Désolé

DÉSOLÉEffectivement. Il faisait chaud. Et je dormais.
Merci pour ta sollicitude. Je suis sensible au sacrifice que tu t’imposes. Pour mon apaisement et mon bien-être.
Mais je ne peux m’empêcher de me sentir coupable.
Coupable de t’infliger un tel choix. Coupable de t’obliger à te priver. De nos échanges. Tous nos échanges. De nos conversations. Aussi longues. Que les nuits. Qu’elles remplissaient.
Coupable de ne plus être la victime consentante. Du combat que tu te livres à toi-même.
Coupable de ne plus vouloir. Être seul à payer l’addition.
Coupable que tu aies pu t’imaginer. Que ma mémoire était assoupie. Mon intelligence éteinte.
Coupable d’avoir prêté l’oreille. À ce que tu me disais, il y a peu. « S’il me restait 3 mois à vivre, c’est avec toi que je voudrais les passer »… « Je serai toujours là pour toi ».
À cette manière de m’interpeler dans la rue… « Roméo ! Roméo !!! »
Coupable, surtout, de n’avoir toujours pas réussi. À te faire comprendre l’essentiel.
Penser à quelqu’un n’est jamais penser à sa place. Ni décider pour lui.
J’appuie là où ça fait mal. Peut-être. Je l’assume. Je ne me cache derrière personne. Ni derrière aucun événement. Je suis responsable de mes actes. Comme de mes propos. Quelles qu’en soient les conséquences. Seule possibilité pour être cohérent. Avec moi-même. Sans passer pour une girouette. Sans blesser quiconque. Par mes contradictions. Mes volte-face, mes coups de mou, mes désirs non assouvis.
Tu m’as dit que j’étais fort. Si je lui suis, c’est parce que j’accepte. D’être faible. Et l’incidence que cela peut avoir sur moi. Sur moi seul.
Si je suis fort, c’est parce que je n’ai qu’un objectif : prendre du bonheur. En distribuer autant que possible. Autour de moi. Essayer de ne pas être. Un motif de souffrance…
Oui, je suis coupable. D’être un livre ouvert. Et de n’avoir pas su te donner les bonnes lunettes. Pour le décrypter. Ou la bonne échelle. Pour atteindre le rayon de la bibliothèque. Où il attend qu’on le prenne. Pour le lire. Du début à la fin.
Oui, je suis coupable. Coupable de te pousser à choisir.
Entre le cul et le confort.
Entre les bulles et l’eau plate.
Quoi que tu fasses, tu n’es pas dans ma tête.
Quoi que tu fasses, tu ne changeras pas qui je suis.
« Disparaître de mon champ de vision » n’est pas « la meilleure preuve de l’attention que tu me portes »… juste des phrases qui te rassurent. Toi et toi seule. Pour te sentir bien à l’abri. De tes failles. De tes tentations. Pour que tu puisses continuer ton petit bonhomme de chemin. La conscience tranquille.
Jusqu’à la prochaine fois.
Où tu me diras, à nouveau.
« Je suis désolée ».
Désolé.
Expression passe-partout.
Qui ne s’arrête nulle part.
Qui ne coûte rien.
À celle qui s’en sert.
Avec si peu.
De discernement.

« Pardonner signifie une seule chose : que la relation à l’autre est bien plus importante que notre ego. Mais pour être pardonnée, encore faut-il savoir demander pardon… »
Léo Myself

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