La cure de soleil

Ne vous y trompez pas. Rien à voir, aujourd’hui, avec le beau temps qui semble prendre ses quartiers d’été. Mais quand il prend possession de nous…
Questions de circonstances. De motivation. De perspectives. D’envie de plaisir simple. Comme hier soir. Bien sûr, il fallait y aller. Pour y être. Une ballade de quelques minutes. En compagnie de la douceur ambiante. Mes pieds marchaient d’eux-mêmes. Tant mieux, mon cerveau pouvait se concentrer. Sur mes oreilles. Au fur et à mesure que j’avançais, elles frétillaient. De plus en plus.
Le son montait. Le rythme s’accélérait. Ma démarche aussi.
Hors de question d’en manquer une note !
En point de mire, la foule déjà dense. Je me faufile, trouve un endroit qui me convient. Assez près. Mais pas trop. J’aime avoir une vue large.
L’attente est brève. C’est LE moment. Ils arrivent. Prennent place. Lancent les premiers accords. La voix les suit.
Un choc. Diction, intonations, modulations, tout me renvoie vers une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les paroles aussi. Me parlent. J’aurais pu les écrire, si je savais faire de chansons.
J’ai la sensation bizarre, qu’au milieu de cette multitude, il s’adresse à moi. Rien qu’à moi. Je le vois. Il me regarde. Petit hochement de tête. Sourire énigmatique. L’air de me faire comprendre. Qu’il sait très bien. Combien ses textes me touchent.
Ça swingue de plus en plus. Les corps également. Déhanchement très 60’s. C’est une vraie surprise partie ! Quel que soit l’âge, tout le monde à la banane.
Et vlan dans ma gueule, quelques solos de guitare à la Django… Les manouches sont encore dans les parages. Les morceaux s’enchaînent. Le plaisir nous enchaîne.
Debout, se tortillant, hurlant, tapant des mains, reprenant maladroitement les refrains, on s’abreuve. On déguste ça comme du bon vin. Sans recracher. Ça fait du bien. De se laisser aller. Porter par la musique. Emporter par l’atmosphère.
Un œil à droite, un œil à gauche. Les gens ont l’air de ses chansons. Légers, pétillants, primesautiers. On se réchauffe sous les rayons de ce sun set. On oublie l’heure, le début de fatigue dans les jambes. La soif qui nous étreint.
On aura le temps, après. De boire un coup. De parler. De se dire qu’il y a une hérédité certaine. Évidente. Dans le talent, la qualité, le côté distancié mais sympathique. Une sorte de voyou un peu dandy. Impossible de ne pas l’aimer. De ne pas aimer ce qu’il fait.
J’avoue ne pas avoir été trop fan du papa, à ses débuts. Aujourd’hui davantage. Nostalgie de mes jeunes années. Possible.
En revanche, le fiston, j’ai tout de suite accroché. Son premier album, tout en jazz tzigane, m’est rentré dans l’oreille. Dès la première écoute.
Il respirait la fête. Les beaux jours. Et les nuits sans fin…
Celle-ci fut un peu brève, mais si belle.
Et joyeuse.
Il faisait nuit, j’ai pris le chemin du
Une lumière m’accompagnait.
De sa chaleur.
J’avais du soleil.
Plein les oreilles.
Sur le chemin, je l’ai vu briller.
De sa roue ardante.
Je me suis arrêté.
Pour dire merci.
D’avoir été là.
Aussi.
Et j’ai décidé.
De continuer.
Autant que je pourrai.
Ma cure de soleil.

« La musique c’est comme l’amour. Je préfère de très loin le live à l’enregistrement. »
Léo Myself

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