Si même les moustiques…

MOUSTIQUE PROSERESTANTEPlus d’un mois. Que ça dure. Pour les uns, c’est génial. Pour les autres c’est presque l’enfer. Une preuve de plus que ressenti et subjectivité sont d’inséparables compères. Tout dépend d’une multitude de paramètres : notre état de forme, si l’on travaille ou que l’on est en pleines vacances, selon qu’on a pu se lâcher pendant les soldes ou pas, la dose de bonheur en réserve, notre âge (aussi).
Notre sensibilité. Aux changements. De tous bords. De rythme, de situation, d’envie. La nôtre comme celle des autres. Aux piqûres. Du destin, du cœur, des insectes, du temps. Le temps passé, le temps qu’il reste, le temps qu’il fait. En particulier en ce moment.
La nature a le don de nous balancer certaines vérités. À défaut, ses réalités.
Elle agit comme elle veut. On ne la contrôle pas. Comme tout ce qui nous arrive.
Bien que l’illusion de maîtrise nous permette d’y croire. Juste assez pour s’imaginer avoir du pouvoir. Et donc exister. Sauf avec les éléments. Y compris le cinquième.
Moins l’homme les respecte, en prend soin, plus ils nous rappellent qu’ils peuvent tout. Et nous, face à eux, rien.
Plus d’un mois. À vivre au dessus de nos moyens. Au dessus de nos habitudes. Pas de quoi s’étonner, pourtant. Nous sommes en été. C’est donc tout à fait normal. Mais on avait oublié. Ce que ça peut signifier. Il est vrai que la grisaille a envahi notre quotidien. Celui de toute l’humanité. Depuis des lustres.
Le choc est rude. Surtout le choc thermique. 5 semaines à 30 degrés minimum, ça nous rafraîchit les idées.
Ça réveille les souvenirs. Pour les plus anciens. 1975. 1976. C’était pareil. Pire, peut-être. Rien de nouveau sous le soleil.
Notre seuil de tolérance a dû reculer. Résultat, on supporte moins bien.
Que notre époque soit notre époque.
On accepte moins bien. Les températures. Excessives et néanmoins relativement légitimes pour la saison.
On tord le nez. Que l’été soit vraiment l’été.
En ville ou en villégiature balnéaire, on se plaint : « Il fait chaud, il fait lourd, vivement la pluie ou un bon orage… » …
Tu vas voir l’orage, quand il va te tomber dessus. Tu seras le premier à faire la gueule. Parce qu’il faudra abandonner la terrasse. Où tu es si bien. Rentrer au pas de course. Pour fermer les fenêtres laissées grandes ouvertes.
Jamais content. C’est tellement notre époque. Être devenu si difficile. Si exigeant. Confronté à notre impuissance. À contrer ces phénomènes naturels. Ça nous emmerde. De ne pas avoir la main.
Nous qui pensions avoir domestiqué ce monde et tout ce qui le peuple.
J’ai même l’impression que d’autres s’y mettent.
À ne pas faire leur boulot.
La canicule a bon dos.
Je n’en ai pas vu un.
Sans avoir pris la moindre précaution.
À leur égard.
Ni bombe, ni prise spéciale.
Je m’offre même à eux.
En dormant dans le plus simple appareil.
Ma chambre en libre accès depuis le dehors.
Je vais, parfois, jusqu’à laisser un peu de lumière allumée.
Pour leur signaler ma présence.
La présence d’une proie consentante.
Inutile.
Je n’ai pas vu un.
Pas d’inquiétude.
Mais une interrogation.
Où va le monde ?
Si même les moustiques ont trop chaud…

« Il fait beau et chaud (contrepèterie belge). S’il faisait moins beau, on aurait moins chaud. Et s’il ferait moins chaud on serait plus beau. Car on aurait moins chaud… (Théorème du Pitre à Gaury »
Léo Myself

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