La Matrice

On est en plein dedans. Le miroir. Aux alouettes. Qui nous plume. Nous met à poil. Nu. Mais non. En fait. On nous sur-équipe. On nous sur-vêt.
Nourri, gâvé. De tout ce qu’on veut nous faire avaler.  Même si rien n’est vrai. Concret.
Notre monde se dématérialise. Dans la représentation qu’il veut nous donner.
À voir. À croire. De ce qu’il est. De ce qu’il prétend être.
On se parle de moins en moins. On échange par sms. On se touche de moins en moins. On se contente de Skype. On prend de la distance avec la vie. Il y a la télé. Réalité.
Même si le chômage est plus présent que jamais. Si les fins de mois se rapprochent davantage. Du début.
Nous avons le cul entre deux chaises. Comme jamais. La difficulté de l’existence. Bien palpable. Et l’échappatoire. Que nous offrent les media.
Étymologiquement , « media » veut dire intermédiaire. Passer, transmettre. Nous tenir informés. Ils sont devenus des machines. À fabriquer une vision. Les misères d’ailleurs nous font oublier notre propre condition. Les rêves artificiels nous évitent nos propres cauchemars.
La matrice.
On est en plein dedans. Jeu de dupes. On s’y laisse prendre.
Un besoin ? Ou une dépendance ? Dans laquelle nous avons été conduits. Peu à peu.
Les victimes de l’immigration, avalées par la Méditerranée ? Déjà oubliées.
Place au retour. Programmé. Orchestré. Scénarisé. D’une bimbo. Plastique parfaite. Normal. On fait ce qu’on veut avec du plastique. Discours absent. Normal. La justice lui interdit de parler. Heureusement que la justice est là !… Elle n’avait même pas le droit. D’apparaître en public. Mais c’est une rebelle. Une qui n’a peur de rien. Pas même de planter un couteau. Dans l’indifférence d’un public volage. Et dans le dos d’un copain du même acabit.
Je ne juge pas. J’observe.
Le crash de l’A 320. Après un squat longue durée sur les chaines, rangé au placard. Des infos usagées. Usées. Jusqu’à la corde.
Mensonge. Vérité. Réalité. Ou tour de passe-passe.
Comment accorder le moindre crédit ? À ce qu’on nous raconte.
Inventée ou rapportée, où se trouve la vraie vie ?
À l’heure où rien n’est plus facile. Que d’acheter des faux fans Facebook. De rouler des mécaniques avec des likes payés cash. De gonfler le nombre de ses followers par carte bancaire.
On peut se rassurer.
En s’octroyant une parodie. Une mise en scène spectaculaire. De notre existence. Ça fait naître des entreprises. Ça donne du boulot. Ça fait tourner la machine.
Nous sommes éberlués par des magiciens. Leurs performances sont de plus en plus fortes. Époustouflantes. Innovantes. Incroyables. Pourtant nous gobons.
Prenons garde. De ne pas finir étouffés. Par une telle profusion.
De ne pas devenir amnésiques. De ce que nous sommes.
Je ne rejette pas le progrès. Je l’utilise aussi.
Mais je préfère bander pour une femme que j’aime.
Que m’exciter sur une silhouette photoshopée à bloc (opératoire ?).
Le contact d’une peau imparfaite me donne plus de plaisir.
Que le derme lisse et soyeux d’une pub cosmétique.
Les larmes d’un(e) ami(e) me touchent plus.
Que les sanglots factices qu’on cherche à nous imposer.
Un rosé en terrasse me donnera toujours plus de joie.
Qu’une terrasse de people au teint parfaitement doré.
Un Sébastien Thierry en tenue d’Adam aux Molières me fera bien plus rire.
Que n’importe quel(le) ministre de l’aculture.
La matrice.
Elle est là.
Mais je résiste.
Je ne suis pas Néo.
Ça rime trop avec néant.
J’essaie de rester conscient. Lucide.
Parce qu’un jour ou l’autre.
Le voile se lève.
Le mirage s’écroule.
Et là, nous sommes vraiment nus.
Face à nous.
Face à l’évidence.
Tout ça n’était qu’un leurre.

« La capacité humaine à tricher avec soi-même semble infinie. On peut tricher souvent, longtemps. Mais un jour ou l’autre, la partie prend fin. »
Léo Myself

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