Excès de vitesse

Clignez. Clignez de l’œil. Allez ! Clignez de l’œil. Voilà. C’est fait.
Le temps d’un battement de paupière. 7 millions de transactions boursières ont eu lieu. C’est la vraie bataille. La vraie guerre. Inaperçue. Invisible.
Décidant bien plus que du sort. Des marchés financiers. Des entreprises cotées.
Tout y est marchandise. Matières premières. Dettes étatiques. Emprunts virtuels. Faillite. Des fonds d’investissements. Des caisses de retraite. Pas un domaine n’y échappe. N’importe quoi peut être objet. De spéculation.
Ce qui compte, c’est la rapidité. L’ultra rapidité. Haute fréquence. Pour les initiés. Nouveau bingo mondial. Où seul prévaut l’avance. Prise sur les autres.
Les hommes n’y sont pour rien. Désormais.
Ils ont juste inventé les méthodes. Créés les réseaux. Qui transmettent les ordres.
Donnés par des algorithmes. À vitesse giga-méga-ultra.
Les hommes n’y sont pour rien. Puisqu’ils ne maîtrisent plus.
Parce qu’ils sont trop lents. Trop conscients. Pourraient se poser trop de questions.
Sur la moralité. Le sens. De ce barnum infernal.
Qui les dépasse. Les engloutit. Dans un manège devenu fou.
L’unité de temps, c’est la milli-seconde. Essayez. De toucher du doigt. Une milli-seconde. Même pas le temps d’y penser. Qu’elle est déjà passée.
Le 6 mai 2010, 1 000 milliards de dollars se sont volatilisés. Pour réapparaitre. Au bout de 5 secondes. Au passage, 150 millions de dollars ont disparu. L’équivalent d’un million de SMIC.
Aujourd’hui, avec la Dark Fiber, les transactions mettent 6 milli secondes pour traverser les USA. Dark Fiber ? Digne engeance de Dark Vador…
Avec les micros-ondes hertziennes, il faut moins de 4 milli secondes. Pour rendre effectif un nombre incalculable d’échanges boursiers. Entre Francfort et Londres.
Parce qu’il y a de nouveaux jeux. Le quote stuffing par exemple. Il suffit. De multiplier les ordres et les contre-ordres. Jusqu’à rendre impuissants les serveurs. Comme si au resto, vous changiez constamment votre commande initiale. Le serveur pète un plomb. Ou le patron vous fout dehors.
Ici, les serveurs sont des super calculateurs. Et il n’y a pas un patron.
Dans le court instant où le système est planté, facile de profiter. De cette mini faille.
Pour faire du business. Uniquement avec de l’argent. Qui en produit encore davantage.
Pour en faire encore plus.
Les pires cauchemars de George Orwell ne sont plus de la science fiction.
Ils ne sont pas vraiment réels. Non plus.
On ne les voit pas. On ne les sent pas. Mais ils existent bien.
Le résultat de leur course à la mort est tangible.
Plus de contrôle. Juste une nuit.
On se réveille ruiné. Entreprise, nation, individu. Peu importe.
Ou milliardaire. Sans savoir. Pourquoi. Ni comment.
Les machines s’occupent de tout.
Calculent tout.
Organisent tout.
Derrière les traders.
Les traîtres.
Au service des banques.
Les bancksters.
Le jour.
Où il ne restera.
Que des flux financiers.
On fera quoi ?
On bouffera les billets ?

« Penser maîtriser cette course folle au profit déconnecté de la réalité, c’est comme prétendre rattraper Usain Bolt dans un sprint. Même pas en rêve ! « 

Léo Myself

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