La voix pure du peuple

BONJOUR PROSERESTANTEIl est tôt. En particulier pour un samedi. Résultat, pas mal de places disponibles.
Je pose mes fesses sur la première qui s’offre à moi. À mes côtés, un jeune homme.
Ou un grand garçon. Vu depuis mes décennies, je ne sais plus bien jauger. Il y a trop de temps. Qui nous séparent.À 10 ans près, de toute façon il reste un gamin. À mes yeux. Bien que l’âge m’indiffère. Dans le contact. Avec les autres.  Seule la qualité de l’échange a de l’intérêt. Bien souvent, j’ai davantage de plaisir à partager l’aventure créative d’un musicien de 25 ans que les soucis fiscaux d’un retraité prostatique. Ou à écouter avec passion les beaux souvenirs d’une (très) vieille dame plutôt que subir les rengaines d’une adulescente à la recherche de ses illusions perdues.
La droiture n’a pas d’anniversaire. L’authenticité n’a ni puberté ni ménopause.
À une époque où l’hypocrisie ne connaît pas la crise, où le faux semblant ne fait pas semblant, où les manœuvres remplacent la main sur le cœur, où la duplicité tient lieu de sincérité, comment attendre, espérer un élan de vérité bien téméraire ?
Le monde actuel nous fait avaler tant de couleuvres que j’ai parfois l’impression d’être dans Matrix. L’objectif est clair, simple, précis. Le profit. Ou le plaisir. Le plaisir du profit. Ou le profit du plaisir. Tel Volkswagen. Leur gigantesque tromperie n’est pas l’apanage des conglomérats.
Des Volkswagen, j’en connais. Ce sont des gens. Sans signe distinctif. Visible.
Au premier abord.
De leur capacité de dissimulation. De leur fourberie. De ce qui est leur mode de vie.
Jusqu’à. Ce qu’une voix s’élève. Pour dénoncer leurs mensonges. Démasquer leurs trahisons. Il faut du courage. Ou de l’inconscience. Pour prendre un tel risque. Loin d’être sans conséquence. Déplaire. Se voir évincé. Rejeté. Mis au ban. Rayé des listes.
C’est le prix. De l’innocence. D’une parole vraiment libre. Dénuée de tout calcul. De toute recherche de bénéfice. Quel qu’il soit. Si ce n’est être cohérent. Crédible. Vis-à-vis de soi. Surtout. Avant tout.
Il m’a simplement dit « bonjour ».
Et, en même temps que son sourire, offert un si rare instant d’humanité.
Rien ne l’y obligeait.
Rien ne m’y préparait.
Il voulait juste me souhaiter une bonne journée.
Sincèrement.
Je lui ai rendu.
Son sourire.
Son bonjour.
Je suis descendu.
Du tram.
Il y est resté.
Sans se douter.
Qu’il avait fait remonter.
Ma croyance.
En l’être humain.
De sa petite voix.
Pure.

« En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire (George Orwell-1984) »
Léo Myself

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