Bulletin de santé

J’ai tenté/testé les Epicuriales en ce jeudi soir, hier, vers 22h : essayez d’imaginer le 1er jour de la Grande Braderie de Lille, ajoutez l’ouverture des soldes chez Harrod’s, pimentez avec l’arrivée du nouvel IPhone…et vous serez très loin de la réalité !
Bien sûr, on y croise des visages connus, des connaissances un peu perdues de vue, des ami(e) aussi égaré(e)s que nous… On boit un verre, deux…
Impossible de se parler si ce n’est dans le creux de l’oreille. Pas moyen de danser, même sur Highway To Hell. Pas grave, on y est. Passé le péage, on est en plein dedans.
Les corps se bousculent plus qu’ils ne se frôlent, les regards cherchent sans vraiment trouver, les bouteilles sont orphelines avant d’avoir eu le temps de vivre…
À peine sorti de ce confinement, l’espace, l’air et le silence presque relatif peuvent effrayer. Presque. On y reprend goût très vite. Je me demande à quoi tient cet engouement. À ce rituel aux origines obscures de « l’apéro du jeudi » ? Aux dernières longues soirées du printemps ? À l’idée qui nous est assénée de « the place to be » ? Mais « to be » pourquoi ? Simplement dire « j’y étais »… Invérifiable et improuvable ! On peut aussi bien l’affirmer tout en ayant siroté un rosé bien frais sur sa terrasse favorite. Ou lu, calé dans son canapé. Ou écrit comme je le fais en ce moment.
J’ai toujours préféré les fins d’après-midi dans ce lieu éphémère.
S’asseoir autour d’une table y est un vrai luxe quelques heures plus tard.
Savourer le couchant, le voir peu à peu laisser place aux lumières de la nuit. Sentir la foule s’épaissir, les rires devenir plus sonores, les déplacements moins aisés et, du coup, les rapprochements plus évidents…
C’est l’instant précis où je quitte la scène.
Je connais par cœur. La suite. Du spectacle.
Je l’ai joué. Il n’y a pas si longtemps.
Aujourd’hui j’ai envie d’un autre théâtre.
D’une autre pièce. Moins prévisible.
Où la surprise à son rôle.
Sans figuration.
Avec des visages.
À caresser.
Des sourires.
À saisir.
Des occasions.
Toutes neuves.
Puiser ailleurs.
Ce que j’ai épuisé.
Ici.
Là où je reviens.
Pour vérifier.
Que je suis vacciné.
Une sorte d’Épicure.
De rappel.

« Le partage festif n’a de sens que s’il répond à une pulsion intime. Quand il n’est que soumission à un impératif d’appartenance sociale, il n’est plus ni fête ni libre. Comme les jeux du cirque.»
Léo Myself

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