L’air de rien

Voilà bien 3 jours. Qu’elle est là. Toute cette musique.
Celle de la pluie qui succède au chant du soleil.
Celle des nuages qui vont bientôt s’évaporer.
De ma vie. Peut-être.
Celle de l’horizon – de mon horizon – qui se dégage.
Qui semble le vouloir. Le pouvoir.
Celle de la balle qui rebondit. Celle des pas glissant sur la terre. Celle du soir qui tombe, comme un écho du jour qui s’est levé et se relèvera encore.
Celle des années qui passent, essayant pourtant de ne pas faire de bruit. Encore une de plus, j’aime bien la symphonie qu’elle annonce…
Celle des mots qu’elle ne dit pas mais qui résonnent si fort.
Celle de son regard bienveillant. Lumineux. Espiègle.
Celle de son sourire, de son rire, de nos éclats de joie.
Celle de ma jeunesse qui peuple encore ma mémoire.
Celle d’aujourd’hui qui occupe tant de place.
La musique. Elle est là. Partout. Tout le temps.
Elle me berce, m’excite, me touche, me fais bouger.
Elle rythme ma vie. Depuis toujours, sans doute.
Celle de cet objet. Si petit, si noir, si beau.
Dont le son m’a constamment fasciné.
C’est son cadeau. Pour moi. Pour mon anniversaire.
Elle s’en souvenait. Que j’en rêvais.
Je l’ai porté à mes lèvres. J’ai d’abord fait « pin-pon » avec.
Un enfant au pied du sapin de Noël.
Et puis les gestes sont revenus.
Et la musique avec.
Une musique malhabile.
Qui ne sait pas encore marcher toute seule.
Qui n’a pas l’air de grand chose et même presque l’air de rien.
L’air de rien.
Mon air préféré.
Parce qu’il change tout.

« Ma musique favorite ? Juste un rythme, un simple battement qui vient de là. Du milieu de la poitrine. »
Léo Myself

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Tous égos…

C’est le principe. De notre république. De la démocratie.
Paraît même que nous en sommes les inventeurs.
Avec la liberté. La fraternité aussi.
J’y pensais hier, en ce jour de repos universel.
La Fête du Travail. Étrange paradoxe.
Pour une trêve unanimement suivie. Une trêve du travail.
Tout le monde y a droit. Car nous sommes tous égaux.
C’est certain.
Un jour, nous le sommes tous.
Le dernier jour.
J’y pense aujourd’hui. Ça fait 4 ans pile que j’y pense.
Depuis qu’elle nous a quitté.
Celle qui m’a donné le jour. Le premier.
Tous. Nous le sommes tous. À un moment de notre vie.
Face à l’accident, la maladie, l’abandon.
Difficile, alors, de ne pas se centrer sur son nombril. De ne pas se préoccuper de soi. De soi seul.
Ce sont pourtant les autres qui sont l’espérance. Qui nous réconfortent. Nous redonnent une raison. De ne pas sombrer dans ce repliement si tentant. Si dangereux aussi. Cet égotisme si proche de l’égoïsme. Ce sentiment de ne rien devoir. À personne. Juste à nous. Cette jouissance de soi qui ne peut mener qu’à sa propre perte.
J’y pense. Beaucoup.
La santé d’un proche qui chancelle… La vie d’une autre qui se bouleverse…
La faute à qui ? À pas de chance peut-être…
À l’inélégance de l’existence, sans doute.
À la lâcheté, parfois. De ceux (ou celles) qui se foutent de savoir.
Ce que provoque leur manque d’intelligence.
D’intelligence du cœur.
Ce n’est pas tant qu’ils n’en ont pas. Du cœur.
C’est juste qu’il fonctionne en circuit fermé.
Et qu’ils en veulent plus.
Plus d’égo…

« Si les hommes (et les femmes) naissent et demeurent livrés aux égos, sans droit, il leur reste toujours celui de se battre contre cet égo-système…» 
Léo Myself

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L’envie

Elle est là. De plus en présente.
Chaque matin.
L’envie.
D’une belle journée. De ne rien savourer seul. De partager. Envie. Vraiment envie.
Bien sûr. Je suis comme tout le monde. J’ai mes soucis.
Avec 3 côtes cassées, je ne risque pas de les oublier.
Mais ce n’est rien.
À côté de l’envie.
L’envie d’avoir envie (merci Johnny).
De se laisser envahir. Conquérir. Par cette énergie si positive. Ce moteur. Sans autre carburant que nous-mêmes.
Comme une décharge massive de sérotonine, d’endorphine, de dopamine, d’ocytocine et de phényléthylamine…
Sacré cocktail. Qu’on aimerait déguster tous les jours…
Et s’il suffisait d’en avoir envie ?
S’il suffisait de regarder. Autour de nous. Autrement.
De voir ce qui est juste sous nos yeux.
Pour avoir envie.
De ne pas passer à côté. Du bonheur. De la réussite. De la joie.
Ce n’est pas si difficile.
Écouter. Un peu plus les autres.
Entendre. Ce qui est au fond de nous.
Exprimer. Ce que nous ressentons.
Accepter. Ce qui est différent.
Comprendre. Que nous ne comprenons pas tout.
Ce n’est pas si difficile.
D’avoir envie.
Mais ça rend la vie tellement plus facile.

« L’envie peut très bien exister sans effort. Mais pas l’effort sans envie. »
Léo Myself

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Pâques…

C’était il y a quelques jours. Des œufs, des cloches, des lapins, des poules. En chocolat. Praliné. Ou nougatine. Normalement. Ça devait se passer ainsi. Comme pour bon nombre.
En fait, j’ai pris un gros coup de tocsin. Pas en chocolat.
Un vrai, en fonte. Ou en acier zingué.
Bref, un truc bien dur. Qui fait bien mal. Lorsqu’on tombe dessus.
J’ai eu de la chance. Une chance insolente. J’aurai pu voir des étoiles. Ou les rejoindre. Définitivement. Mais, je ne sais pas vraiment qui, ne l’a pas voulu. Décidé. Choisi.
Moi non plus, d’ailleurs. Depuis j’y pense constamment. Un pas de trop. Un pas de travers. Et tout peut basculer. Là, non.
Je le sais. Je ne peux pas l’oublier. Ma chair meurtrie me le rappelle à chaque pas. Meurtrie du côté du cœur. Curieux. Car de ce côté-là tout va vraiment très bien.
Sans doute pour que ça me touche. Dans tous les sens du terme.
Pour que je sache. Qu’à chaque instant, tout peut s’arrêter. Tout peut s’éteindre.
Savoir apprécier ce cadeau extraordinaire.
Vivre, aimer, rire, pleurer, jouir…
On finit par s’y habituer. Ça n’a pourtant rien d’une routine.
C’est une offrande exceptionnelle.
Il y avait eu un signe avant-coureur. Peu de temps auparavant.
Un week-end. Plusieurs jours même. Passés ensemble.
À vivre. S’aimer. Rire. Pleurer. Jouir.
Ça n’était pas prévu. Mais elle a voulu rester avec moi. Je n’ai rien montré. J’avais pourtant les yeux tout embués. De l’intérieur. Touché cette fois-ci. Du côté cœur.
Vraiment touché. Mais pas coulé.
Donc, pas d’œufs, pas de cloches. Ni lapins. Ni poules.
Ça ne fait rien. J’avais les yeux ouverts.
Pour voir qu’ils n’étaient pas là.
C’est pourquoi j’aime bien Pâques.
Mais pas que…

« Le cadeau qui a le plus de valeur ne peut être que celui qui n’a pas de prix »

Léo Myself

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En terrasse…

Ça donne envie. Ce temps. Ça donne envie.
De jupes légères. De décolletés généreux. De sourires halés. De muscles saillants sous les T-shirts.
Ça donne envie.
De partage. D’échanges. D’apéro sans fin. Sans soif. Juste pour le plaisir. Ça donne envie de refaire le monde. De soirées qui s’éternisent. De regards qui ne se quittent plus. De baisers qui ne se séparent plus.
Ça donne envie. De parler. De tout. De rien. De congruence, pourquoi pas…
Ça donne envie. Que la vie soit ainsi. Passée en terrasse. À boire des coups. À rire à gorge déployée. À voir. À sentir. Ressentir. Espérer. La douceur du printemps. Qu’elle se prolonge de la sorte. Jusqu’à l’été.
En terrasse. Acteur et spectateur de ce théâtre enivrant. Où chacun cherche à séduire. Autant l’autre que tous les autres. Pour se sentir exister. Pleinement.
Même si ce n’est qu’un théâtre.
Ça donne envie. Parce que ce lieu n’est ce qu’il est que par ceux (et celles) qui le remplissent. Qui en font cet espace de vie commune. Où seul compte ce qui se partage.
Avec elle.
Ça donne envie. D’aller la rejoindre. De s’approcher. De se coller. D’entendre nos mains se chercher. Se rapprocher. S’entrelacer.
Ça donne envie. D’être en terrasse. De rêver.
Que le monde soit une immense terrasse.
Où tout le monde aimerait se rencontrer.
Se retrouver.
S’aimer.
Le monde irait peut-être mieux.
S’il n’était qu’une terrasse…

« Les terrasses sont comme notre peau. Le soleil les effleure, elles frémissent. Une caresse s’y échange, elles s’embrasent. Un baiser s’y dépose, elles se pâment… »
Léo Myself

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Top secret

Caché. Clandestin. Mystérieux. Dissimulé. Impénétrable. Furtif. Insaisissable. Tout cela. Il est tout cela. Dans un climat de confiance totale, il fait pétiller notre imagination. Pimente notre existence. Pose les couleurs de la surprise sur notre quotidien.
Qu’il soit léger ou profond. Il provoque une excitation particulière. Jusqu’à ce qu’on le découvre.
Il peut aussi être lourd. De sens. De conséquences. Ce qu’il tait nous dit beaucoup. Sur la distance qui nous sépare. Sur l’incapacité à croire. En l’autre. En ce qui existe entre nous. Ce que nous croyons qu’il existe. Ses bulles se révèlent alors indigestes. Difficiles à avaler. Elles nous empoisonnent lentement. Posant trop de questions Pour qu’il n’y en ait pas au moins une qui soit fondée. C’est ce qu’on se prend à penser. Lorsqu’on est contaminé.
Cette terra incognita qu’il expose soudain à nos yeux nous paraît alors le lieu de tous les fantasmes. De toutes les peurs. De toutes les appréhensions.
Il vaut mieux ne pas savoir, alors. Que de savoir. Qu’on ne sait pas.
Il vaut mieux ne pas en connaître l’existence.
Car il y a une grande différence.
Entre un secret dont on ignore tout et un secret dont on dit qu’on ne nous en dira rien.
Une grande différence.
Mais je ne peux pas vous en parler.
C’est un secret.

« Chacun d’entre nous à sa part d’ombre. Mais il n’y a jamais d’ombre s’il n’y a pas de lumière »
Léo Myself

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L’habitude

L’HABITUDE

C’est comme un vieux vêtement. Trop longtemps porté. Même plus une seconde peau. À force d’y avoir pris ses marques. Trop grand. Trop distendu. Plus aucune gêne. Ni de plaisir.
C’est comme habiter quelque part. Depuis des lustres. On ne fait plus attention à rien. On y a ses repères. Certes. Mais plus d’étonnement. Ni de joie.
C’est confortable. Seulement confortable.
L’habitude. Les habitudes. Un lent chloroforme. Qui anesthésie notre existence. Efface la crainte. De la surprise. De l’inattendu. Endort la douleur. La douleur de quoi, d’ailleurs ? De ce qui pourrait arriver de nouveau ? Le pire n’est jamais certain !
Mise en sommeil de tout ce qui nous tient éveillés. De tout ce qui nous garde émerveillés.
Je n’ai pas envie de vivre dans ce coton. Ce cocon. Doux, moelleux, certes. Qui va finir par me rendre, moi aussi, moelleux et doux. Moelleux/doux. Mou, quoi…
J’aime que la vie me gratte la curiosité, que chaque rencontre me démange l’envie de bonheur, que chaque matin je puisse être heureux de voir ce que je n’ai pas prévu, de sentir ce que je n’ai pas pressenti.
J’aime que la vie me gêne aux entournures de mon ego. Qu’elle assaille d’incertitudes mon imagination. Qu’elle me donne l’impression que chaque jour tout est possible. Y compris l’impossible. Surtout l’impossible.
J’aime ne pas me sentir à l’étroit. Ou trop au large.
J’aime le lever du soleil, parce que je ne sais jamais à quoi il va ressembler. Ça me fait rêver.
J’aime le coucher du soleil, car j’ignore ce que sera la nuit. Et quels seront mes rêves.
J’aime pouvoir me réveiller aux côtés de celle que j’aime et la regarder comme si c’était la première fois. La trouver aussi belle. Que la première fois. Plus belle, même.
J’aime cette glorieuse incertitude du sort.
C’est le sel de la vie.
Qui lui donne un tel goût…

« Je m’attache à ne pas céder au confort des habitudes. Ce n’est pas toujours facile mais je m’y habitue…» 

 Léo Myself

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