La gamelle

Le nez au vent. Je me balade. À vélo. J’aime bien, de temps à autres. Je vois la ville différemment. Je déambule sans destination précise. Au gré des rues et des places. Je ne sais pas où je vais. La bicyclette, si. Je la laisse me guider.
Ça ne sent pas encore les soirs de printemps. Mais on y va. Tout droit.
C’est ce que j’aurais dû faire. Moi aussi.
Mais non, je préfère les trajectoires inattendues. Surprenantes.
Je suis servi. Au delà mes espérances.
Le contact avec le macadam est souvent brutal. Surtout quand il vous prend en traître…
J’avoue, ma monture du moment n’a rien d’une machine de course. Un simple Vcub à trois vitesses. Un peu lourd. Un peu lent. Au démarrage, en particulier. Je n’ai pas des mollets de course. Non plus.
Ai-je vraiment tardé à franchir la « ligne de départ » ? Pas l’impression. Sur le coup.
Mais le coup du pare-choc, lui, je l’ai bien senti ! Sur ma roue arrière.
J’ai surtout vu le paysage basculer, le bitume se précipiter sur moi, mon biclou faire un magnifique vol plané. Dans lequel je cherchais clairement à lui faire concurrence.
La terroriste du volant est descendue de son char d’assaut. C’est comme ça que je l’ai vu. Une petite bagnole, en fait. Suffisante, malgré tout, pour m’envoyer valdinguer.
N’ayant pas de blessures apparentes, je me relève aussi sec.
Je n’allais pas faire un striptease en pleine rue ! Pour vérifier. Quoi que.
J’aurais mieux fait. Ça aurait pu être drôle. De voir sa tête. À la foldingue.
Mais non. Rien. Pas de bobo. Mon fringuant destrier est apparemment indemne. Lui aussi. Je l’enfourche à nouveau. Et continue ma promenade.
Peu après, un tantinet moins bien. Le genou se met à coincer. Le coude aussi. Un pointe sur les côtes. Ça se gâte. Je pose mon cul sur des marches.
À partir de là, il y a du flou. Une voix féminine. Une femme. Très belle. Elle m’emmène. Chez elle. Pour me reposer. Me soigner. Je veux vérifier. Mon état. Je me déshabille.
Je me réveille. Ce matin. Pas dans mon lit…
Un mot sur la table de chevet.
Me remerciant, entre autres, de claquer la porte. En partant.
Un choc à la tête dans ma chute ?
Je tâte. Rien.
Je ne sais plus ce que j’ai rêvé.
Ma chute.
Ou le reste.
Je crois que l’important, c’est d’avoir rêvé…

« Un rêve c’est comme un vélo. Il nous transporte en douceur et à notre rythme. Là où l’on voit la vie d’un autre œil. Le risque de gamelle en moins. »
Léo Myself

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