Ici est ailleurs

Je croyais, j’imaginais déjà.
Partir. Loin. Très loin.
À vrai dire, aujourd’hui, je pense y avoir été préparé dès le début de cette année.
Tant d’événements. Faisant chanceler mes repères. Provoquant un questionnement aussi profond qu’imprévisible. Me mettant face à ma réalité. À mes croyances. À mes espoirs. J’ai pris le temps. J’ai mis du temps.
D’abord celui de la réflexion. Non. En premier, celui de  la digestion. Avaler l’amertume. Le goût âcre de la désillusion. Faire en sorte. Que ça passe à travers moi. Sans causer trop de dégât. Il faut de la patience, des cigarettes, du whisky et de l’isolement.
Ensuite, réfléchir. Pourquoi ? Comment ?
Ces questions ne sont pas essentielles. Ce qu’elles déclenchent l’est bien plus.
Se retourner comme un gant. Se foutre à poil. Ne pas détourner son regard. Du miroir. Qui reflète ma vie. Telle qu’elle est. En profiter pour faire le ménage. À fond.
Dans les recoins les plus inaccessibles. De moi-même.
Me débarrasser de tout ce qui encombre. Entrave. Ralentit ou freine.
Jeter le rétroviseur. Pour ne pouvoir regarder que devant. Avancer. Trébucher. Se relever. Avancer encore. Passer à l’action.
Tout s’enchaîne alors. Très vite. Le voyage commence.
Si on y est prêt, il peut emmener au delà du possible. Voire de l’impossible.
De ce que je vivais. De qui j’étais.
Exactement ce qui est arrivé.
Je n’ai pas franchi les océans. Je ne me suis pas expatrié. Je n’ai pas atterri en terre inconnue. Coupé de mes racines. Orphelin de mes liens.
Pourtant, je suis aux antipodes. De ce qui était mon avant. De ce moi que je ne renie en aucun cas. Mais qui a fait un tel chemin depuis que j’ai du mal. À m’y retrouver.
Finalement, oui.
J’ai pris le large.
Taille XXXL.
Comme la vie qui s’ouvre à moi.
Sans horizon fini. Sans limite.
Tel Christophe Colomb découvrant l’Amérique.
En cherchant les Indes.
J’atteins des rivages nouveaux.
Parce que je le suis aussi.
Pressé d’en connaître un peu plus.
Sur qui.
Je suis en train de devenir.
Sans trop savoir.
Où je vais.
Mais certain comme jamais.
D’y parvenir.
Car ici est ailleurs.

« Le plus grand voyageur n’est pas celui qui fait dix fois le tour du monde mais celui qui fait une seule fois le tour de lui-même (Ghandi). »
Léo Myself

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