Malédiction

MALÉDICTIONMerci.
À mes parents. Mes profs. Aux gouvernements. D’avant. À leurs ministres de l’Éducation Nationale : Maurice Herzog, Alain Peyrefitte, Georges Pompidou, Edgard Faure…et j’en oublie des gens de culture !
Merci de m’avoir donné une chance immense. Que je mesure chaque jour. Merci de m’avoir permis cette plongée, durant des années, au cœur des mots, de leurs origines, leur histoire. Vous m’avez donné un goût jamais démenti. Pour notre langue.
En m’apprenant. À comprendre. Et non à savoir. Pour appréhender le sens précis, profond. De ce que j’entends, de ce que je lis. Le latin et le grec furent les berceaux de mon amour. Pour le verbe. Merdum, crottum, fulminez-vous in peto ?!.. Quitte à sembler un tantinet orchidoclaste, je m’en tamponne l’arrière-train !
Passées à la moulinette du modernisme, ces langues « mortes » ont été enterrées. Puisque mortes. Pourtant, mourir n’est pas disparaître. Il y toujours une trace, une rémanence, un lien. Qui nous éclaire. À l’instar des continents, les langages dérivent. Connaître d’où ils viennent nous rend compréhensible là où ils sont. Et leur destination possible.
Pourquoi ce sujet ? Qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe…
Parce que les mots sont irremplaçables. Ils sont les vecteurs de nos échanges. Les socles de notre communication. Choisis précisément, ils expriment avec soin nos pensées. Nos ressentis. Cherchent à les rendre aptes. À être reçus. Perçus. Compris.
Ils sont nos messagers. À une condition. Leur donner la bonne adresse. Ou le bon chemin. Pour parvenir à destination. Cette passerelle que nous cherchons à établir dépend d’autres piliers. Sans quoi elle vacille sans cesse.
L’observation, l’écoute. En un mot, l’empathie. Ni sympathie, ni compassion.
Revisez vos lettres classiques, si besoin !
Pour être entendu, il faut d’abord se rendre audible. Comment ? En acceptant une évidence : nous sommes tous(tes) différents(es), uniques.
Notre vision du monde, également.
Nul ne le voit avec nos yeux.
Nul ne le ressent avec notre chair.
S’adresser à nous sans en être intimement conscient, persuadé, c’est s’engager dans un dialogue de sourd.
Intéressant.
Qu’on ne parle pas d’un dialogue de muet.
Oui, je l’affirme, je le clame, je le revendique.
N’écoutez pas. Et on ne vous entendra pas.
Parlez de la même manière à tout le monde.
Et personne ne vous comprendra.
Prenez le temps.
Sortez de vous pour entrer dans l’autre.
Cherchez à trouver sa clé.
Avant de vouloir ouvrir la porte.
De son être.
De sa conscience.
C’est pour cette raison.
Qu’il n’y a jamais.
De malentendu.
Seulement du mal dit.
De la médisance.
De la malédiction.
Trois mots.
Une même racine.
Parler de travers.
À tort.
Et tuer.
Ce qui ne demanderait.
Qu’à vivre.

« Savoir ce que l’on dit n’est pas si important. Comment le dire et à qui, l’est infiniment plus. »
Léo Myself

 

 

 

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