pas de souvenirs. Pour l’essentiel. Ceux qui nous restent, restent. Un mystère insondable. Pour la plupart. Sauf pour Sigmund. Mais il n’est plus de ce monde. Pour nous aider. À le comprendre. Ce monde. Et ce qu’ils en racontent. Nos rêves.
Si espérée, parfois, voire souvent, la nuit demeure une absence. Insupportable. Parce qu’il n’y a rien à supporter. En dehors de son inexistence.
En moyenne, un tiers de notre vie lui est dévolue. Ce n’est pas rien. Un tiers. Ça revient à vivre un peu plus de 50 ans. Sans elle. En le sachant. En profitant à 100% du solde. Parfois, on a juste envie. Que la vie s’interrompe. Que s’achève le sprint quotidien. Des problèmes, des merdes auto-régénérées. Des tracas sans fin. On a juste envie. Qu’arrive la nuit. Son rideau occultant. Son effet amnésique.
C’est bien ça le plus chiant. Ne pas en profiter. Vraiment.
Une sorte d’ardoise magique. Qui efface tout. D’un simple aller-retour. Hop, je m’endors. On gomme. Pouf, je me réveille. Surface vierge. Pour quelques instants. Mais où sont ceux qui nous séparent de la veille ? Dans la nuit. Dans ce trou noir de notre existence. Qui suit chaque jour. Les précède. Selon qu’on est couche-tard. Ou lève-tôt. Juste une question de perspective. De point de vue.
Néanmoins, quoi qu’il en soit, elle est toujours là. À un moment ou un autre. La nuit. Avec son drap d’oubli et sa couette sans mémoire de forme. D’informe.
Franchement, c’est chiant. J’aimerais bien les vivre. Ces putains de nuits. Ce puits où s’engloutit l’infini. Où le moindre aléa s’enfuit. Mais ressurgit. Dès le jour venu. Dès l’obscurité levée. Par le jour. Qui reparait. Avec ses lumières insatiables. Son éclairage insoutenable. Rien ne peut se cacher. Se dissimuler. En dehors de la nuit. Elle le sait. Elle. Pas nous. On sait seulement qu’on a eu droit. À un instant. À cet instant. D’aveuglement muet. De silence inaudible. La contraction d’un temps qui nous prend. Puis nous relâche. Sans savoir que nous fûmes prisonniers. De ce qui nous libère. Du poids. De notre existence. Ce poids qui nous entrave. Nous fait chuter. Nous abimer. Sur le bitume. De la réalité. Rugueuse. Implacable. Brute. De décoffrage.
Si évidente. Après l’innocence. De cette nuit. Cette offrande.
Cette parenthèse impalpable. Insaisissable.
Pute à jamais gratuite. Parce que sans conscience.
De ce qu’elle nous donne. De ce qu’on lui prend. Sans le savoir. Sans le sentir. Sans mentir.
Je pourrais tout sacrifier. Pour en vivre une. Les yeux ouverts.
Sur la sensation. La pulsion. L’impulsion.
Qu’elle me donnerait. Si je la connaissais vraiment.
Une de ces nuits.
Qui m’abandonne si vite. Dès que le soleil se lève.
Dès que je vois ma vie revenir.
Si vite. Si fort.
Renvoyant aux limbes.
Cette partie de ma vie.
Que j’aimerais connaitre.
Même à contrecœur.
Que je voudrais pouvoir reconnaître.
Même à contrejour…

« J’ignore si mes nuits sont plus belles que mes jours. Pour en parler, il faudrait que je les connaisse… »

Léo Myself

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Tête brûlée

Je l’ai toujours. Comme neuf. Noir et blanc. Skull on black sand. C’était il y a 3 ans.
Un présent. Une offrande. Pour un passage important.
Aux yeux des autres, peut-être. Pas aux miens. Pas pour les mêmes raisons, en tout cas.
Je l’ai toujours. Je l’utilise. Chaque jour.
Il me consume chaque fois. Qu’il s’allume. Chaque fois. Il ravive la flamme. De ce temps. Où j’étais une torche. Embrasée par la moindre étincelle. De cet amour torride. Ce bûcher dont j’aurais voulu être les braises. Ignorant que j’en deviendrai les cendres.
Il n’empêche. Je l’ai toujours.
Parce qu’il me ressemble. Il est un miroir. De qui je suis. Aujourd’hui.
Même s’il est déjà d’hier.
Il me ressemble. S’allume sur demande. S’éteint de manière identique. Bien qu’il tente d’y résister. Parce que c’est sa raison d’être. Son feu ne craint rien.
Bien droit. Insensible aux vents. Conçu pour résister. Pour exister. Quelles que soient les tempêtes. Les bourrasques. Fait pour donner l’envie.
D’une cigarette. D’un instant fugace. D’un signal de fumée. Dispersé dans l’air.
L’air du temps. Du temps qui passe. Mais n’efface rien.
Lorsque tout est consommé, grillé, carbonisé, il demeure.
Prêt à fonctionner. À reprendre du service. À rallumer.
Ce qui ne peut s’éteindre.
Cette flamme sans fin. Cette faim de brûlures. Qui ne guérissent jamais.
Histoire de ne pas oublier. Qui les a provoquées.
Et continuer. À me croire un volcan. À croire en l’irruption. À la fournaise.
Espérer l’incendie.
Dans lequel se jeter. Pour y trouver l’envie. D’encore une fois m’en faire un foyer.
Absence de pompiers.
Dans ma tête.
Cramée, caramélisée.
En surchauffe à vie.
En permanence alimentée.
Au pur cœurosène.
Voilà pourquoi.
Je l’ai toujours.
Malgré sa tête de mort.
Ou à cause.
Voilà pourquoi.
Il continue.
À être ce feu.
Si précieux.
Mon briquet…

« Se consumer d’amour reste bien plus captivant que consommer à mort…»
Léo Myself

 

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Nouveau genre

NOUVEAU GENRE

Voilà, c’est décidé. Acté. Officialisé. La question du genre est tranchée.
Les couilles, omnipotentes depuis des siècles, sont coupées. Dans les textes, avant les sexes. Tant mieux. Ça laisse un peu de temps. Pour leur trouver un refuge. À nos roubignolles. Et nos bites. Symboles du mâle. Bien que féminins dans notre orthographe. Les unes comme les autres semblent devenir personna non grata. Ou plutôt devrais-je écrire « les un.e.s comme les autr.e.s » si je m’en tiens à ce que j’ai pu lire deci delà. Cahin caha.
Sur le fond, je n’ai rien contre. Sur la forme, je suis plus partagé. D’abord parce que le fond affirme sa masculinité. Assez drôlement paradoxal. Un substantif féminin (masculinité) permettant de marquer le sexisme dominant du « fond », qui reste indécrottablement doté d’un pénis grammatical, ça ne manque pas de saveur… Et la « forme » semble assimiler la femme à ce qu’elle désigne. Donc, pour résumer, tout en allant jusqu’au bout du processus (ou de la démarche pour contenter chacune et chacun) : si le « fond » pose depuis si longtemps ses roupettes sur la table alors que la « forme » exprime, avec la même antériorité, sa féminité, quelle place donner à celles et ceux qui ne se reconnaissent ni dans l’un.e ni dans l’autre ?
Certes, les mot.e.s ont leur importance. Il.elle.s désignent, identifient, qualifient.
Mais une montagne reste aujourd’hui plus haute qu’un mont. La campagne plus large qu’un camp. On peut se battre à coup de point milieu. Parce que la « milieuse » reste peu compréhensible. Aujourd’hui.
D’ailleurs, faut-il continuer. Ou faut-elle continuer ? À dire aujourd’hui. Plutôt « qu’àlajournéed’elle » ?
Je ne suis pas une personne savante (ainsi je ne fâche quiconque). Juste un homme qui s’interroge. Et ne s’est jamais offusqué. Qu’UNE question appelle UNE réponse. Les femmes auraient-elles donc l’exclusivité des interrogations ? Et des répliques à leur donner ? Uniquement parce que tout ça se conjugue au féminin.
L’erreur, l’impardonnable erreur est là.
C’est un combat en terrain miné. Sans vainqueur. Ou vainqueuse. Avec seulement d’innombrables victimes collatérales. À l’heure actuelle, une grande partie de nos enfants peine à maîtriser les rudiments du langage. Après plusieurs années de scolarité. À leurs yeux, féminin ou masculin n’ont sans doute pas d’importance. Pas plus que l’imparfait du subjectif. Ou le passé recomposé. Comme nombre de leurs familles.
Et de quelle manière intégrer cette syntaxe « multigenresque » dans le vocabulaire portable ? « Mdr » devenir « m.e.dr » ? « Oqp » s’afficher « oqp.e » ? Un texto se transformer en un.e texto.e ?
Cette volonté (n.f…) de satisfaire la moindre revendication n’est-elle pas, en fait, une nouvelle forme (encore…) de démagogie (n.f. aussi…) ? D’éviter le moindre recours en justice pour propos sexiste ? Mais appeler un chat un.e chat.te… J’entends déjà les hurlements des ligues en tout genre. Qui n’en voudront pas. De ce.tte genrification.e à la con.ne. Humiliant ce noble animal en l’assimilant à une foufoune prête à miauler.
Bref, à vouloir inclure à tout prix, on fabrique des barrières. Des murailles toujours plus difficiles à franchir. Isolant les un.e.s des autres. Les sachant.e.s des incapables d’assimiler cette novlangue.
Alors on les parquera. Dans des camps.
De cons sans trait. D’esprit.
Réformons, réformons !
Peu importe sur quoi, mais laissons une trace !
Je parierai bien.
Sur la victoire.
D’une langue simplifiée.
Accessible à toutes et tous.
Genre « miam », « grr », « slurp », « aïe », « ouf » ou « glouglou ».
Exprimant l’essentiel.
Sans le superflu.
De nos élites.
Qui ne sert que leur égo.
Ainsi, nous le deviendrons.
Égaux.
D’un nouveau genre.

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Retour sur Terre

Seul. Tout seul. Abandonné dans la nuit. Une nuit noire. Comme on n’en trouve que dans l’immensité intersidérale. Et encore.
Normal. C’est mon job. L’espace. En repousser les frontières connues. Mais au début, on était deux. Un colonel, un truc dans le genre, faisait équipe avec moi. Plus précisément un.e colonel.le. On dit comme ça maintenant. Je crois. Bref une nana galonnée. Pilote expérimenté.e. Pour assurer le coup. Elle n’est plus là.
Abbey. La colonel.le Abbey. Rose de son prénom. Des parents fans des Beatles sans doute. Pfuit ! Disparue. Envolée. Volatilisée. Dans cette nuit si noire. Sans lune. Sans étoile. Pas normal. Rien. À part les lumières. Du tableau de bord. Rouges. Vertes. Blanches. S’allumant. S’éteignant. À un rythme régulier. Trop. Régulier. Pas bon quand ça clignote ainsi. Je le savais. Formé. Entraîné. À détecter le moindre signal suspect. J’ai le flair pour ça. Naturellement.
Arff ! Grrrr ! Je tente. D’établir le contact. À travers de multiples dialectes extraterrestres. J’en maîtrise un paquet. À commencer par les langages humains. Les rudiments essentiels, a minima : ici, stop, assis… Oui, c’est très basique. Les humains sont basiques. Ça les rassure. Ils ont l’impression de dominer. Pourtant c’est moi qu’on envoie. Explorer l’infini.
Wouf ! Ouah ouah ! Peine perdue. Soit les autochtones sont incultes. Soit il n’y a personne. Dans les deux cas, agir. Unique solution. Agir. On m’a choisi pour ça. Mon sens réflexe. Ma capacité de réaction. Instinctive. Bestiale. Foncer comme un pitbull.
Sans me poser de questions. Dont je n’ai pas les réponses. De toute façon.
Les voyants. Les boutons. Je tente. J’appuie tous azimuts. Rien. Changement de tactique. Sauter partout. À droite. À gauche. En haut. En bas.
Putain ! On m’expédie renifler l’univers. Et je me retrouve en train de chercher à exploser les parois de mon habitacle.
Stop ! Mon oreille me démange. Sans doute la puce. Destinée à me localiser. À me rappeler. Que je suis encore vivant. L’apesanteur et ma souplesse naturelle me permettent de calmer l’irritation. De mon orteil gauche. C’est fou ce qu’on arrive à faire. Avec de l’espace. Avec la nécessité. D’échapper. À cette vie de chien.
Je fatigue. Je manque d’air. Langue pendante, lèvres retroussées. Je cherche à reprendre haleine. Sinon, les hallucinations ne vont pas tarder. Elles sont là. Déjà.
La preuve, je renifle mon trou de balle. Histoire de respirer ?
Ma tête tourne, mon estomac gargouille. Dans tout ce bordel, oublié ma gamelle.
Je vais y rester. Au panthéon céleste. Au tableau d’honneur. De la croquette spatiale.
Ma vue se trouble. La puce continue à se goinfrer. J’entends même des voix. Une voix. Je la connais. C’est elle ! La colonnel.le ! Elle est là. Juste de l’autre côté. Elle n’est pas seule. Les secours sont arrivés. Qu’attendent-ils ? Quelqu’un d’autre. Explique. La raison de ce foutoir. Perdu. Ils ont perdu les clés. Pas vraiment. Elles sont juste restées à l’intérieur. C’est une blonde. Qui en parle. Je la connais. Un peu. La capitaine Hachache.
Une sibérienne. Blonde, mais pas con.ne. Oui. Il en existe. Dans mon entourage.
Ici, stop, assis…même couché au besoin !…
Mais sortez moi de là ! Cliquetis. Tentatives de forcer la serrure.
Vite ! Aller pisser. À force de prendre ma vessie pour une lanterne. Elle va finir par éclairer le cosmos entier.
J’accentue mes tentatives. À un rythme effréné. Espérant déjouer toutes les probabilités. Qui sont contre moi. Je le sais bien.
Et puis un clic. Le clic salvateur.
J’ai réussi ! La portière s’ouvre. Libre !
Enfin. Oubliées. Toutes ces heures dans une autre dimension.
Tout se relâche.
J’en pète de joie et j’en pisse de bonheur…
Jusqu’à lécher la colonel.le.
Ressaisis-toi !
« Nom, grade, unité, affectation, présentez-vous, nom d’une pipe ! »
Sergent Apollo.
Section des bouledogues français.
Envoyé en exploration stratosphérique de repérage.
D’éventuels gisement potentiels de carburant.
Si possible.
Résultat : négatif.
Que chi. Nada. Zob. Rien de rien.
La colonel.le l’ignorait.
Ce qui explique.
Qu’on soit tombé en panne.
Enfin, c’est ce qu’elle croit.
Parce que c’est moi le chef.
De la mission.
Du retour.
Sur terre.
À moins.
Qu’il y ait un os.

« Parfois, la survie ne tient canin fil. »
Léo Myself

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Silice, si fluide…

Ça ne file pas. Entre les doigts. Comme le temps qui passe. Au contraire.
S’insinuant partout, envahissant tout l’espace. Ne laissant aucune place. À quoi que ce soit d’autre. Au début, chaque grain s’insinue dans le moindre interstice. Tortille du cul pour se caser dans un coin. Aussi infime soit-il. Au début, c’est insensible. Discret, progressant par de légers glissements. Tellement imperceptibles. Comme une ouate. Qui enveloppe de sa tiédeur. Il y a un côté douillet. Confortable, presque.
Bien sûr, il y a ses petits cris. Des crissements, plutôt.
La friction précède toujours l’affection, semble-t-il. Pour mieux la suivre, ensuite. Paraît-il. N’empêche, peu à peu, on y est jusqu’au cou.
Mais avant cela, il y a forcément une porte d’entrée ?… Une partie de nous-mêmes. Par où commencer. Le nez ? Un parfum, fugace d’abord. Puis persistant. Jusqu’à s’inscrire profondément. Dans la moindre de nos inspirations. Les oreilles ? Un soupir, un éclat de rire qui m’imprègnent jusqu’à la moelle. Si vite reconnus. Comme s’ils étaient les seuls. La bouche ? Tatouée au goût de ses lèvres, imprimée de cette saveur unique. Identifiable entre des millions. Complice de sa langue agile. Furieuse et délicate. Les yeux ? Les miens ou les siens ? Se noyant les uns dans les autres. Hypnotiques. Bleus. En amande. Malicieux. Ou perçants. Selon les instants. Gravés à tout jamais. Dans ces images qui tournent en boucle. Sur mon magnéto intérieur.
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