La cerise sur le bâteau

Un drôle de rêve. La nuit dernière. À l’image de la plupart d’entre eux. Mais là…
Je suis à la barre d’un esquif. Pas fragile du tout. Au contraire. C’est un cerisier. Oui, un cerisier, tout de branches équipé. Ne me dites pas que c’est absurde. C’est mon rêve.
Malgré son profil peu commun, il flotte. Très bien. Mieux, il trace nickel.
Ses feuilles larges comme des voiles prennent le vent. Avec une grande aisance. Spinnaker, perroquet, génois ou foc, je n’en sais rien. Pas très calé en la matière. N’empêche, l’embarcation file à bonne allure. De l’allure, j’en ai aussi.
Quitte à sembler présomptueux. Avec mon bonnet rouge orné d’un superbe pompon.
Seul le slip kangourou qui pendouille sur ma nuque pourrait paraître incongru. Mais il me suffit d’avoir le pied marin pour ne pas me prendre la tête. Avec de tels détails. Malgré mon inexpérience, je constate que le niveau de l’onde baisse. De façon inquiétante. On va toucher le fond bientôt.
J’oubliais ! Le cerisier arrive du désert. Après un long séjour là-bas, il est assoiffé. Normal. Et s’empiffre de la flotte qui nous sert de viatique. Imaginez votre bagnole dévorant la route que vous empruntez… Au bout d’un moment, ça devient compliqué. D’avancer sur les graviers !
Mais, je suis dans mon rêve. Tout est possible. Malgré tout, je lui explique, très courtoisement, que, s’il poursuit son hydratation forcenée, on va se retrouver en rade.
En guise de réponse, il envoie quelques nœuds de plus. Qui accélèrent l’assèchement du tarmac liquide.
Dans le même temps, la voilure se réduit. Faisant place à des fruits gorgés. D’eau de vie. Des espèces de griottes exotiques. Qui se mettent spontanément à tomber dans nos gosiers. Impeccable ! C’est l’heure de l’apéro. Ou du dijo. Et nous étions à sec ! Réconfort et gaité nous gagnent. En revanche, notre déplacement perd en efficacité.
Par chance, un banc de saumons complètement fumés vient à notre rescousse en compagnie d’orques volants.  Ni une, ni deux (ni même trois), ils empoignent le manche à balai (orques volants, je rappelle…), et nous entraînent à fond la caisse vers je ne sais où… Je ne sais toujours pas, d’ailleurs.
Je me suis réveillé à cet instant-là. Couvert d’algues, un béret en fonte ayant pris la place du bonnet rouge autour de ma tête…
Les noyaux de cerise jonchaient ma descente de lit. Les queues avaient pris le large. Plus une goutte d’eau dans ma bouteille de quart. Ou quart de bouteille.
J’avais dû larguer les amarres.
À force d’en avoir marre.
Pas grave.
J’ai fait la course.
J’y suis allé.
J’ai tout donné.
Avec l’aide du cerisier, des saumons et des orques.
Je ne l’ai pas fait seul.
Mais je suis le seul.
À pouvoir dire.
Que je sais.
Ce que c’est.
La Solidaire du Bigarreau.

« Après une nuit hors du commun, les lendemains chantent toujours. Un peut trop fort, parfois. Le mal de tête vient de là, certainement… »
Léo Myself

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