L’abeille et l’aneth

Sans cesse. Elle butinait. Avec légèreté, elle allait de fleurs en fleurs. Elle butinait.
Sans vraiment se poser.
Longtemps prisonnière d’une ruche, elle n’avait guère connu, alors, que le mimosa et les pins. Rassasiée de ce régime routinier, un beau jour elle s’enfuit. À elle la liberté, l’infini de nouvelles saveurs, les surprises de la découverte ! Dans son inexpérience, elle tenta de goûter à l’herbe. Plutôt amère, finalement…
Reprenant son vol aventureux, elle poursuivit sa quête de sensations inconnues.
Elle butinait sans relâche. Et ne se posait toujours pas.
Tout en sachant qu’il le faudrait bien. À un moment.
Sans repère, le nez au vent, elle avait parfois l’impression de tourner un peu en rond… Une forme de lassitude commençait à poindre…
C’est là.
Là qu’elle fut attirée par un parfum différent. Assez prononcé. Pas extraordinaire.
Mais intéressant. Suffisamment pour qu’elle s’en approche. Du pied. Le pied d’aneth.
Un peu étrange, avec ses longues tiges et ses fines feuilles d’un vert bleuté.
Hop, je tente, je déguste, se dit-elle. Le nectar fut un régal.
Encore un peu. Encore. Et encore.
Sans doute ignorait-elle les vertus de l’aneth. Depuis l’Antiquité, cette plante était connue pour ses vertus apaisantes et calmantes. Aussi pour son effet positif sur l’activité du cerveau. Et ses vertus aphrodisiaques…
Avec un tel cocktail, l’abeille se sentait plus en forme que jamais !
Elle décida de rester dans les parages. Histoire de pouvoir y regoûter à son aise. Ce qu’elle fit sans tarder. De plus en plus même. D’autant que le miel fait avec cet aneth était un délice…
L’aneth, lui, se sentait un peu chamboulé par ces visites à répétition. Il n’avait pas l’habitude. Ça ne lui déplaisait pas. Au contraire. Il aimait ça. Chaque fois davantage.
Être l’objet d’une telle attention lui redonnait des forces, de l’énergie, de l’envie.
D’être « son aneth ». À l’abeille.
Pollinisé de la sorte, il avait de beaux jours devant lui…
Au fil du temps, ils semblaient devenir presque inséparables. Presque.
L’abeille, au fond d’elle même, avait toujours envie de se poser.
Et les feuilles de l’aneth, pourtant accueillantes, étaient sans doute trop frêles…
Ainsi qu’elle avait quitté la ruche, elle est partie.
Pour là où elle se posera.
Peut-être. Enfin.
L’aneth espère.
Que ce ne sera pas trop loin.

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