LÉGÈRETÉ

La légèreté tient davantage aux circonstances.
Qu’à la situation.
Ou aux gens. 
Certain(e)s vous offrent une bulle d’oxygène.
Propre à vous inspirer.
Au moins le temps de l’instant présent.
C’est déjà beaucoup.
D’autres vous coupent le souffle.
Vous plongent dans cette apnée bizarre. 
Qu’on a du mal.
À quitter.
Respirer jusqu’à s’asphyxier…
Ou s’essouffler à en perdre haleine ?…
Jusqu’à quel point a-t-on le choix ?
Si nous l’avons… 
Le soupirant vient de soupirer.
Finalement, nos poumons sont peut-être au cœur de cette question.
L’air de rien.
L’air d’y croire.
L’air du temps.
Qui passe.
Et ne repasse pas.
Cet air si léger.
Parfois.
Qu’il nous fait décoller.
Qu’il nous emporte.
Destination apesanteur.
Oui.
La légèreté tient à si peu.
Ce peu qui tient à eux.
À elles.
À vous. 

« Il vaut toujours mieux un second souffle que le dernier » -Léo Myself- Bordeaux- le 16 ami 2022

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GO MORE

GO…MORE !

J’en en ai connu. Des situations abracadabrantesques. Parce qu’inconnues. Nouvelles donc. De mon point de vue, tout au moins.
J’en ai rencontré. Des personnes diverses et variées. Qui étaient d’abord elles-mêmes. Avant de ressembler à ce que l’on pouvait en attendre. Justement. S’attendre à quoi que ce soit dans une rencontre révèle une évidence : on sera toujours déçu… Mais si on espère seulement apprécier la richesse que l’autre, les autres, toutes et tous les autres sont capables de nous offrir, on en sera heureux à jamais !
Pour en revenir au sujet qui fait l’objet de ce billet, je suis littéralement sur le cul.
Et les bras m’en tombent.
Ce qui ne facilite en rien la capacité à se relever. Une fois qu’on est sur le cul. Reconnaissez-le.
Pourtant, j’ai une imagination sans limite. Je le crois. On me le dit aussi. De ce fait, j’ai la faiblesse de croire ce qu’on me dit. Et ce que je me dis. Aussi. Nous sommes au moins deux. À partager la même croyance. C’est un bon début.
D’autres ont commencé à moins. Ou à peine plus. 
Mais aucun d’eux n’a été confronté. À ça. À cette collision. La guerre là-bas. Et la guerre ici. Le Poutine du KGB. Et la Poutine du cagibi. L’Ukraine et la crainte. 
Inutile d’entrer dans les détails.
Avec les chaînes infos vous savez tout. De la situation internationale.Mais aucun média ne parle.
De mon côté actualité.
Normal,
Mon sous-sol n’a rien à voir.
Avec celui de l’Ukraine.
Heureusement, en quelque sorte.
Quoi que.
Bref, la solution me semble pourtant simple.
Dézinguer.
Annihiler.
Supprimer.
Pulvériser.
Et tous les verbes en « uer ».
Nous y voilà.
J’y ai pensé.
Je réfléchis.
Et je prends conscience.
De deux évidences.
Qui s’imposent à moi.
Tout d’abord, je n’ai pas les moyens.
D’anéantir le fou du Kremlin.
Mais je pourrai.
Tenter de me débarrasser.
De mon virus domestique.
Sûrement cousine intime de l’autre.
Oui. Cette idée me hante.
M’habite en permanence.
Cohabite.
Avec une autre réflexion.
Freinant forcément mes intentions.
J’ai peur.
Une trouille viscérale (c’est le cas de le dire).
Je suis profondément angoissé.
Non par le passage à l’acte.
Davantage par ses conséquences.
Ni la police.
Ni les menottes.
Ni l’interrogatoire.
Ni les aveux.
Pas même le juge d’instruction.
Est-il si instruit pour porter ce titre ?
Non.
Ce qui me tétanise est simple.
Évident.
Basique.
J’écrivais plus haut.
Que j’étais sur le cul.
Voilà.
Et j’entends y rester.
En toute tranquillité.
Voilà.
Pourquoi, je n’ai jamais tué personne.
Que je ne le ferai jamais.
Parce que je suis tant effrayé.
Par la prison.
Et l’éventualité.
Plus que probable.
De m’y faire enculer…
Impossible.
D’évacuer cette appréhension.
Je m’en retrouve presque bloqué.
Voire constipé. Un moyen comme un autre.
D’entrer en résistance.
À l’invasion extérieure.
Non. Décidément non.
Je dois dépasser ce stade.
Ne plus être passif.
Devenir actif.
Résolument.
Me mettre en mouvement.
Avancer. 
Jusqu’à moi.
Oui.
Avancer.
Parce que reculer, c’est déjà un peu se faire mettre.
Oui.
Avancer.
Encore et encore.
Se recentrer sur ce leitmotiv.
Refuser Sodome.
Com’on.
Mieux.
Go more !

« L’essentiel dans la vie, c’est d’être toujours à moins d’un centimètre de soi-même. Et, si possible, encore plus près de son trou de balle. » (Léo Myself, librement inspiré de Jean Giraudoux).

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CHANGER L’EAU

Changer l’eau.
Nécessaire.
Indispensable, souvent.
Pour les fleurs, les poissons rouges ou le bain. 
Les débarrasser des impuretés accumulées.
Des saloperies stagnantes.
Multipliant leurs colonies empoisonnées.
Elles finissent par tout pourrir.
De l’intérieur. 
S’infiltrant partout.
Jusqu’à la moelle.
Jusqu’au cœur.
Après leur départ, si départ il y a, ne reste qu’arridité, sécheresse où rien ne peut repousser.
Il faut donc en changer.
Renouveler ce vecteur vital.
H2O. 
Creuset de toute naissance.
Lui rendre ses vertus originelles.
Pureté, transparence, limpidité.
Condition non négociable.
Pour un retour.
Vers le commencement.
Même avec retard.
Il n’est jamais trop tard.
Pour se vider.
De ce qui nous encombre.
Pour se laver de ce qui nous a marqué.
Cette marque qui nous suit.
Nous relie.
À ces histoires.
Que nous voudrions contenir.
À de simples événements.
À ces moments.
Ancrés dans leur passé.
Dispensée de tout futur.
Pour nous épargner l’apnée.
Pour nous donner l’occasion.
D’un nouveau souffle.
Gavé d’oxygène.
Plein de bulles.
Faisant pétiller l’eau.
Toute cette eau.
Qu’on aura changée.
Qui va changer.
L’air.
Qu’on va respirer.
Enfin.
Ensemble.

« Il faut vider son esprit, être sans aspérité, pour ne laisser aucune prise. Comme de l’eau » (Léo Myself, librement inspiré de Bruce Lee)

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PREMIÈRE FOIS

Pourtant ça m’est déjà arrivé. D’être seul.
Pour la Saint Sylvestre.
Néanmoins, cette fois-ci, c’est différent.
Parce que j’en ai pris la décision.
Pour fuir.
La haine, l’agressivité, la manipulation, la perversité, la malveillance, la négativité.
Et tout ce qui rend la vie invivable.
Alors, oui, je me suis barré.
Pour éviter la contamination.
Pour me protéger.
Préserver ce qu’il me reste à vivre.
Me sentir vivant.
Au lieu de simplement exister.
Oui.
Je suis allé me réfugier.
Pas loin. Mais seul.
Dans le silence.
Le calme. À distance.
Des invectives. Des reproches.
Aussi permanents qu’injustes.
Aussi violents que gratuits.
Je suis trop vieux.
Pour continuer à m’user.
À m’abraser.
À élimer le peu d’écorce dont je dispose encore.
Vrai miracle, depuis 41 ans je bénéficie d’un rab’ incroyable.
J’aurai du mourir en 1980.
Grâce à mon frère et à la médecine, ce ne fut pas le cas.
Je suis donc débiteur. Et conscient de l’être.
En conséquence, je n’ai pas d’autre choix.
Que d’avoir une reconnaissance infinie.
Pour ce cadeau inestimable.
Qui m’a permis de me marier.
D’avoir deux enfants.
Merveilleux.
J’aurai pu ne pas les connaître.
Et pourtant.
Si je l’évoque aujourd’hui, c’est simple.
Je mesure la chance.
Ma chance.
Impossible de ne pas seulement survivre.
De m’obstiner.
À vivre.
Aujourd’hui, mon unique attente n’est pas compliquée : parvenir à rendre ce qui m’a été offert.
La tolérance, l’écoute, la compréhension, et l’amour. 
L’amour pour tout ce qui n’est pas nous.
L’amour pour la différence. 
L’amour pour la divergence.
L’amour tout court.
L’amour .
Pour qui veut bien.
Être aimé.


« Pour être aimé, ce n’est pas difficile. Il suffit d’être aimable. »

M. Vergès, dit « « Le dindon »  Grand Lebrun-1972

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FINEMENT

MASQUE COVID CORONAVIRUSVoilà. Nous y sommes.
Après presque 8 semaines. On peut respirer. Au moins sortir sans attestation.
Quelle liberté ! Mais avec des masques.
Pour ceux qui en ont. Pour les autres, pas de transport en commun. Ni de boulot.
Sinon, télétravail, droit de retrait, et peut-être action syndicale, inamicale, sans dictat, ou simple crainte d’impact.
Du rebond, de la deuxième vague (lorsque qu’on dit deuxième, c’est qu’il peut y en avoir une autre…), d’une pandémie qui serait une ultra-méga-giga-pédimie.
Dont le seul objectif serait d’éradiquer le mal ultime. Celui qui détruit la planète, qui dévaste la nature. Qui tue sans retour ce qui nous permet de vivre. L’air, l’eau, la terre. Alors. Alors, que sera le monde demain ?
Le même, mais en pire comme le prédit Houellebec ? Ou un autre.
Un monde dont nous aurions compris que nous n’en sommes pas propriétaires.
Seulement des occupants provisoires. Éphémères. Appelés à disparaître.
Un jour ou l’autre. Un monde qui ne nous ne méritons pas vraiment.
Que nous devons préserver. Si nous voulons nous préserver.
D’aucun prédise une autre vie.
La plupart se précipite chez Zara ou au Mc Do.
Alors ?
On fait quoi ?
Comme si rien ne s’était passé ?
Comme si le coronavius n’était qu’un avatar de plus ?
On fait quoi ?
On s’enferme ? On se terre ? On s’enterre ?
On fait quoi ?
Comme s’il n’y avait que soi ? À sauver ? À préserver ?
Pour quoi faire ?
Pour recommencer ?
La course en avant ? Vers quoi ? Plus d’accumulation ?
Plus de possession ?
Mais que possédons-nous vraiment ? À part notre vie ? Et encore…
Alors réfléchissons.
Pensons sérieusement. Au monde.
Pas à celui que nous voulons.
À celui que nous souhaitons laisser.
À nos enfants.
Et leurs enfants.
À celles et ceux qui viendront après.
S’il y a un après.
Pour une fois soyons moins cons.
Et si, malgré tout, nous le sommes.
Cons.
Soyons cons, mais finement.

« La principale défaillance de l’être humain, ce n’est pas sa connerie. C’est que sa connerie manque cruellement de subtilité. »

Léo Myself. Bordeaux. 12/05/2020

 

 

 

 

 

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SIRE RAOULT DE VERTDERAGE

En ces temps troublés, mieux vaut mesurer ces propos
Que se lancer dans un concours de quéquettes.
Aussi vain que sot.
Histoire d’égos qui n’étaient pas égaux,
Voici livrée en quelques vers bien verts, la supposée réplique d’un pro des maux
À ceux qui étaient surtout des poseurs de mots.
Il les côtoyait depuis si longtemps, il les connaissait si bien,
Son Hexachoroquine et son Azythromycine. Qu’il n’accepta point les moqueries des puissants si impuissants.
Surtout qu’ils s’accordent un tel droit de leur faire grise mine.
Sa réplique fut sans appel.
Il leur cloua le bec à grands coups de sa pelle
Si bien emmanchée de belle inspiration et de vive répartie…
En quelques mots très clairs voici ce qu’il leur dit :

« Ah non, c’est un peu court jeunes roitelets !
N’avez-vous rien de plus intelligent ? Ou de moins laid ?
C’est un peu bref, votre cerveau est en short ?
Car moi, je n’y serais pas allé de main morte !
Voulez-vous des exemples, éclairer votre matière grise ?
Pour cela, permettez qu’un chouïa je dramatise
Et qu’en y mettant le ton, je vous pulvérise….
Par exemple :
Agressif : « T’as du bol que je sois plutôt cool,
T’auras chopé l’virus bien avant mon coup d’boule ! »
Amical : « Mon look te fait marrer ? T’inquiète pas
Moi aussi, chaque matin, j’en reviens toujours pas… »
Descriptif : « Cette expérience qui fonde ma compétence
N’est que le reflet grossissant de votre inefficience ! »
Curieux : « À quoi peut être utile un tel talent ?
Achille en avait un qui lui coupa les jambes ! »
Gracieux : « C’est parce que j’aime tant sauver les vies
Qu’Hexachloroquine et Azythromicine sont de si chères amies…»
Truculent : « Comprends-tu, tête de pine, qu’à la vue
De tels résultats, mes patients fassent la queue jusqu’à perte de vue ?! »
Prévenant : « J’ausculte, je détecte, diagnostique et puis traite,
Jusqu’au plus minuscule des insectes, comme au plus vil des traitres. »
Tendre : « Être ainsi virulent, je le dois à mon père
Qui, contre la suffisance, fut toujours un repère. »
Pédant : « Ignores-tu, crétin, que tous les génies
Ont des idées en proportion de leur grand esprit ? »
Cavalier : « Putain, en voilà un drôle de rigolo !
Pas des plus sympathiques, mais des plus originaux ! »
Emphatique : « Avec un tel savoir, c’est des jours et des nuits
Pour s’apercevoir qu’on n’y trouve qu’un orgueil infini ! »
Dramatique : « Le jour où l’on a découvert ce virus,
Plus qu’à l’échevelé, on aurait dû faire signe aux Russes… »
Admiratif : « À ce stade ce n’est pas du flair,
C’est de l’inspiration que reconnaissent vos pairs ! »
Lyrique : « Là où Marseille avait sa sardine,
C’est beaucoup plus grand, que moi, je vois la médecine… »
Naïf : « Sais-tu, petite bite, que si point je ne me ramasse
C’est vous tous, tous ensemble, qui boiraient la tasse ? »
Respectueux : « Leur ombre me précède, une ombre bien vivante
Puisqu’ils acceptèrent que sur eux mon traitement je tente. »
Pratique : « Vous cherchez peut-être le gros lot
Mais moi ce que je cherche, c’est à sauver ma peau ! »

 Voilà ce que vous auriez pu dire, pauvres sots
Si vous saviez faire une autre chose dans votre vie
Que vos pitreries sur les médias et les réseaux sociaux…
Mais, pour cela, encore fallait-il que l’envie
De trouver les bons mots ne soit pas orpheline
Du dico sans lequel votre cerveau n’est que ruines…
Et même si tu l’avais pu, t’aurais même pas su
Extirper ces flèches assassines de ta bouche
Car, devant ton air quoi et de vrai trou du cul,
Je saisis mon carquois et, à coup sûr, j’fais mouche ! »

Léo Myself, le 28 mars 2020, librement inspiré de la « tirade du nez » de Cyrano de Bergerac

 

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Remember

J’aime bien les rappeler. À l’ordre. Ou dans le désordre.
Ces fragments. Ces polaroïds. Éphémères bien sur. Comme tout instantané.
Vivant l’espace du temps. De son existence. Brève, furtive. Ce qu’il en reste aujourd’hui. Comme des cendres à la fin d’un brasier. Comme si ce qui a disparu ne l’est pas vraiment tout à fait. Puisqu’il en demeure des traces. Ce qui semble mort peut ressusciter. Ce qui paraît éteint peut se rallumer. Juste parce qu’on se souvient.
Du bois alimentant le foyer. De la vie fabricant son propre chemin. Les cailloux qu’elle y sème. Pour permettre au Petit Poucet que nous ne cessons d’être de l’emprunter à nouveau. Il n’y pas d’ogre au bout. Il n’y a que nous.
Les nôtres. Les rêves qu’ils nous ont inspirés. Que nous poursuivons. Encore. Et toujours. En revenant sur nos pas. Pour vérifier que nous sommes dans la bonne direction. Celle qu’ils avaient tracée. Nos rêves. Parfois, on s’aperçoit de la dérive. Question d’azimut. Un degré de différence au départ, on se retrouve vite loin. Voire aux antipodes. De ces putains de rêves.
Ils sont pourtant là. Toujours. Sur notre livre de bord. Route à suivre.
Quels que soient les vents. Même enfouis à fond de cale. Dans l’entrepont de notre mémoire. Ils sont là. Indiquant la voie que notre boussole hésitante s’obstine à nous indiquer. Le cul entre hier et demain, le cœur entre deux eaux, la tête à l’envers, la vie à mi-chemin du désir d’être et de la volonté de ne pas avoir été. De ne pas avoir été ailleurs. Qu’à l’endroit où l’on devait se trouver. Pour ne pas risquer de se perdre. De ne plus voir les signes qu’on avait à suivre. Pour y arriver. Si tant est qu’on puisse vraiment. Y parvenir. Au fil des années, ils s’éloignent. Deviennent diffus, vagues, parfois confus. Alors, on s’efforce à les ramener dans notre présent. À les faire revivre comme si notre passé s’écrivait de nouveau chaque jour.
Ils sont une sorte de valise. Rangée dans un coin. Presque oubliée.
Mais pas tout à fait. Elle ne s’ouvre pas sur commande. Elle décide.
Du moment. De l’occasion. De la possibilité. En fonction des circonstances. De notre éventuelle perméabilité. À l’averse qui, de temps en temps, peut nous submerger.
Cette pluie conjuguée au parfait du subjectif. Ce passé décomposé qui refuse son destin inéluctable. De l’oubli. De l’effacement. Qui s’accommode de tous les travestissements dont nous pouvons l’affubler. Même déguisé, on le reconnaît.
Chaque fois qu’il se présente à nous. Les yeux fermés nous les voyons. Les oreilles muettes, nous les entendons. Nous les écoutons. Nous comprenons, soudain, tout ce qu’ils nous racontent.
Parce qu’ils sont bavards. Très bavards. Ils nous parlent de qui nous aurions pu être.
De ce que nous sommes devenus. Parfois.
Ils sont exigeants. Intransigeants. Ils sont persistants. Insistants. Résistants.
À l’épreuve des années, des décennies. De l’horloge qui s’impose à nous tous.
Ils ont aussi vifs qu’à la première heure. Ils ne vieillissent pas.
Ils peuvent même nous aider.
À ralentir le cours du temps. À croire aux illusions qui peuplaient l’avenir. Que nous imaginions. À ces jours futurs que nous espérions.
Fugaces signaux imprimés dans notre inconscient, ils réapparaissent.
Lorsqu’on s’y attend le moins. Ou quand on n’y est pas préparé.
L’effet de surprise est un de leurs atouts. Nous sauter à la gorge, sans prévenir, nous envahir, d’un seul coup. Nous conquérir encore une fois. À travers les idéaux auxquels nous étions attachés. Si attachés. Ligotés. Menottés.
Histoire de nous mettre le nez dans notre caca. De nos errances. De nos compromissions. De nos renoncements. Des aspirations que nous avons enterrées.
Mais aussi des voies que nous avons ouvertes. Sans savoir qu’elles existeraient. Simplement à cause de cette capacité incroyable.
De faire fi des serments. Que nous nous étions prêtés.
Croix de bois, croix de fer. Quand la vie va à l’enfer… Ou de l’envers à l’envie…
Quoi qu’il en soit, ils nous habitent. Ils nous hantent.
Pas des fantômes. Davantage des stigmates.
De notre conscience.
Ancienne.
Pourtant si actuelle.
Ils sont les fondations.
Ces rêves à la con.
Ces souvenirs obstinés.
Ils nous façonnent.
Nous (re)construisent.
Contre les vents du temps qui passe.
Et les marées qui grignotent nos grèves.
Qui cherchent à nous amputer.
Ils me démontrent à quel point je suis vivant.
Encore.
Oui, ils me rassemblent.
Me remembrent.
Re-member…

« Nos souvenirs sont ce que nous en faisons. Des photos jaunies dans un album oublié. Ou un cadre ne demandant qu’à être rempli… »

 Léo Myself
Palais sur Garonne, le 12 juillet 2019

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