TEMPS PLEIN

TEMPS PLEIN

Compteurs à zéro,
Starting-blocks.
Top départ.
Connaître ses racines.
Où elles nous ancrent.
Savoir ce qu’elles ont fait de nous.
Et s’en défaire.
Pour faire mieux.
Sans oublier le passé.
Sans mentir,
Ni se mentir.
Sur d’où je viens.
Regarder devant.
Pas dans le rétroviseur.
Bien sûr, il y a eu un terreau.
Bien sûr, des jardinier(e)s aussi.
Bien sûr les printemps.
La valse des saisons.
Désormais, seuls m’intéressent.
Les bourgeons. Les fleurs.
Ce qui doit éclore.
Loin de mépriser mes souvenirs 
J’en fais le socle.
Les fondations.
J’ai besoin de construire.
De bâtir.
Un temps plus qu’un lieu.
Un temps.
Libre de ses conjugaisons 
Affranchi des accords.
Comme de tous les désaccords.
Un temps à moi.
Rien qu’à moi.
Mais dénué d’égoïsme.
Un temps de partage.
De jonction.
Sans con.
Un temps qui s’ouvre.
Où je découvre.
Ce que je retrouve.
Sans l’avoir perdu.
Un temps élastique.
Souple et résistant.
Revenant souvent.
À son point départ.
Jamais très loin.
De sa ligne d’arrivée.
Un temps de repli.
Où repasser les plis.
De mon âme chiffonnée.
Un temps léger.
Une sorte de vapeur.
Fluide.
Insaisissable.
Mais dense.
Si dense.
Si intense.
Un voile épais comme un drap.
Impalpable et changeant.
Un nuage, en sorte.
Oui, un nuage.
MyCloud.
Gardien de mon historique.
Dépositaire de mon disque dur.
Verrouillé.
Par un password.
Que j’y ai abandonné.
Plus le choix.
Boîte à images fermée.
À double tour.
Obligé d’avancer.
De parcourir un chemin.
Qu’il me faut inventer.
Mais d’abord un bon bain.
De plaisir.
Ensuite une douche.
De bonheur.
Me savonner de folie.
Laisser mon imagination.
Essuyer.
Les dernières gouttes d’ennui.
Me parfumer.Aux hasards de l’espoir.
Peaufiner ma toilette.
D’un soupçon d’aventure.
D’inconnu.
Puisque je ne sais plus rien.
De qui j’étais.
Puisque je suis tellement curieux.
De qui je deviendrai.
Version de moi, possible.
Mais nouvelle version.
1.0
Après 67 ans de bêta test.
L’évolution peut prendre du temps.
Jamais trop. 
Tant qu’on arrive à temps.
Tant qu’il nous en reste.
Pour se donner de l’avance.
Et saisir cette chance.
De tout (re)commencer.
Sans se soucier du temps.
Nécessaire.
Pour la mise à jour.
La version 1.1.
Un point c’est tout.
Juste une question.
À se poser.
De temps en temps.

« Notre vie n’a rien d’un algorithme. C’est un tour de passe-passe. Pas d’illusion. Mais tellement de magie… Savourons le temps au lieu de le compter… »

Léo Myself – Tictac sur Horloge (un jour en 2022)

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QUÉQUETTE

Un, jour, ou c’était une nuit…
Bien que Sibérienne,
Ma meilleure amie me dit :
Je voudrais tant.
En avoir une.
Mais une vraie.
Pas un sex-toi.
En chair. Et en cartilage,
Réglable.
En longueur.
En largeur.
En sensibilité tactile.
Une belle bite.
Qui se dresse lorsqu’on la frôle.
Qui peut planter la tente.
Dès le matin.
Et rester pendante.
Des jours entiers.
Alors ?
Quel en est le secret ?
Que se passe-t-il ?
Pour que ce bout de viande.
Inerte et passif.
À part servir d’enveloppe.
À notre canal urinaire.
Devienne ce pilon.
Ce marteau piqueur.
Ce marteau niqueur.
Ayant un seul objectif.
Faire jaillir la vie.
À travers quelques intermédiaires.
Certes.
Dénommés pompeusement.
Spermatozoïdes.
« Graines animées ».
Selon l’Académie.
Bien que je doute un peu.
De vieillards tremblotant.
Se souvenant.
De ce que « bander » veut dire.
Bander.
Tout est dit.
À l’instar d’un arc.
Lancer les projectiles.
Vers le but ultime.
Vers l’ovule à féconder.
Pour se reproduire.
Question de survie.
Pour l’espèce.
Qui va s’employer.
À reproduire.
Toujours les mêmes erreurs.
À se reproduire.
Parce que.
Nous sommes programmés.
À réagir aux stimuli adéquats.
À la plus infime caresse.
À jouir le moment venu.
Moment qui nous échappe.
Petite mort.
Hors de notre contrôle.
Plaisir fugace. 
Totalement égoïste.
Qui s’en branle.
Du plaisir de l’autre.
La question n’est pas là.
Elle est dans nos couilles.
Usine à perpétuer.
La course vers demain.
En écrivant ceci.
J’ai une pensée émue.
Pour tous ces têtards.
Qui ont perdu.
Le sprint final.
Pas de photo finish.
Un seul gagnant.
J’ignore tout du trophée.
Pour ce vainqueur.
Sans médaille.
Je ne sais pas.
Pourquoi.
Ma meilleure amie.
Voudrait savoir.
Quelle impression.
Quelle sensation.
Nous éprouvons.
D’avoir une queue.
À la place
D’un cerveau…

« Il s’en est phallus de peu. Mais l’homme a choisi de faire pipi debout. La femme a du se contenter du cerveau. Ainsi va le monde, dans la direction qu’indique la bite, mais selon le chemin choisi par l’intelligence féminine ». (D’après Mathusalem, ancien détenteur du record de l’homme le plus âgé du monde –  soixante six avant jean-Claude/cinq cent quarante douze après)

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QUI N’ENGAGE À RIEN

Facile. Pratique. Simple.
Pour s’exonérer.
Par avance.
De toute responsabilité.
Pour éluder. 
Quelque implication.
Dès le départ, pointer du doigt,
Celle ou celui.
Qui a la faiblesse.
D’imaginer que le moindre de nos actes.
De nos propos.
Peut avoir des conséquences.
Pour nous.
Prévenus nous sommes.
Quoi qu’il advienne.
« C’est pas ma faute,
Je l’ai dit dès le début. »
Très subtil. Malin. Voire retords.
S’absoudre au préalable.
Des péchés.
Surgis de l’espérance.
De l’envie de croire.
Aux lendemains aptes à chanter.
Aux chemins à inventer.
Au futur à conjuguer.
Au pluriel(le).
D’une imagination sans scrupule.
Car fruit d’un(e) autre.
Ignorant la neutralité.
Imprégné de sa subjectivité.
Il (elle) est sujet.
De son ressenti.
Pas le jouet.
D’une quelconque raison.
Apprise. Inculquée.
Il s’en est libéré.
Conscient du risque.
Corollaire évident.
Prêt au casse-gueule.
Éventuel.
Pas disposer à tricher.
La réalité nous l’impose.
Ce que nous faisons. Ou pas.
Ce que nous disons.
Comme ce que nous taisons.
Rien de tout cela nous dégage.
Rien ne nous en épargne.
Les effets.
Aujourd’hui. Demain.
Plus tard.
Ce qui « n’engage à rien » dans l’instant.
Met en gage notre avenir.
Avec des intérêts à payer.
Aussi tardive soit-elle,
L’addition finit toujours.
Par nous être présentée.
Et, sauf exception,
La vie ne fait pas crédit.

« La présomption d’innocence est souvent brandie comme un bouclier. Par les avenirs coupables.» Léo Myself – Morosité sur Garonne – 06-07-2022

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Désusage

Action de désuser.
Verbe intransitif du 1er groupe.
Également employé 
Sous sa forme pronominale.
Exemple : « je me désuse ».
Encore un paradoxe.
De notre langue si belle.
Et si complexe.
Car si l’on se sent usé,
Et si avide d’être « désusé »,
Il est peu fréquent 
Que nous en soyons la cause.
Nous-mêmes.
Aux dépends.
De nous-mêmes.
Néanmoins, on s’use.
À trouver le moyen.
De ne pas subir.
Cette abrasion.
Cette érosion lente.
Mais implacable.
Quel courant combattre ?
Quel flux renvoyer.
À son reflux.
Comment être un roc.
Là où nous ne sommes que pâte.
À modeler.
Selon des règles. 
Qui ne mesurent rien.
Rien d’autre que notre indice.
De malléabilité.
Notre faculté.
À oublier.
Ce que la vie nous a offert.
Le choix.
De pouvoir plus.
Que ce que l’on croit pouvoir.
Le choix.
De résister.
À cette putain d’usure.
D’où qu’elle provienne.
Le choix.
D’en faire.
Le meilleur usage.
Pour ne plus jamais.
Devoir.
Se désuser.

« Ô tempora, ô mores. Us et coutumes, bal masqué auquel nous sommes invités. Que nous le voulions ou non. » (D’après Cicéron – Les Catilinaires – 63 avant Jean-Claude)

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LA DÉSUÉTUDE

Déjà qui le connaît ?
Ce substantif inusité. 
Actuellement.
Bien moins, c’est manifeste.
Que « donc, voilà, du coup ».
De grands érudits l’assurent,
Le niveau culturel
D’un groupe d’individus.
Se mesure. Ou s’apprécie,
Question d’érudition…
Se mesure à la diversité.
Du vocabulaire qu’il utilise,
Foin de quantité.
Il s’agit là de qualité.
De savoir/pouvoir choisir.
Le mot adéquat.
Exprimant précisément,
Et clairement,
Ce que l’on cherche à formuler.
En gros, couz’, bien jacter.
Ce qu’on gamberge.
Pas fastoche, certes.
Un tantinet crari, je l’avoue.
Le langage est un media.
(Oui, je l’écris sans accent sur le « e »,
car c’est un terme latin, à l’instar de « a priori »…)
Chacun sa valoche ou son wagon.
Tout ce que je peux écrire,
Sans crayon, stylo ou autre ustensile,
Je le tiens de mon daron, ma daronne
Et grands – voire arrières-grands- darons.
Je suis heureux et fier.
De ce qu’ils m’ont légué.
Cette richesse qui rétrécit.
Everyday.
Ce trésor qui s’amenuise.
Au profit de mots « valises ».
Ayant la prétention de tout dire.
Parvenant tout juste.
À ne plus rien signifier.
Oui, je parais « miskine »
Aux yeux des générations 
Qui ne sauront plus
Faire ressentir
Ce qu’elles éprouvent.
No rage, je suis total OKLM.
Paisible, tranquille, 
Quasiment rasséréné.
De prendre conscience, comme jamais.
Que je serai en vacances.
Probablement éternelles.
Le jour où.
La domination du monde.
Ne sera pas un enjeu nucléaire.
Mais un jeu de mots.
Pouvoir immense.
Pour celles et ceux.
Qui en détiendront les secrets.
Le « genre » de secret si facile.
À percer.
Par le biais d’un outil.
À portée de toutes et tous.
Un instrument basique.
Pourtant oublié.
Trop skred.
Pas numérique.
En papier.
Avec des pages.
À tourner.
À feuilleter.
Pas moteur de recherche.
Pour trouver.
Il suffit.
De se débrouiller
Hass.
Tenter l’aventure.
En prendre un en main.
L’ouvrir.
Et s’ouvrir.
À ce dont il nous emplit.
Sans crainte.
Sans honte.
Avec fierté, peut-être.
D’avoir osé.
Y plonger.
Quel objet magique !
Le dictionnaire.
Dans lequel vous découvrirez.
Je vous le souhaite.
Cette pathologie.
À laquelle vous vous exposerez.
Qui vous vaudra.
Dédain et mépris.
Mais aussi plaisir et rajeunissement.
De vos synapses (voir dico).
Laissez-vous happer.
Pour une fois dans votre vie.
Faites un geste.
Non pour la planète.
Pour vous
Y a pas mieux.
Pour cesser d’être vieux.
Avant d’en avoir l’âge !
Acceptez.
De tomber.
En désuétude.

« Être jeté aux oubliettes n’est pas si grave. À condition de ne point y demeurer ad vitam aeternam. » Léo Myself (librement inspiré de François Villon -1431/1463)

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OHÉ !

OHÉ

OHÉ !

Ohé, ohé, ohé, ohé…
À l’instar de cette éternelle ritournelle.
Il revient.
Annexer notre quotidien.
Pas obligatoire.
Pour l’instant.
Conseillé.
Fortement.
Recommandé.
Instamment.
À peine escamoté.
Le voilà de retour.
Emblème du carnaval.
Symbole de la valse.
Qui prend tout son temps.
Pour autant.
Qu’il y ait encore le temps.
D’en profiter.
De celui qui nous reste.
Entre déglingue du climat.
Montée des eaux.
Hausse des taux.
Baisse du pouvoir.
D’achat.
Mais le pouvoir ne s’achète pas.
Il se conquiert.
Où sont-ils donc ?
Nos aventuriers en soif d’avenir ?
Prêts à l’inventer.
À nous donner l’envie.
D’y croire.
Où aller ?
Sinon réfugiés.
Derrière les barrières.
Et les gestes qui vont avec.
Bientôt.
Le gel hydroalcoolique.
Aura remplacé.
L’alcool entre potes.
Ce chiffon aura détrôné.
Les sourires échangés.
Les baisers de près.
Les illusions de loin.
Les rêves de mains.
Qui se rejoignent.
Se promettent.
Qu’un jour.
Le monde sera de nouveau.
Ce qu’il a été.
Putain de Covid !
Putain de vide !
Et pourtant.
Quelle place prise.
Dérobée.
À nos intimités.
À nos amitiés.
À nos amours.
Désormais gâchées.
Cachées.
Derrière un masque.
Sans aucun mystère.
Réel ou inventé.
Pour le justifier.
Sans aucun mal.
À l’ôter.
À part s’exposer.
Aux regards critiques.
Ou à choper.
Cette saloperie.
Qui n’est rien d’autre.
Qu’un simple avertissement.
Un rappel à l’ordre.
L’ordre de cette terre.
Qui nous invite.
À plus de respect.
À davantage d’humilité.
De discrétion. 
Sauf à continuer.
De vivre dissimulés.
Sans danser ni rire.
Il n’y a plus de bal.
Visage caché.
Ou sans fard.
La fête est finie.
Mais l’orchestre joue encore.
En attendant.
Qu’enfin.
Ils tombent.
Ces putains de masques.
À moins qu’ils ne soient promis.
À se révéler.
Être.
Notre seul.
Et véritable.
Visage…

« Le déguisement est le pire subterfuge auquel soit soumise l’humanité. Mais, comme toute façade, avec le temps, la réalité finit par reprendre le devant. » Karl Masque «  Le Cas Pitoyable » – 1867. »

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LÉGÈRETÉ

La légèreté tient davantage aux circonstances.
Qu’à la situation.
Ou aux gens. 
Certain(e)s vous offrent une bulle d’oxygène.
Propre à vous inspirer.
Au moins le temps de l’instant présent.
C’est déjà beaucoup.
D’autres vous coupent le souffle.
Vous plongent dans cette apnée bizarre. 
Qu’on a du mal.
À quitter.
Respirer jusqu’à s’asphyxier…
Ou s’essouffler à en perdre haleine ?…
Jusqu’à quel point a-t-on le choix ?
Si nous l’avons… 
Le soupirant vient de soupirer.
Finalement, nos poumons sont peut-être au cœur de cette question.
L’air de rien.
L’air d’y croire.
L’air du temps.
Qui passe.
Et ne repasse pas.
Cet air si léger.
Parfois.
Qu’il nous fait décoller.
Qu’il nous emporte.
Destination apesanteur.
Oui.
La légèreté tient à si peu.
Ce peu qui tient à eux.
À elles.
À vous. 

« Il vaut toujours mieux un second souffle que le dernier » -Léo Myself- Bordeaux- le 16 ami 2022

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