Miaou

J’y ai pensé seulement hier. C’était un jour spécial, à vrai dire. Un anniversaire. Impossible de l’oublier. Même si. Ou surtout par ce que. Je n’aime pas avoir à le célébrer.
Dans la soirée, les efforts cumulés depuis plusieurs semaines ont eu raison de moi. Je me suis assoupi sur le canapé. Sans le sentir arriver. Bien senti, en revanche, l’odeur âcre. Venue me sortir de cette torpeur soudaine. Malgré les fenêtres ouvertes, de la fumée. Partout dans la pièce.
Encore embrouillé par mon somme, je visualise un drôle d’objet. Sur la table basse. Une sorte de cylindre. Dégageant un nuage opaque, dense et nauséabond. Tube de neige carbonique ? Curieuse première idée…Synapses encore au ralenti…
Que foutrait un tel machin chez moi !!!
Et puis, je recolle les morceaux de ma lucidité endormie : bougie allumée + rouleau de sopalin + vent par la fenêtre = début d’incendie domestique… Il a eu la bonne idée de ne pas s’enflammer, juste se consumer et jouer les feux de Bengale.
Ce qui m’a sauvé, sans doute. Ce n’est pas la première fois. Depuis j’y pense.
Aux multiples fois. Où j’aurais pu passer l’arme à gauche.
À 9 ans, je tombe du haut d’un arbre. Rien. Un an après, un chasseur me tire dessus par erreur. Résultat, deux plombs dans le bras. C’est tout. À 13 ans, péritonite aiguë. La bouillotte imposée par une vieille tante aurait dû m’achever. Non. Hosto, ablation.
Point barre.
Calme plat pendant quelques années. Jusqu’au jour où. C’aurait pu être le dernier. Carton en voiture. Coma. 72 heures. Expliquer pourquoi/comment ma sortie de l’hôpital ne fut organisée que le lendemain de la date prévue serait fastidieux. Là n’est pas la question.
Le matin de mon départ, opération en hyper-urgence.Grosse hémorragie interne. Décrochage sur le billard. Le billet pour au-delà déjà composté…
Mais non, rien à faire. 35 ans après, toujours là. Bon pied, bon œil.
En forme comme jamais.
Nouvelle tentative voilà quelques mois. Chute dans le vide. À 10 m de hauteur.
Bilan, 3 côtés cassées. Stoppé à 8 m du sol.
Je ne me suis jamais rendu compte. À quoi j’échappais.
Pas avant hier soir. Pas avant de me dire.
Que je dois être un chat. Avec 9 vies.
J’aurais préféré en avoir moins.
Et pouvoir faire cadeau de la différence.
À celui que j’aurais voulu voir profiter de ses petits enfants.
Souhait qui en restera un. Définitivement.
Je ne peux changer ce qui a été.
Je ne peux échanger aucune de mes 9 vies.
Contre une autre.
Je ne peux que vivre.
Ces 9 vies.
L’une après l’autre.
Ou avant.
En n’oubliant jamais.
Que seul le bonheur compte.
Au bout du compte.
Que mon passage ici aura une fin.
Même avec 9 vies.
Miaou…

« Pour vivre pleinement sa vie et y puiser tout le bonheur possible, il faut peut-être accepter de pouvoir mourir plusieurs fois. Presque. »
Léo Myself

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