Cinglantes nuances de cris

Assourdissants. Les hurlements. Les exclamations.
Qui montent. De partout. Des quatre coins de la planète. Entrelacés. Enchevêtrés.
Dans une symphonie. Plus souvent macabre que fantastique. Dans le tourbillon de ses partitions. Où les noires endeuillées succèdent au double croche-patte de l’horreur. Moins souvent, de rondes en demi-soupirs, on perçoit de légères envolées de joie, des sonates de plaisir et de bonheur. Moins souvent. De moins en moins.
Les blanches, tout en retenue, se la jouent ma non tropo
Comme dans une partie de dames. Noir contre blanc.
Trop plein de couleurs ou absence de lumière.
On ne sait plus où donner de l’iris. Pupille et rétine aux abonnés absents.
On semble ne pas voir. Ne plus voir. Ni le mal. Ni le bien. Parce qu’on n’entend plus. Pourtant. C’est notre premier contact. Avec la vie. Quand on y débarque.
Avant même. On vient au monde avec un capital auditif. À ce qu’il paraît.
On doit le dilapider. Sans doute. Très vite. Pour devenir sourd. Si tôt.
La tentation est irrépressible. Alors
De retrouver. Des émotions. Des sensations.
Fortes.
Alors on cherche. Par tous les moyens.
À recouvrer l’usage. De nos sens évanouis.
Quitte à nous élancer. Dans n’importe quelle aventure. Pourvu qu’elle nous réveille. Qu’elle nous ranime. Qu’elle nous en donne l’illusion. Le frisson.
Plus il y en a, mieux c’est. 40 millions. C’est moins qu’insignifiant. C’est mieux que surprenant. C’est édifiant. 40 millions. D’exemplaires. Un film. Et sûrement des suites. Pour nous persuader. Que seule la souffrance mène au plaisir. Que la douleur est indissociable. De la jouissance.
Exit la simplicité. L’immédiateté. L’extase sans stase.
Chacun son truc. Chacun sa liberté. Je n’en discute pas.
Je me questionne.
Domination. Asservissement. Soumission. Seraient les seules clés.
Reproduisant ainsi dans notre cercle intime. Tout ce que nous reprochons.
À notre société. La plupart du temps. Étrange paradoxe.
Je ne suis pas sûr. Que sombrer dans ces infinies palettes de gris. Nous évite.
De finir. Aigri. Isolé. Le teint fade. Invisible.
Sans rien n’atteindre d’autre. Qu’un nouveau désert.
Aboutissement prévisible. De notre non-sens.
Ou contre-sens. Aussi.
Entre obscurité et noirceur. Entre ombre et absence d’ombre.
Je crois qu’il existe. D’autres tonalités.
Il suffit. De poser des couleurs. Où il en manque.
De mettre de la musique. À la place des cris.
De recruter l’espérance.
De virer les croyances.
À part une.
Celle d’un monde.
Qui aurait retrouvé.
Ses cinq sens.
Surtout le sens critique.
Sans aucunes nuances…

« Les gris et les douleurs. Vrais gris-gris d’un faux bonheur. Je préfère l’écrit et les couleurs. Ça laisse aussi des traces. Mais qu’on a envie de suivre… »
Léo Myself

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