L’échantillon

echantillon

Susciter la curiosité. Provoquer l’intérêt. Plaire. Ou le tenter. Laisser une impression. Une bonne. Pour installer un goût. De reviens-y. Pour implanter l’envie. D’être à nouveau séduit.
En principe, c’est du one shot. Une seule fois doit suffire. En principe. Il arrive que ce soit moins immédiat. Un soupçon d’amertume. Une pointe d’artifice. Une saveur étrange. Qui nous fait hésiter.
On se demande alors. Si on aime. Ou non. Situation difficile. Se sentir attiré tout en hésitant. Ou hésiter devant cette curieuse attraction. De l’inconnu. Du trop connu. Ou ce qui semble l’être.
C’est son rôle.
Nous procurer ce désir d’en savourer davantage. D’aller jusqu’au bout. De cette fugace émotion.
C’est son rôle.
Nous captiver par la promesse. De ce qu’il dévoile à peine. Équilibre fragile, ténu, entre ce qu’il laisse entrevoir. Et ce qu’il dissimule. Juste assez pour nous exciter. Juste assez peu, aussi, dans le même but. Pris entre la tentation d’y succomber et la volonté d’y échapper. C’est son rôle.
Nous faire croire. Que le tout est mieux qu’un fragment.
La plupart du temps, la vie est pourtant ainsi. Une accumulation de parcelles. De morceaux. Qu’on s’attache à faire tenir pour que ce soit un ensemble. De ce qui se ressemble. De ce qui se rassemble.
Réminiscence ? Vision ? Un peu des deux…
Son parfum nous enivre. Fugitivement. Durablement. Aussi. C’est entêtant. Ce dont il nous imprègne. Surtout lorsque c’est imprévu. Inattendu. Incongru. Qui ne devrait pas se produire. Qui n’a pas lieu d’être. Et pourtant. Quoi qu’on fasse, qu’on dise, qu’on pense, qu’on veuille. Ça se passe de cette façon.
Passée la surprise, reste le plaisir. De l’avoir vécu. Éprouvé. Ressenti. On a beau se dire que ça va finir par s’estomper. Tromperie monumentale ! Une fois suffit. Une seule. Pour ne plus pouvoir oublier. L’extase qui nous a envahis. Comment le monde nous apparaît alors. Sans frontières. Empli de possibles.
Oui, c’est son rôle.
Nous proposer l’instant présent, si passager soit-il, comme une ouverture. Une porte entrebâillée. Sur un futur plus grand. Plus fort. Plus loin.
Je me disais ça. L’autre jour.
Avec cet été. Qui n’en finit pas de se faire déguster. En jolies portions. Qui nous donne, chaque matin, à espérer. Qu’il va continuer. Tant qu’on le voudra.
Je me disais ça. L’autre jour.
En attrapant mon premier coup de soleil.
Quarante-huit heures après le début de l’automne.
En résistance.
La saison estivale a pris le maquis.
Franc-tireur de la météo.
Faisant un gros doigt d’honneur.
À ce qui est normal.
À ce qui est convenu.
À ce qui est dans l’ordre des choses.
Un ordre dont nous ne savons rien.
Dont personne ne sait rien.
Et j’aime bien.
Me faire surprendre.
Me voir confronté à l’improbable.
D’un moment iconoclaste.
C’est son rôle.
Allumer nos journées.
Éveiller nos sens.
Les sortir de leur torpeur.
Effacer nos peurs.
Du lendemain.
En nous montrant que l’envie.
Est toujours plus forte.
Que la crainte.
Je l’aime pour cela.
L’échantillon.

«  Ce qui est abrégé, peut avoir un double sens. Soit finir trop tôt, soit être un condensé qui s’exprime dans le temps. Voilà le dilemme de l’échantillon. »
Léo Myself

 

 

 

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