La fille du tram

Samedi. Tram bondé. Dernier jour de la braderie. Normal.
Moi, je n’ai pas envie de brader. Ni de l’être. Mais je suis dans le tram.
Pas très loin de moi, une jeune fille. Sans histoire. Plutôt mignonne et plutôt blonde. Ce n’est pas ce que je préfère. Moi, c’est brune aux yeux bleus. Définitivement. Peu importe. Je n’ai pas la tête à ça, de toute façon.
Soudain, un groupe de contrôleurs TBC l’encercle. On dirait presque une intervention du GIGN. En cette époque de Vigipirate exacerbée, l’amalgame est vite fait. Pas de titre de transport. Elle répond qu’elle n’a pas davantage de papiers d’identité, ni de téléphone. On lui a tout volé. Les « vigiles » du tram se font plus pressants. Plus insistants. Presque menaçants. La jeune fille maintient ce qu’elle leur a dit. Rien n’y fait. Elle commence à fondre en larmes. Je sais que les filles peuvent avoir un certain don en l’occurrence.
Mais le pire n’est jamais certain…
Je pourrais rester tranquille dans mon coin. Je descends deux stations plus loin. Ça m’insupporte. Merde, on n’est pas en RDA !!! Je m’avance vers le groupe. Je propose d’utiliser ma carte pour régler son trajet. D’une voix martiale, on me répond que « ça ne se passe pas comme ça ! »… Pourquoi ? Parce « qu’il y a un règlement et qu’il faut le respecter », sinon « couic » (sic )… J’insiste. Transfert d’intérêt. De suspicion.
La jeune fille ne paraît plus concernée. Moi, davantage. Les gentils contrôleurs m’expliquent de façon très appuyée qu’ils ne font que leur boulot…
Je leur réponds qu’ils ont de la chance. De pouvoir le faire.
De ne pas être des caricaturistes connus. Et « couillus ».
Résultat. Descente du tram, un peu genre « manu militari ». Vérification de mon titre de transport. Des mes papiers. J’ai tout, ouf ! Avec un nom qui n’éveille pas spécialement leur méfiance.
J’essaie de leur expliquer. Qu’on peut toujours tenter, chaque jour, de faire quelque chose qui ne rentre pas dans le « cadre », qui prend ses libertés avec le « règlement ».
Que, finalement, de cette manière, il est possible de rendre la journée plus belle, plus légère, plus positive. Leurs regards me semblent refléter une interrogation profonde. Suivie d’une incompréhension totale. Jusqu’à ce que je leur avoue avoir, quelques siècles plus tôt, des ascendances perses… À part les chats et les tapis, ils n’ont pas l’air de saisir… Je donne quelques détails historiques… Ils croient, sans doute, que je me moque d’eux. Ce n’est pas totalement faux. Je les sens hésiter, cherchant dans le regard des collègues une réponse sur le comportement à tenir…
À mon avis, ils cherchent encore. Qu’importe.
J’ai pu continuer ma route.
La jeune fille aussi.
Petite satisfaction de la journée.
Ça me suffit.
Pour le moment…

« La plupart des gens pense qu’il faut s’attendre au pire en espérant le meilleur. Pour ma part, j’essaie toujours de provoquer le meilleur. Généralement, ça fout la trouille au pire. Et il s’enfuit ».

 Léo Myself

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