Disexelique

Pas perdu. Non. Totalement égaré serait plus exact.
Les quatre points cardinaux se barrent en sucette. Le sud perd le nord et l’est est plutôt à l’ouest. Les pôles fondent au point de, bientôt, se confondre.
Combien de degrés en plus ? Deux ? Davantage ? Moins ? Comme l’évoque un pub du moment « Le réchauffage climatique, c’est pas grave, non ? ». Bref, depuis quelques semaines ma boussole s’affole. Ne sait plus à quel magnétisme se coller.
Aimant sans conviction, attiré par défaut, j’ai l’impression d’être collé là où ça tient a minima. C’est bien la question. Tellement désorienté, paumé, désaxé, que la moindre aspérité devient un point d’ancrage. S’accrocher à la plus minuscule protubérance. Devient la préoccupation essentielle. Presqu’existentielle. Le monde actuel nous offre tant de possibilités. De penser être. Ou d’être ce qu’on nous donne à penser. Pas facile de s’y retrouver. Dans ce galimatias d’opinions convenues. De déconvenues privées d’opinions.
À défaut de faire, comment se taire ? Comment se priver d’être au lieu de se contraindre à paraître ? Senestre ou dextre, maladroit ou plutôt gauche, quelle importance ? En dehors de se trouver dans le moule de l’époque. Dans l’habit de circonstance.
Mais aujourd’hui, comment faire ? Où se situer ? De quel coté doit pencher ma burne ? Histoire de dire que j’en ai un peu plein les couilles.
De ces feuilletons télé-réalisteques. Au scénario mou du genou. À l’intrigue si prévisible. Au dénouement si descriptible. Entre eau tiède et bain sans consistance. À mi chemin de l’incertitude inévitable et de l’hésitation acceptée. Genre au milieu du gué, de la flotte jusqu’au genoux, ne sachant pas quel guet-apens nous tend cette onde confortable. Rejoindre l’autre rive ou revenir sur nos pas, balisés par un chemin connu et familier. Sans surprise. Sans découverte. Sans imagination.
Notre monde est si formaté qu’agir, penser, être autrement devient une expérience. Une aventure. Un défi. À l’ordre établi.
Et si le futur était, précisément, là. Dans notre capacité à nous affranchir.
Des règles immuables, ou prétendues telles, qui veulent ordonner notre existence.
Il ne s’agit pas d’appeler à la révolution, telle que l’histoire nous l’enseigne. Juste à l’évolution de ce qui nous est annoncé. Demain ne nous appartient pas, mais nous en sommes redevables. À celles et ceux qui auront à vivre dans le monde que nous aurons construit et détruit. À une planète qui sera le fruit de l’amour que nous lui aurons donné. Ou de l’indifférence que nous lui aurons témoignée.
En écrivant ces lignes, je suis conscient. De formuler un vœu pieu.
De croire en l’incroyable. De penser à l’inconcevable. Je m’en branle.
J’ai envie d’espoir, de me dire que l’impossible est probable, de me nourrir d’utopies. Certain qu’elles dépendent, uniquement, de notre énergie.
À faire de nos rêves des réalités.
Peu importe, finalement.
De moissonner.
Ce que nous avons, éventuellement, semé.
Engendrer n’est rien.
Faire grandir est bien plus.
Faire éclore encore davantage.
Nous sommes juste des bourgeons.
Qui en appellent d’autres.
Nous ne sommes qu’un maillon.
Un épisode.
La suite, nous ne l’écrirons pas.
Mais nous pouvons l’inspirer.
Lui donner la possibilité.
De respirer.
Au lieu d’expirer…

« La seule semence qui soit belle, c’est celle qui cherche à faire pousser l’amour dans le désert de notre coeur. »
Léo Myself

 

 

 

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