Quarante degrés

QUARANTE DEGRÉSPlus qu’il n’en faut. Pour échapper. À sa propre longitude. Pour se déplacer. Vers un endroit. Qui existe seulement là.
Il faut juste trouver la bonne. Latitude. Celle qui convient ? Ou celle qui nous va ? Nous accompagne. Dans cette épopée curieuse. À la rencontre de cette personne étrange. Que nous ne sommes jamais. À part lorsque nous l’atteignons. Ce point. Flou pour la plupart. Précisément localisé. À nos yeux.
Il suffit d’être prêt. À dériver. Au gré du vent. En suivant les courants.
Ne pas chercher à résister. Se laisser emporter. Là-bas. Où il n’y a rien. Rien que nous. Nus. Face à nous-mêmes. Nus. Pas comme au premier jour.
Nous avons grandi. Souffert. Appris. Pris de la distance. Avec ce que nous fûmes.
Avant.
Avant les règles. La bienséance. La bien-pensance.
Avant de savoir tricher. De devoir mentir. Nous mentir.
Pour ressembler à ce que le monde exige de nous.
On finit, petit à petit, par se perdre. Se perdre de vue.
Par ne plus rien apercevoir. De ce que nous pouvions être.
Sauf que.
Parfois, l’alchimie, la chimie nous y renvoient.
Dans cet ère.
De rien, merci.
Cet état. Volatil. Éphémère. Retrouvé sans jamais l’avoir égaré.
Où nous révélons. La réalité de notre moi profond.
Où notre nuit s’efface. Pour nous faire apparaître. Sous notre vrai jour.
Celui qui nous vit naître. Celui qui nous dessina.
Ébauche un peu brute. Mais authentique.
Non formatée. Ne répondant à aucune autre norme.
Que la nôtre.
Lancée il y a longtemps, elle finit toujours par nous revenir. Nous retrouver.
Cette bouteille à l’amour.
Ne pas hésiter à la saisir. L’ouvrir.
Pour que surgissent.
Les souvenirs inaccomplis. Les souhaits non exaucés.
Accepter de s’enivrer. De ses effluves surannées.
Choisir d’en faire le moment présent.
Un cadeau.
Que notre hier fait à notre aujourd’hui.
Une bouteille.
Jetée.
Dans les vagues.
Qui viennent s’évanouir.
Sur les grèves.
De notre vie.
Une bouteille.
Si pleine.
De nos espérances.
Une bouteille.
À boire sans modération.
Pourvu qu’elle fasse.
Au moins.
Quarante degrés.

« Ce n’est jamais la contenance qui définit notre vie. C’est le degré. D’émotions. De sensations.  »

Léo Myself

 

 

 

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