Feuille morte

FEUILLE MORTE PROSERESTANTEC’est l’automne. Les feuilles n’en finissent pas de tomber. De voltiger.
Sauf une. Elle reste immobile. Et vierge.
Impossible d’y poser le moindre signe.
J’ai vérifié. L’encre n’est pas sèche.
Elle est bloquée.
Mes larmes aussi. Je voudrais pleurer.
Je n’y parviens pas.
Plus exactement ça ne sort pas. Tout se déverse à l’intérieur.
M’emplit jusqu’à me submerger. Me noyer. Diluant tout ce qu’il y avait de si magnifique. Dans ce que j’ai vécu. Avec elle.
Mais ses incohérences, ses peurs, ses mensonges ont transformé l’eau douce des beaux souvenirs en liqueur d’amertume.
Elle se croit incompatible avec le bonheur. Elle l’est peut-être. Parce qu’elle ne l’a jamais connu jusqu’alors. Elle ne peut donc pas le reconnaître.
Je lui refuse néanmoins toute légitimité à m’entraîner sur ce chemin. Stérile, toxique et mortifère.
Je suis qui je suis. Je ressens ce que je ressens et personne ne me contraindra. À devenir l’inverse.
J’éprouve une infinie tristesse. Face à pareille incapacité. Devant un tel gâchis. Confronté à une violence aussi radicale. Tout en sachant que ce n’est pas moi qui en garderais, indéfiniment, les stigmates. Qui en serais marqué à vie.
La trace je l’ai déjà gravée depuis un bout de temps. Sur ma peau. Dans ma chair. Mon « marque page » ainsi que je l’appelle.
Pour ne jamais oublier. Qu’aussi grand, fort et irréductible soit mon amour, il ne peut jamais faire le bonheur de l’autre malgré elle.
Il ne peut rien contre les blessures de son passé. Il ne peut rien contre sa vision. De la vie. Il ne peut rien face à son double-jeu permanent.
Il pourra juste me permettre de poursuivre la mienne.
En sachant, jusqu’au dernier jour, que j’ai croisé, au moins une fois dans mon existence, celle qui aurait pu être la femme de ma vie.
Si elle avait cessé de tricher. Avec elle encore plus qu’avec les autres.
Quoi qu’elle pense. Quoi qu’elle veuille.
Parce qu’elle peut décider ce qui lui chante, elle ne décidera pas des battements de mon cœur.
Du rythme qu’ils m’impulsent.
De la détermination qu’ils m’insufflent.
Tant pis pour elle.
Tant mieux pour moi.
L’encre coule à nouveau.
Ça m’évite de sombrer.
Les mots ont repris leur cours.
Leur course.
Et s’envolent enfin.
Avec les feuilles.
Puisque c’est leur destin.
En cette saison qui débute.
Vivement l’été !

« Être capitaine de réserve est une chose. Réaliser qu’on est seulement mis en réserve comme cabitaine en est une autre. Ça fait une putain de différence ! »
Léo Myself

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