36 heures. Prisonnier. Chez moi. À attendre. Une livraison.
Promis, juré, craché ce sera fait dans la matinée. Un colis important dont j’avais impérativement besoin. Pour m’apporter un peu de rêve.
Prisonnier.
Ce n’est pas l’adresse qui nous a été communiquée, le livreur a terminé sa tournée, il vous a laissé un avis de passage…
Bref, 36 heures. Prisonnier. De ma fureur. De mon angoisse. De ma déception. De ma patience.
Prisonnier aussi de mes 4 murs. De ne pouvoir en sortir.
Les 4 murs de ces systèmes.
Où l’on n’est plus qu’un numéro. Mieux, un QR Code.
Enfin la fin. De l’attente.
Livré. Délivré.
Évadé. Bien avant.
C’est ce que j’avais fait.
J’avais utilisé les tunnels creusés par mon imagination pour m’enfuir.
Jusqu’à un monde remplis de cages.
Dans lesquelles croupissaient des livreurs.
Attendant que les destinataires veuillent bien leur rendre leur liberté.
Contre un colis. Et une signature.
D’un coup de sonnette, le livreur s’est échappé de mon rêve.
La réalité m’a rattrapé.
Putain de livreur.
M’aura emmerdé.
Jusqu’au bout.
« Je suis abonné à vie sur Dream Airlines, en classe affaires. Celle qui est interdite aux livreurs »
Léo Myself