JEUNE INTERMITTENT

État d’âme
Brinqueballé constamment.
Entre ce je fus.
Ce que je suis.
Et ce que j’aimerais être.
Ce n’est pas une fusion.X
Ni une confusion.
Une cohabitation davantage.
C’est jouissif
Autant que poussif.
Pas facile de démêler.
L’idéal du banal.
Le cru du cuit.
J’aurai pu choisir.
Un autre titre.
Par exemple « vieune ».
Néologisme.
Inventé tout à trac.
N’en déplaise à l’Académie.
Ses verts.
Et ses palmes.
Sensées permettre.
La natation en eaux troubles.
Où se distinguent.
La novlangue.
Du nouveau parler.
C’est la différence.
Entre langue vivante.
Et celles qui sont mortes.
Décédées, certes.
Pourtant nous ne refusons pas.
Leur héritage.
Nous l’accueillons à bras ouverts.
C’est un terreau bienvenu.
Pour les semences à venir.
Pour la vie à engendrer.
Les expressions à imaginer.
Décrivant ce monde.
Que nous ignorons.
Par abus de certitudes.
Par manque de créativité.
Englués.
Figés
Dans ce que nous avons appris
Incapables de concevoir.
Tout ce qui nous reste.
À inventer.
Putamerdechié !
Depuis toujours, nous avons été.0
Des éponges.
Des buvards.
S’imprégnant sans état d’âme.
Des idiomes0
Pas tant idiots.
De nos envahisseurs.
De nos conquérants.0
Comme nous l’avons fait.
Avec nos ancêtres gaulois.
Francs, plus ou moins.
Conquistadors de terres lointaines.0
Qu’ils n’ont jamais connues.
Les historiens servent à ça.
À raconter un passé,
Pas dérangeant.
Pour le présent.
Au parfait du subjectif.
Si pratique.
Si commode.
Pour ne rien regarder.
Surtout pas en arrière.
À peine devant.
En tout cas pas ailleurs,
Pas au-delà,
Des frontières.
Du connu.
De l’acceptable.
Validé.
Tamponné.
Authentifié.
Qui sait aujourd’hui ?
Qu’algorithme vient de l’arabe.
Comme algèbre.
Qu’hussard est d’origine hongroise.
Que clavicule veut dire « petite clé » en latin.
Ou que les Vikings nous ont offert le duvet ?
Et l’ouragan de l’arawak « huracán » ?
Simples exemples.
De ce que nous sommes.
Fruits de mixités.
De mélanges.
Imprévus.
Imprévisibles.
Soumis aux aléas.
Des conquêtes.
Des replis.
Des stratégies.
Quoi qu’il en soit 
Nous en sommes la conclusion 
Provisoire.
Évidemment.
Juste témoins 
Du mouvement.
De cette évidence.
Si nous évoluons.
C’est à cause 
De ce qui nous entoure.
À nous de le choisir 
Ou de le combattre.
D’en rester au vieux françois.
Ou d’être en avance
Comme j’espère le pouvoir.
Sur l’ancien monde.
Post moderne
Avant d’être 
Pré-curseur.
Tout dépend.
De la place du curseur,
Un vieune.
Vieux.
Dans sa physiologie.
Jeune.
Dans sa psychologie.
Ou son état d’esprit.
Si tant est que son esprit 
Soit encore en état
D’y croire.
Ce n’est rien d’autre.
La vie qui s’étiole.
La tête dans les étoiles.
Ce n’est rien d’autre.
Être vieune…

Léo Myself – Chroniques d’un Futur Imaginaire – 2022 d’après ce qu’on dit 

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OUATEZAPP

Précisément.
Qu’advient-il ?
Lorsque plus rien ne fonctionne.
Quand la communication ressemble.
À une épreuve de sport extrême.
Une plongée dans l’inconnu.
Une expérience d’outre réel.
Quand la vraie vie dépasse.
La plus inimaginable fiction.
Précisément.
C’est l’unique intérêt.
De ce qui advient.
Alors qu’imprévu.
La surprise y puise son essence.
Le carburant nécessaire.
Au moteur de notre vie.
Découvrir. Apprendre.
S’épanouir.
De ce que nous ne savions pas.
Lever le rideau.
De nos idées reçues.
Ouvrir grand les volets.
De nos certitudes.
Autant d’œillères.
Qui obstruent.
La vie telle qu’elle est,
Si on ne lui laisse.
Aucune possibilité.
D’être dévoilée. 
D’être libérée.
Des entraves.
Si bien installées.
Des histoires,
Si bien contées,
Qu’elles finissent.
Par sembler.
Notre seule.
Réalité.
Il nous revient un seul devoir.
Nous interroger.
Chercher ce qu’il y a derrière.
Ce qu’il y a vraiment.
Au-delà des croyances.
Des certitudes.
Qui nous sont offertes.
Comme on offre.
À manger.
Aux affamés.
Aux rassasiés, le bonheur.
Aux assoiffés, un peu d’eau.
Suffisante pour avoir envie.
De vivre,
Plutôt que subsister.
De s’éteindre.
Plutôt que crever.
Infime instant,
À l’échelle de l’univers.
Nos vies sont aussi éphémères.
Qu’une suspension.
De quelques millisecondes.
Aussi brèves soient-elle.
Qu’un hiatus.
D’un réseau social.
Qui en a juste le nom.
Mais pas la fonction.
Juste nous donner la sensation.
D’être si bien.
Dans ce flocon.
Dans ce cocon.
De ouate.
Genre OuateZapp…

« What the fuck ? » (traduit par Nelson Montfort, d’après François Rabelais – 1494/1553)

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PARAPHASIE OU LES MOTS MAL TRAITÉS

Tout d’abord, les vaches aussi.
En souffrent.
D’être mal traitées.
Ou d’être traites en des pis.
Du bon sens.
Raison pour laquelle.
Je ne vais pas y aller.
Avec avec le dos de la main morte !
La paraphasie est simplement une forme
D’aphasie.
Ce n’est pas chinois à comprendre !
Exemple : chez Darty ou Boulanger 
Demander un « déconneur »
Pour recevoir Banal Plus
Ou Anal Plus.
Ça dépend des jours.
Tant que ça fonctionne en Bloutouffe.
Comme l’a fait Harald le Wiking.
Et qu’on peut aller sur Youteub.
Sans faire la queue…
Sans chercher midi à Katmandou.
Bref, ce n’est pas sans qui trop tôt.
Demander un pull ras du cul
Alors qu’on cherche uniquement 
Un chandail à col rond
Qui évite d’être dépoitraillée…
Le doute s’insinue.
Voire s’insère.
Car il ne ment pas.
Ce lapsus est authentique.
Autant que les tics.
Linguistiques.
Déguisant les pensées.
Maquillant l’épanché.
Décors transfigurant l’écorce.
Du bois dont on fait les fuites.
Apparats sans pareils.
Jolies désillusions 
Travestissant nos illusions.
Paraphasie ou para facile ?
Cachemire des caches-murs 
Douillette enveloppe 
De nos errances
Interlopes… 
Prendre la poudre de sansonette
Ou choisir la roupie d’escampette ?
C’est miction impossible 
Dirait Tome Crouse.
Pas grève.
L’important c’est de se comprendre 
Au lieu de de prendre pour des cons.
Soyons tolérants.
Soyons contre le fatanisme.
Sinon, tout droit vers l’envers.
L’envers c’est les apôtres
Disait Jean-Sol Partre.
Il n’était pas loin d’avoir raison 
De ne pas avoir eu tort.
Tout est question de détail.
De poil du cul.
Et un versement…

Léo Myself – Le tout et son contre air – Extrait de « Point de vue de nulle part » – Quelque temps avant Plutarque

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ICI ET LÀ

Éphémères.
Ils nous donnent 
Des idées de voyages
D’où qu’ils naissent
Où qu’ils aillent
Ils ne sont jamais du même endroit
Futiles, incertains, volages
Ils n’ont pas d’âge 
C’est pour cela
Qu’on ne leur dit jamais
Joyeux anniversaire. 
De passage
Ils devraient nous inciter
À réfléchir… 
Passage
Ou pas sage ?
L’un dépend sans doute
De l’autre 
Que peut-on prendre au sérieux ?
Quand rien ne l’est
La vie est une farce
Qui débute dans un cri
Et se termine dans un gémissement.
Tout n’est que souffle
Vent.
Air.
Promenant à l’infini
Ces amas cotonneux
Ces formes incertaines 
Mouvantes
Toujours en vie
Jusqu’à la pluie
Les nuages sont à l’image
De l’inattendu 
De l’incertain 
Ils peuvent sembler nous sourire 
Et, l’instant d’après,
Nous pisser dessus.
Ils n’obéissent pas
Ils ne contestent pas
Ils ne se révoltent pas
Car ils savent
Qu’ils ne sont là
Que pour un temps
Qu’ils ne savent pas.
Mais ils s’en foutent
Les nuages
Personne ne leur a jamais demandé
Leur avis.
C’est plutôt bien.
Ils n’en n’ont pas.
D’avis
De vie.
Ils sont.
Ils ne sont pas.
Ils vont
Viennent
Ici 
Ou là.
Ailleurs
Peu leur importe.
Rien n’est figé 
Ils sont libres 
De se laisser aller
Où les poussent la brise/bise.
Aucun destin.
Aucun dessein.
Innocents. 
Jusqu’aux noms savants.
Dont nous les affublons.
Cumulomachinchosus.
Stratobidulus.
Nimboridiculus.
Ils s’en moquent
Ils ne sont pas latins
Le latin est une langue morte.
Eux bien vivants.
Le temps du temps.
Qu’il fait
Qu’ils font.
Au hasard de leurs divagations 
C’est sans doute pourquoi
Je les aime tant.
Les nuages
Aucune question.
De l’un pour l’autre
Simplement le plaisir. 
De les voir errer 
Sans attache.
Ils nourrissent
Mon espoir.
D’un jour être comme eux
De passage
Libre.
Et léger
Comme un nuage 

Léo Myself – Bulletins Météo et Bas – Sixième temporalité avant le reste

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NOSTALGIE

Du grec « nostos » (retour) et « algos » (douleur).
Semble signifier le regret de « ce qu’il y avait avant ».
Pourtant, avant, il n’y avait pas, chez tout le monde.
Un réfrigérateur, une télé, le wifi, internet.
L’eau courante, les smartphones, Wikipedia, FesseDeBouc.
Et tout le toutim.
Néanmoins, nous avons survécus.
Inconscients de ce qui nous manquait.
Puisqu’il n’existait pas.
Pas encore.
Aujourd’hui, la question n’est pas de répondre à nos besoins.
Mais d’en créer la réponse avant même de les avoir susciter.
C’est un peu comme si l’air n’avait pas existé.
Avant d’avoir réalisé qu’il nous était vital,
Respirer au lieu de se laisser asphyxier.
Être nous.
Au lieu de ce que nous possédons.
Bien entendu, j’écris et je publie.
Grâce à cet outil, genre « I » truc.
Précisément.
I. Prononcer « aïe ».
Et là, ça fait mal.
Je ne vis pas le regard fixé.
Sur un futur antérieur.
Du subjectif.
Je vis là.
Ici.
Maintenant.
Sans regret.
Tout en venant d’une autre époque.
Le cul entre deux chaises
La vie entre deux univers.
Qui ne se regardent pas.
Qui ne se reconnaissent pas.
Qui ne se comprennent pas.
Parce qu’ils ne veulent pas.
S’entendre.
S’écouter.
Se parler.
Afin de partager.
Ce qu’ils peuvent.
Se donner.
S’offrir.
Se faire cadeau.
De ce présent inestimable.
Qu’hier peut faire.
À cet aujourd’hui.
Orphelin par choix.
Démuni de racines.
Privé de ses origines.
Non.
Je n’éprouve aucune nostalgie.
Je jette un œil.
Sur la vie actuelle.
Sur la vue actuelle.
Et je ressens un manque.
De perspective.
Question de regard.
Sans doute.
De vision.
Peut-être.
Parce que je suis un vieux machin.
Qui n’a pas envie.
D’être une vieille machine.
Qui pourtant pourrait.
Encore être utile.
Parce qu’elle fonctionne toujours,
Et plutôt bien, même.
Aucune nostalgie.
J’aimerai seulement.
Que les espoirs d’aujourd’hui.
Puissent être.
Les promesses de demain.
Faites-le.
Avant tout pour vous.
Aussi un peu.
Pour corriger nos erreurs.
Après tout c’est la loi des générations.
Que les vieux cons.
Se voient rachetés.
Par des jeunes.
Qui le soient moins.
À condition d’avoir compris.
La théorie de Darwin.
Non, ce n’est pas un footballeur.
Ni un DJ célèbre.
Bande de petits cons.

Léo Myself – Les temps  futurs sont à venir- 2145 Bercier Plage (ancien quartier de Bordeaux devenu une île depuis le Grand Submergement) 

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CE QUI NE MEURE JAMAIS

C’est ce qui m’a contaminé.
Le jour où nos chemins se sont rejoints.
Un peu après, en fait.
Lorsque les ressentis sont devenus.
Des émotions.
Inconnues.
Renversantes.
Mettant une grosse branlée.
À mes premières impressions.
Quand j’ai pris conscience.
Du sens que prenait ma vie.
De la direction indiscutable.
Qu’elle avait à suivre.
Pas besoin de réfléchir.
L’évidence échappe à l’analyse.
C’est ainsi.
Rien à discuter.
Pas la peine d’hésiter.
Pas la peine de résister.
Se laisser porter.
Transporter. 
Et se poser.
Là.
Où je devais parvenir.
Là.
Où je pourrai devenir.
Qui j’avais toujours rêvé.
Être.
Entier.
Complet.
Imparfait, sans doute.
Mais habité sûrement.
Habillé aussi.
Vêtu de cette vérité.
Si simple, si nue.
Si impudique.
Balayant mes certitudes.
Fracassant les convenances.
Réduisant à néant.
Tous mes repères.
Place à l’imagination.
Libre cours à mes désirs.
Pour une fois, accepter.
Qu’ils soient plus fort.
Inaliénables.
Incorruptibles.
Invincibles.
Des années plus tard.
Que faire ?
Sinon reconnaître.
Qu’il est toujours vivant.
Si vivant.
Que ça lui est impossible.
De s’essouffler.
D’être étouffé.
Incendie sans pompier.
Il se nourrit.
De ce qui flambe.
Si profondément.
Au cœur de mon moteur.
Ce moteur inusable.
Insatiable.
Ce cœur/moteur.
Qui ne cessera jamais de battre.
Pour une seule raison.
Il ne peut mourir.
Il ne meurt jamais.
Cet amour.
Mon amour.
Écrit.
Inscrit.
À jamais.
Dans ma chair.

« Un moment arrive. Où lutter ne sert à rien. Accepter être vaincu c’est prendre part à la victoire. La plus belle. Celle de l’amour ».
Léo Myself – « Tatoué à jamais » (il y a pas mal de temps déjà – Bordeaux)

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GOLIATH

Petits.
Minuscules.
David et sa fronde.
C’est vrai.
Chacun d’entre nous,
N’est qu’un ridicule David.
Autant que son insignifiante fronde.
Pourtant il suffit de quelques cailloux.
Pour faire autant.
Qu’une grosse pierre.
Jetée dans la mare.
Du cynisme.
Des lobbies.
Du sang froid.
Glacé.
Où l’actionnariat.
Prend à ce point le pas.
Sur le droit.
De chacun.
À privilégier.
Notre bien commun.
À un confort privatisé.
Au profit de quelques-uns,
Voilà pourquoi.
Il suffit d’un seul.
D’une fronde.
Pour qu’une armée de graviers.
Mette à bas.
Une bande de voyous.
De phytomenteurs.
Qui se prétendent.
Phytosénateurs.
Un jour viendra.
Où il n’y aura plus assez.
De vaseline.
Et ce jour-là.
On verra bien.
Qui l’aura dans le cul…

Léo Myself – Extrait des Chroniques Anusiennes – (merci à Frédéric Tellier pour son film si inspirant)

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