Avé César !

Du pain et des jeux. En l’occurrence, champagne et trophées.
La grande (auto) célébration du cinéma français. Et ses 90 millions d’entrées en 2014.
À presque 10 euros la place, on frôle les 900 millions.
Comme quoi, l’argent n’est jamais très loin de l’art. Mais il en faut pour faire des films…
Smoking et robes de soirées, émotions de circonstance, balbutiements et bafouillages de composition (faut bien sembler sous le choc…), hommages en tout genre, humour et bonne humeur pour faire oublier. Les remerciements qui n’en finissent plus, les dédicaces, les messages forts (à caractère politico-économique, bien entendu), les « papa, maman, c’est pour vous ! ». Tout ça pour repartir avec un morceau de ferraille dorée. Symbole éphémère d’un instant de gloire ? Espérance de lendemains qui chanteront ? Futur vestige d’un succès plein de promesses qui n’ont pas été tenues ?
Il est vrai que je ne suis pas à leur place. Je ne peux pas imaginer. Je ne pouvais pas.
La vie n’en finit pas de m’étonner.
Par son talent à produire les scénarii les plus inimaginables…
Oui, j’en ai reçu un. Un César. Très peu de temps avant les « officiels ».
La cérémonie n’était pas aussi pro. Un peu bordelique, à vrai dire.
Si pleine de vraies surprises. Pas moyen de s’attendre à quoi que ce soit.
Parce que tout semblait pouvoir arriver. Et qu’il fallait donc s’attendre à tout.
On a beau se le dire, quand c’est le cas, le ressenti est fort. Vraiment. Tétanisant. Presque.
Oui, j’en ai reçu un. Pas un César d’honneur, malgré les apparences.
Je ne sais pas exactement de quoi, d’ailleurs.
Meilleure adaptation ? Meilleur second rôle ? Premier ? Dialogues ? Ça m’est égal.
Le plus touchant, c’est ce qu’on m’a dit. La fierté éprouvée. La sincérité dans les yeux.
De qui me l’a dit. Je m’en souviendrai. Toujours.
J’en ai zappé mon texte. Je n’avais rien de vraiment préparé.
Superstition ? Peur de la déception ? Folie d’un tel espoir ? Va savoir…
Loin d’un propos convenu, de la gratitude attendue, j’avais juste mon palmarès à moi. Dans la tête. Rien d’autre à exprimer. Je ne l’ai pas fait. Ou si maladroitement.
Non, je ne vous en dirait rien. Il est, sans doute, très partial. Trop subjectif.
Quand une même personne rafle toutes les récompenses, on imagine tout de suite une tricherie. Il n’y en a aucune. Surtout pas.
C’est mon choix. Je le revendique.
Ce César est un bien précieux. Non pour ce qu’il est censé honorer.
Mais pour le chemin parcouru. Celui qui reste à inventer.
Pour moi. Comme pour qui croit en moi.
Pour la certitude qu’un statut d’intermittent n’est pas un fin soi.
Mais qu’il est nécessaire. Qu’il est une étape. Vers le casting rêvé.
Celui qui nous choisit. Un jour. Une fois pour toutes.
Pour l’encouragement qu’il me donne. À poursuivre.
Dans la nouvelle voie que je me suis tracée.
Vers l’objectif qui est désormais le seul que je veuille atteindre.
Savoir entendre pour comprendre.
Savoir comprendre pour mieux jouer.
Le rôle.
Le rôle de ma vie.

« Un César dans la vie, c’est comme le laurier dans un bouquet garni : c’est meilleur avé que sans… »
Léo Myself

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