SYNK Y HAIM, LE MYTHE ET SA VÉRITÉ

Ils étaient quatre. Au début. Ce qui arrangeait tout le monde. Car c’était bien plus pratique. En particulier pour jouer à la belote, faire un double au tennis ou s’aventurer dans une partie carrée…
Bref, ils étaient quatre. La terre, l’eau, l’air, le feu. Et tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes aussi appelé « Y Gorau O Ddau Fyd » en vieux gallois (langue couramment utilisée par nos quatre impétrants mais qui est tombée depuis en désuétude car son usage impliquait une forte tendance au postillonnage et les postillons ayant été remplacés par les préposés à la distribution du courrier, PTT CQFD…). Pour de plus amples détails, se reporter au Dictionnaire du Meilleur des Mondes, aux Éditions de La Douce Clé.
Donc disais-je, tout se passait pour le mieux. La terre se contentait d’être bien ronde tout en restant au ras des pâquerettes, l’eau se préoccupait surtout de la régularité des ses mouvements de fonds (en liquide pour l’essentiel) – ce qui faisait bien marrer les autres – pendant que l’air qui n’en manquait pas (d’air…faut suivre !) chantait à tue-tête « ce soir je vous mets le feu », ce dernier faisant remarquer qu’il n’avait rien contre (le fait qu’on le mette…faut suivre, deuxième !) mais qu’il fallait bien que l’on sache qu’il ne se laisserait pas braiser par le premier venu.
Moyennant quoi s’en suivait une course effrénée entre les trois autres pour l’être (le premier venu…faut suivre, troisième !).
Une vie ordinaire en quelque sorte, qui durait depuis des siècles, peut-être aurait pu en voir défiler encore bien d’autres si un nouveau larron (petit patapon…va falloir que j’arrête la coke moi…) n’était pas venu foutre un sacré bordel dans ce bel ordonnancement d’éléments si bien ajustés, si complémentaires (de rien…TA GUEULE avec tes calembours pourris !) qu’on aurait pu les croire sortis tout droit d’une fabrique de meubles IKÉA (qui veut dire en vieux gallois – traduction approximative – « démerde-toi ! »)
Fini la belote, les doubles de tennis et les parties carrées aux racines desquelles le plaisir de nos amis prenait sa source (surtout l’eau, d’ailleurs…) !
Adieu veaux, vaches, cochons…euh, non, ça je m’en suis déjà servi…
Désormais, il allait falloir s’accommoder de cet intrus à deux balles, qui ne ressemblait à rien de connu et semblait ne rien connaître, en tout cas c’était bien imité !
Vexés de ne plus être les seuls, outrés de voir à quel point le Grand Patron (Jéovah Bouddhallah Mahomet…le feu !…TA GUEULE on t’a dit !) s’était bien foutu d’eux en leur promettant une exclusivité  qui venait de voler en éclats (et je vous garantis que quiconque s’est pris un éclat d’exclusivité dans la tronche en porte les stigmates jusqu’à la fin de ses jours…salon, salle-à-manger, cuisine équipée…faut que j’arrête la picole, aussi…), vexés, disais-je, comme des vieux rats (oui le rat, notamment sur la fin de sa piteuse vie de rongeur de freins, est plutôt d’un naturel très susceptible…), vexés, donc, nos quatre éléments rivalisèrent (de ri…TSS TSS TSS…) de quolibets, lazzi et autres sarcasmes à l’endroit – parfois même à l’envers (de…non, d’accord j’ai compris…) – de cet importun déboulant dans leur existence tel un cheyenne dans un jeu de filles ou un gigot/haricots sur une piste de bowling (OK OK, marrez-vous…essayez, on verra bien qui rira le dernier des mohicans…).
Point du tout désarçonné (oui, le « petit nouveau » – qui se dit Synk Y Haim en vieux gallois ou Arnö en flamand mérovingien – n’avait rien trouvé de mieux que de se pointer à cheval et au galop, histoire d’être traité en tout équidé par ses futurs compagnons, ce en quoi il se fourrait amplement l’index dans la cornée…), Synk Y Haim (c’est quand même plus joli en vieux gallois, non ?) décida sur le champ que de bataille il n’y aurait point mais qu’en tout cas dans ce cas, qu’à cela ne tienne (trois qui la n…bon, ça va là…), il se réservait le choix des armes et allait leur faire voir de quel bois il se chauffait. Ce qui, soi dit en passant (par la Lorraine avec ses sabots…stop, j’en peux plus, Ruquier sors de ce corps !), faisait bien les affaires du feu, qui faisait le bel âtre à cette seule perspective !
Ce qu’ils ne savaient pas, les quatre couillons, c’est que Synk Y Haim – on va l’appeler Synk tout court, c’est moins joli mais plus simple pour la bonne fluidité du récit (là, c’est l’eau qui rigole…) – tel Uma Thurman alias Beatrix Kiddo dans Kill Bill, avait bénéficié des enseignements du Sage des Sages, non pas un vulgaire nippon (nippon, ni mauvais en fait…), mais le maître Lézard Marceau, mutant de 5ème génération, fruit de l’accouplement improbable d’un mime et d’une actrice, seul dans l’univers (de r…non ? je peux pas ? juste une fois ?…) à connaître les arcanes de la Ristoth, science antique du Défi Permanent, du Dépassement de Soi et du Challenge Gardien…
Et c’est là que je sens, chers auditeurs, votre intérêt piqué au vif (pas trop fort tout de même, ça fait un peu mal, surtout si c’est le vif du sujet…).
Et vous n’avez pas tort, croyez-moi, car c’est là que l’histoire se corse comme disait le célèbre penseur insulaire (de ??? allez, sympas…) Ocatarinetta Bella Tchi Tchi…
Faisant front à une adversité un peu trop terre-à-terre et qui, malgré ses grands airs, commençait à tomber un peu à l’eau et à faire long feu, Synk décida de leur lancer défi sur défi jusqu’à qu’il soit totalement déconfits.
Ce qu’il fit fissa.
Tout d’abord, toi la terre, lui lança-t-il (pas trop loin, non plus, car le déplacement n’est pas vraiment sa qualité de base, à la terre…) ! Voyons voir (rendondance qui renforce le sens, surtout celui de la vue…) si tu es capable de me suivre en VTT sur les parcours les plus extrêmes que tu portes sur ton dos ! La terre en fut tout coite, ne sachant comment s’y prendre pour se marcher sur elle-même…elle aurait eu des pieds, encore, elle aurait tenté… Sans attendre, Synk enfourcha (non, pas son cheval, VTT c’est pas une marque de cheval !…) son Vélo anti-calembour (oui, VTT ça veux dire – en vieux gallois, bien sûr – « Vélo Tais-Toi ! »), fit plusieurs fois le tour de la terre en moins de temps qu’il ne faut pour remplir de terre une tour et vint toiser cette dernière (…non ! non !) de toute sa hauteur afin d’asseoir sa toute fraiche domination consécutive d’une victoire qui ne l’était pas moins et d’un premier défi qui faisait, comme les autres, dans la fraicheur aussi on va dire.
C’est vrai, quand c’est frais, on n’hésite pas à remporter…??? Le défi…voyons !
C’est compliqué ? Je peux le refaire ? De rien, merci…
Bon, ça c’est fait, se dit Synk en lui-même et en vieux gallois, car il parlait couramment les deux langues.
Après le tour de la terre, au tour de l’eau maintenant, s’exclama-t-il, affichant un léger sourire sardonique (très spécifique aux habitants de Sardaigne et qu’ils arborent, perle au coin des lèvres, pour bien montrer leur méfiance à l’égard du Nord, eux qui sont plutôt du Sud…). Peux-tu, comme je le fais, pêcher les poissons qui te peuplent à coup de fusil-harpon ? Bien sûr que non, répondit-elle, ce serait me tirer une balle dans le pied ! Synk ne lui fit même pas remarquer qu’il y a plus d’une petite différence entre un revolver et un fusil-harpon…
Il chaussa ses palmes enfila son masque à pointe, son tuba, son trombone et sa trompette et revint illico presto rapidissimo, son filet rempli d’une pêche miraculeuse qui aurait fait pâlir de jalousie un certain JC, ancien détenteur du record que Synk venait d’exploser (et une explosion de record, c’est comme un éclat d’exclusivité, ça laisse des traces comme on dit à Thermopyle…).
Derechef, dans les deux langues, couramment, machin patin couffin…
Voyons donc si tu es moins dégonflé que tes collègues et si tu es plus audacieux que tu n’en as l’air (de… ?), dit-il à ce pauvre hère errant, comme perdu dans une ère étrangère (… ??? non, j’insiste pas…). Ainsi que je le fais avec une aisance à ridiculiser tous les volatiles de la création, saurais-tu survoler les ondes de ton confrère (la flotte, surnommée « fiotte » depuis sa peu glorieuse défaite) arrimé à une large toile par le truchement (trucher n’est pas jouer…) de minces cordelettes et en t’aidant seulement de toi-même ? J’en suis soufflé, avoua l’air, et je ne vois aucunement comment y parvenir tant je suis coutumier de faire du vent sans pour autant savoir à quoi ça sert (de ? de ? TAIS TOI !!!). Aussi sec (ben oui, connard, le vent ça sèche, entre autres !…), Synk empoigna son kite, disparu dans l’éther, réapparu très vite dans l’alcool, plongea dans l’eau pour s’oxygéner, fila comme une étoile dans l’azur qu’il fendit en deux temps trois mouvements (rythmique ancestrale de la dodécacophonie galloise antique) et revint se poser comme une fleur (en même temps, qui a déjà vu une fleur voler ? À par l’air, un soir de beuverie…qui rira bien, gnagnagna…) sous le nez de l’air qui en menait moins large que le trou du cul d’un protozoaire (de ???? de ?????…et bien voilà, vous vous y mettez vous aussi !).
Passons sur les deux langues couramment parlées et sur ce qu’il se dit in peto (sans pour autant lâcher un vent de folie jusqu’au bout de la nuit)
Et un…et deux…et trois zéro, se mit à chantonner Synk en narguant le feu, dernier du quatuor à pouvoir encore sauver leur honneur bafoué par ce…ce…ce… Le feu ne trouvait pas de mot, d’un autre côté les mots n’étaient pas coutumiers de son foyer, alors que l’émail oui…
Alors, alors, monsieur le feu, on fait moins le flambeur ? On a peur de l’embuche, le thermostat à moins zéro ? Je vais être bon prince, je t’épargne l’humiliation suprême si tu reconnais ma toute puissance sur vous quatre, toi y compris bien sûr, autrement ça ferait trois et, si c’était trois on se retrouverait à nouveau dans le trou du cul du protobidule !!! Les yeux battus la mine triste et les joues blêmes (Bambino, bambino !), le feu croisa le regard des ses comparses. Il n’y vit que les oriflammes de la défaite, pendouillant lamentablement, privés de vent, jonchant la terre et ruisselant de larmes amères (de ???? de ????).
Tu nous as battu, reconnut-il, à plate couture et plate couture, il y a de quoi en faire un plat, c’est un coup dur !
Jamais nous n’avions connu telle déculottée, sauf peut-être une fois, lors d’une partie de poker légendaire qui nous opposa au Tsunami, à la Foudre, au Séisme et à l’Ouragan… Il nous ont plié en quatre avec une double paire (de ???…hi hi hi !…) alors qu’on avait fait tapis. Du coup, on s’y est retrouvé (au tapis, suivez merde !) et, même plutôt dessous que dessus !
Mais toi, ce que tu nous as fait là, c’est bien pire. Tu nous ramasses comme des miettes et, bien que nous reconnaissions ta victoire indiscutable, je peux t’assurer qu’on a une sacrée quinte !!! Une quinte… C’est assez cocasse en fait, en repensant à ce poker de sinistre mémoire.
Tu nous a comme qui dirait sorti une putain de quinte floche, nom d’un petit bonhomme de mille milliards de mille sabords, ad hoc et adéquate comme ça n’arrive qu’une fois dans une vie moussaillon !
Si tu le permets, nous t’accueillons parmi nous (mon chat siamois, c’est à toi), non en tant qu’égal mais comme notre maître à tous !!!! Le Maître Suprême de la Quinte Floche, nous te nommerons désormais ainsi (soit-il)
Synk acquiesça avec magnanimité, car il était très magnanime de nature… Il tenait cela du Magnat Mime, père de son propre père spirituel, le Maître Lézard Marceau…
Depuis lors, de la même manière que les Trois Mousquetaires (de ???? bon, j’arrête…) se virent  3 000 en arrivant au port…pardon, je m’embrouille…se virent très rapidement quatre, les quatre éléments furent à jamais rejoints, que dis-je, guidés par un cinquième dont la tradition orale (1 prise à jeun, matin, midi et soir) perpétua le mythe à travers les siècles des siècles (amen…) comme celui de la Quinte Floche…
Mais le temps faisant son œuvre, il finit par s’effacer des mémoires, comme tant d’autres mythes, regroupés au fond d’un placard où ils s’ennuient à mourir en compagnie de Nafte et Aline, deux jumelles entièrement dévouées à leur service et qui, en particulier, leur permettent de voir de près comme de loin si l’espoir de retrouver leur lustre (sorte de fanal -1 prise aussi, matin midi et soir- suspendu au plafond et dispensant un éclairage harmonieusement réparti) d’antan…
Seule une contrée des plus reculées du Pays de Galles, peuplée de gaillards prompts à la baston et à l’échauffourée, la Galles Se Cogne cultiva ce mythe de Quinte Floche en même temps que des pommes de terre et du blé, car il faut bien bouffer et, c’est connu, le mythe errant offrant soif et faim, il se trouve peu apte à rassasier les besoins des pauvres mortels… Faut-il préciser que la Galles Se Cogne a, parmi d’autres, comme spécialité gastronomique – et quand je dis gastronomique il s’agit davantage du côté gastro que du côté comique – un alcool rustique, le Floch, plus souvent utilisé pour alimenter les moteurs à explosion que les estomacs (qui risqueraient eux-mêmes d’exploser – cf. « éclats d’exclusivité, « record », etc.) des gens du cru (qu’il vaut mieux manger cuits car ils ont la chair aussi coriace qu’une cuirasse de centurion !).
En un mot comme en cent, nonobstant ce que les locaux peuvent en dire, le Floch n’est ni plus ni moins qu’une sorte essence, consommée parfois comme apéritif si l’on à vraiment rien d’autre à se mettre dans le réservoir à biture…
Ce que je vais vous livrer, chère lectrice, cher lecteur, en conclusion de ce propos qui constituera la préface d’un imposant ouvrage scientifique en préparation, « Déconnes et Légendes », à paraître aux Éditions Sion Dubois dans la collection « Pour la Mère Nicolas », ce que je vais vous révéler c’est qu’au fil du temps, la lente évolution des langues (dont je vous rappelle que Synk en parlait couramment deux) fit son œuvre et, peu à peu, par un phénomène d’homophonie propre au gallois ancien qui ne supportait pas que les gauloises rient, et connu de moi seul ainsi que de quelques standardistes un peu gais sur les bords – et souvent au milieu,  le terme « Floche », sous les assauts répétés des réglementations castratrices du pouvoir centralisateur, finit par céder la place à celui « d’Essence », unanimement compris dans tout le Pays de Galles…
C’est ainsi que le Mythe de Quinte Floche devint, en moins d’une génération (scions du bois… ), le Mythe de Quinte Essence dont seul un petit cénacle d’érudits, dits rudes mais qui ne le sont pas tant que ça quand on est poli avec eux, peut aujourd’hui affirmer qu’il ne s’agit de rien d’autre que de l’avènement de Synk Y Haim au rang d’élément supplémentaire, accueilli dans la joie, la bonne humeur et le salon de leur demeure par les quatre autres, destinés à ne plus être que ses disciples (tant pis pour leur gueule !).

Synk Y Haim et Quinte Essence enfin réunis par l’histoire, non pour le pire, mais sûrement pour le Meyers !!!!

Publicités
Cet article a été publié dans DÉCONNES ET LÉGENDES. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour SYNK Y HAIM, LE MYTHE ET SA VÉRITÉ

  1. Naïck dit :

    Un festival et des zygomatiques très sollicités tout comme mon cerveau… Pour suivre. Vivement la prochaine édition !!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s