Il est arrivé

Je sais. C ‘était il y a 3 ou 4 jours. Mais mon changement d’humeur date de ce moment là. Alors c’est important.
De toute façon c’était important. Pour tellement de monde.
« Il est arrivé », « il est arrivé ».
Le leitmoitiv général. Dans tous les estaminets. De France, de Navarre. Et d’ailleurs.
Le beaujolais nouveau est arrivé.
Beaujolais. Drôle de mot.
Qui commence si bien et se termine si mal.
Cette année, aura-t-il goût de banane ? Je trouve surtout qu’il a une saveur de kiwi macéré dans du vinaigre. J’en prends un verre pour concéder à la tradition et je passe à autre chose.
Je pourrai opter pour une coupe de champagne.
J’ai quelque chose à fêter.
Pas des retrouvailles.  Les retrouvailles, c’est quand on s’est perdu. De vue. D’âme.
Plutôt une évidence. Que, malgré les vicissitudes de l’existence, les coups de gueules et les coups de cœurs, il y a des liens qui résistent à tout.  Selon les circonstances, ils se resserrent ou se distendent, mais ils sont les nœuds qui nous attachent à ce que la vie a de plus précieux : l’autre.
Ce soir-là, l’opération marketing était du côté des producteurs de ce pinard sans grand intérêt – qu’il sente la banane ou renifle la framboise.
En revanche, la fête était de mon côté.
Égoïstement.
Savoureusement.
Et la banane était pour moi.

« Ils sont tous si excités parce que le beaujolais nouveau est arrivé alors que, moi, c’est simplement parce que la belle jolie est revenue »
Léo Myself

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Oversize

Les grandes oreilles de la NSA. Qui écoutent nos conversations. Les gros yeux de François Hollande. À Barack Obama. L’énorme ouragan Raymond. Qui menace le Mexique. L’immenses succès commercial du film Gravity. Le profond décolleté de Shy’m. Qui affole les téléspectateurs. L’omniprésence de Léonarda dans tous les médias…
Grand, gros, énorme, immense, omniprésent…un début de semaine qui se conjugue au superlatif. À croire que plus rien ne nous intéresse. Si ce n’est pas toujours plus, plus, plus, plus…
Le baron de Coubertin doit sourire. Plus vite, plus haut, plus fort dit la devise des JO.
Aujourd’hui, les Jeux Olympiques c’est tous les jours !
Nous sommes tous des champions. De l’info sensationnelle. Du scoop frissonnant. De la news incroyable.
Sans ça, on finirait presque par ne plus se sentir exister.
Avec une vie juste ordinaire. Où l’on ne bat aucun record.
Quoi que.
Tenir un mois avec 433,75 € (RSA), un sacré marathon, non ?
Prendre les hausses fiscales comme autant de crochets du droit (ou du gauche selon ses opinions politiques…), faut les encaisser, pas vrai ?
Et les ippon sociaux qui, tous les 4 matins, laissent sur le tatami du profit des centaines, des milliers de combattants du quotidien ? Mieux vaut être 5ème dan de l’optimisme pour y résister…
Vedettes extraordinéphémères du JT ou athlètes de l’ombre et du quotidien ?
Je me dis qu’il y a des coups de pieds de nez qui se perdent. Et des projecteurs qui se trompent de cibles.
C’est pourquoi je décerne une médaille d’or à toutes celles et tous ceux qui ne flambent pas sur les podiums médiatiques de l’instantané. Mais qui font vivre, chaque jour, la flamme d’un présent à portée de main.
À taille humaine.
Celle du cœur.

« La juste dimension du présent, c’est pouvoir rêver le futur en grand »
Léo Myself

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La piscine

Maillot. Bonnet. Pas très seyant, mais obligatoire. Lunettes. Pour faire le mec qui n’est pas là pour rigoler.
Mais pour nager. Sérieusement.
J’adore la piscine.
Un plouf et tout devient fluide.
J’y noie mes peines. J’y dilue mes soucis. L’œil rivé sur la ligne de fond, je ne pense à rien d’autre. Qu’aux 25 m qu’il me reste à faire. Encore. Et encore. Glisser dans l’eau. Faire des longueurs. Jusqu’à plus soif. Ne plus entendre que le battement de mon cœur, le rythme de mon souffle.
Flotter.
J’aime cette sensation. Me retrouver. Hors du temps. Hors du monde. À l’écoute de mes seules sensations. Concentré sur ce que je dois faire. Pour que l’eau continue à me porter. Sans m’engloutir. Comme on voudrait que la vie le fasse.
Nous porter. Sans nous engloutir.
J’aime cette mise à nu. Dénudé. Sans fard. Sans artifice.
Peu importe le regard des autres. Seul compte ce que je vois.
Et je vois juste un homme qui agite ses jambes, ses bras pour ne pas sombrer, pour avancer. Encore. Et encore.
Je vois juste un homme en suspension.
La tête émergeant à la surface. Respirer.
Puis sous l’eau. Oublier.
Se retrouver. Face à sa seule vérité. Comme au premier jour.
Comme un nouveau baptême.
Renaître. Lavé. Des scories de la vie.
Débarrassé de tout ce qui l’encombre, l’embarrasse, l’alourdit.
Je me sens léger. Je me sens bien.
À nouveau maître de mon destin.
De ce que je veux vivre. Ou ne plus vivre.
Maître.
Maître-nageur.

« La vérité, comme la beauté, est dans l’œil de celui qui la regarde »
Léo Myself

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Bonne nouvelle

La pluie et le beau temps. Je voulais vous en parler.
Ça tombait bien.
Après les ondées de ce matin, un beau soleil annonce une agréable fin de semaine. Ciel dégagé, températures en hausse. De quoi prolonger l’été le temps du week-end.
Températures en hausse. Oui. Mais pas là où il faudrait.
Fukushima. C’est du passé. C’est ce qu’on croit.
Qu’on veut nous faire croire.
Une info attrapée sur la toile. Et le sujet nous rattrape.
Une info qui refroidit.
Deux, trois mois. Et si rien n’est fait d’ici là, les 1300 barres de combustible irradié de la piscine Unité 4 pourraient cracher dans l’océan 15000 fois plus de rayonnement qu’à Hiroshima.
J’en vois déjà qui se disent que c’est loin. De nous.
Donc pas vraiment préoccupant
Les dinosaures qui se trouvaient à l’opposé de l’impact météorique il y a quelques 66 millions d’années pensaient sans doute la même chose.
À quoi bon invoquer la folie des hommes, la course effrénée au profit, l’inconséquence des décideurs, l’incurie des apprentis sorciers… Ça ne changera rien.
Seule une prise en charge mondiale coordonnée, désintéressée (financièrement s’entend) et volontariste semble susceptible d’apporter une éventuelle solution.
Pas gagné.
Le soleil de ce matin est toujours là.
Jusqu’à quand ?
Ne va-t-il pas nous jouer un tour de con, lui aussi ?
Il est encore plus loin de nous que Fukushima.
Deux, trois mois, c’est loin aussi.
Avec un peu de chance, on aura droit à trois mois.
Histoire de passer Noël et le Jour de l’An tranquille.
Ça c’est une bonne nouvelle.

« Ce n’est pas parce que les choses sont impossibles que nous n’y croyons pas, c’est parce que nous n’y croyons pas qu’elles sont impossibles »
Léo Myself (d’après Sénèque)

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La cour des cons

Pas forcément passionnant. Mais très instructif.
La lecture du rapport de la Cour des Comptes. On y apprend énormément.
Que les collectivités territoriales (mairies, communautés de communes, département, région) voient leurs budgets exploser depuis plusieurs décennies.
Raison principale ? Les frais de personnel qui progressent 3 fois plus que l’inflation. Mieux payés ou plus nombreux ? Les deux ? Les impôts locaux suivent la même évolution, bien sûr.
Et le service au contribuable, en va-t-il de même ?
Je me dis parfois que nos édiles mériteraient une bonne fessée cul nul… Ah, non, c’est vrai, ça coûte 500 € désormais. J’aurais pu me faire un joli pactole quand j’étais enfant…
Peu importe, soyons optimistes, je peux continuer à utiliser mon smartphone sans craindre pour ma santé. C’est l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) qui nous le dit. Doit-on davantage la croire ? Que les historiques déclarations sur le sang contaminé. Ou sur le nuage de Tchernobyl  miraculeusement stoppé à la frontière franco-allemande. Nos douaniers sont balèzes, rien à voir, circulez !
Pendant ce temps-là, en Birmanie, une touriste américaine est blessée dans l’explosion d’un hôtel à Rangoon. Bon, ouf, ce n’est pas une française, tout va bien.
Vous ne connaissez personne qui se rende là-bas dans les mois à venir ?…
De toute façon, ça pète à peu partout dans le monde, alors…
Alors. Qu’y faire. Rien.
Ou se bouger quand même un peu le cul. Quitte à prendre une fessée de temps à autre.
À force de rester les bras croisés, les yeux fermés et les oreilles bouchées, j’ai l’impression que notre vie se rétrécit au même rythme que notre liberté.
Une belle et grande idée. La liberté.
J’ai grandi dans l’idée que la France jouait dans la cour des grands.
Aujourd’hui rien n’a changé.
Pas grand chose.
On joue toujours dans la cour.
La cour des cons

« Un concerné n’est pas forcément un imbécile en état de siège »
Pierre Dac

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Au nom du non

Nom de nom ! Incroyable. Qu’il m’ait fallu autant de temps. Pour prendre conscience du pouvoir infini de ce tout petit mot. Trois lettres. NON.
Non, je ne t’aime plus. Non, je n’ai pas envie. Non, tu n’auras pas d’augmentation. Non, je ne peux pas faire plus. Non, la croissance n’est pas là. Non, c’est cassé et sans espoir de réparation. Non, les impôts ne diminueront pas cette année. Non, le gouvernement n’y peut rien. Non, les miracles n’existent pas. Pas plus que le Père Noël.
Non, non, non.
À tout ce qui précède, j’ai beau dire oui. Trois fois oui.
Je n’y change rien.
Le pouvoir de dire non est bien plus fort. Que celui de dire oui.
Parce qu’il a des effets concrets. Immédiats. Tangibles. Irréversibles.
Le oui, non.
Le oui si solennel prononcé devant le maire n’a jamais la certitude d’une existence durable. À tout moment il peut être réduit à néant par le non (je ne veux plus vivre avec toi) éructé devant le juge.
Quant au oui du scrutin, l’est-il vraiment, sincèrement ? N’est-il pas plutôt un non (à l’autre) sournoisement déguisé en une parodie de choix ? De toute façon, il ne vit que le temps d’un mandat électoral…et encore !
Tous les non s’imposent à nous. Nous imposent ce que nous ne voulons pas. Sans espoir de recours ou de négociation.
Nous ne pouvons rien y faire. Nous ne pouvions rien y faire.
Car je lance officiellement, aujourd’hui, le Mouvement de Libération du OUI.
Qu’il soit désormais l’égal du non dans les effets sur notre vie.
Qu’il cesse d’en accepter les diktats impératifs.
Qu’il le renvoie à ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.
Une alternative. Rien de plus.
Nous serons très vite très nombreux à rejoindre ce mouvement.
Je le crois profondément.
Oui, oui

« Il ne faudrait pas s’imaginer que pour cesser d’être un béni oui-oui il suffit de devenir un maudit non-non »
Léo Myself

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Un signe

Tout doucement. Sans bruit.
Elle a glissé du toit. Ce matin.
S’est fracassée à mes pieds.
La tuile.
Je ne l’ai pas prise sur la gueule. De peu. Très peu.
L’instant d’avant j’avais fait un léger pas de côté.
Pour attraper mon smartphone posé sur la table de la terrasse.
J’avais cru l’entendre vibrer. Appel entrant. Mais non.
Illusion auditive ? Illusion tout court.
Qui m’a sauvé néanmoins.
Je n’attendais pas d’appel. J’en espérais un. Peut-être.
C’est un signe. Sûrement. Qu’on ne peut ignorer.
Curieux quand même.
D’habitude c’est une présence qui nous réconforte.
Là, c’est une absence qui m’a été salutaire.
D’accord, parce que j’ai cru, l’espace d’un instant, qu’elle allait prendre fin.
Parce que mon cœur a entendu ce que mon oreille ne percevait pas.
Illusion, croyance, espoir. Peu importe. Ça m’a évité le pire.
Je me prends à l’aimer. Cette absence.
Je me surprends à la faire durer. Pour mieux apprécier.
Le jour où elle cessera.
Je vais monter sur le toit. Remplacer cette tuile.
Elle ou une autre me retombera dessus. Un jour.
Peut-être.
Je l’éviterai à nouveau.
Peut-être.
C’est ainsi.
C’est un signe.

« L’absence est comme tous les remèdes : elle vous fortifie si vous ne dépassez pas la dose prescrite »
Léo Myself

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