Bleu…

Bleu. Aujourd’hui tout est bleu.
Le ciel bien sûr (profitons-en, ça ne va pas durer), Gasquet qui se qualifie pour la demi-finale sur les courts bleus de l’US Open (pareil…), au basket l’équipe nationale qui prend un sacré bleu au moral et les footeux qui doivent, demain, faire honneur à leur maillot bleu face à la Géorgie…
Donc tout est bleu. On voudrait bien le croire.
Qu’il est possible de tout peindre en bleu.
Mais le gris de la crise ne se maquille pas facilement. Ni le rouge du sang qui coule à flots un peu partout dans le monde. Ni le noir des temps à venir pour bon nombre.
Pourtant j’y crois.
Qu’on peut colorier la vie avec de belles couleurs : imagination, conviction, partage, peuvent dessiner un bel arc-en-ciel d’espoir.
Faut juste se retourner les manches du cœur et gommer les tâches d’injustice sans oublier les bavures d’inégalité…
Un gros chantier, je sais.
Qui exige de l’expérience et du savoir-faire.
Mais je ne suis pas un bleu.

« La vie c’est comme le billard. Avec un bon coup de bleu, on a plus de chances de gagner la partie. »

 Léo Myself

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La page blanche et l’encrier

C’était une page. Une page blanche. Du moins tout le laissait penser. L’encrier, lui, le croyait vraiment. Comme il croyait, aussi, ne plus avoir rien à dire. Ou plutôt à écrire. Il se sentait sec, tari, désespérément aride. Jusqu’à ce qu’il se retrouve face à cette page. Blanche. Ou presque. Un petit bruit de papier froissé lui avait laissé entendre qu’elle espérait peut-être un simple trait de plume pour prendre son envol. Vers un nouveau chapître où les mots sont d’émotion et les lettres perdent l’entête… L’encrier en était tout retourné. C’est comme ça qu’il vit une infime goutte d’encre, presqu’invisible, perler de son côté et caresser le bord de la page… Elle ne se tourna pas et lui fit même signe de ne pas s’interrompre. Il ne s’en rendit pas compte mais, submergé par l’émotion, des larmes l’inondaient de l’intérieur et, gonflée par ces flots, la goutte devint vite un océan de phrases qui ne demandaient qu’à prendre le large… Elle s’en mélangea les lignes dans les petits carreaux, se prit les pieds dans la marge et fut tentée de se mettre entre guillemets plutôt que d’y poser un point final… Mais elle prit soin de ne pas refermer la parenthèse. Elle la remplit même de tout un tas de points (d’exclamation, d’interrogation, de suspension…) qui ne se mettaient pas sur les i. Mais qui valaient bien des hauts. Et qui se jouaient des bas.
Et depuis, le petit encrier écrit à en perdre haleine, écrit l’amour et non la haine, écrit sans doute, écrit sans peine, écrit une fois pour toutes ce qu’il aime.

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Le Pigeon

Pour une fois, toutes les prévisions concordent. « Temps exceptionnel », « record battu pour un mois de septembre », « la plus belle journée de la rentrée »…
Bref, aujourd’hui il va faire très beau et très chaud.
Ce n’est pourtant pas ce qui me préoccupe le plus.
C’est davantage la merde.
La merde du pigeon qui m’a chié dessus hier soir. Une sorte de pigeon domestique assez sympathique au demeurant…qui m’a chié dessus quand même. Pas si grave, finalement, un tour au lave-linge et le souvenir de cet événement aura disparu.
Au moment même où mon dos recevait cette fiente de columbidé, j’apprenais la disparition de Valérie Benguigui.
Elle, c’est le crabe qui venait de lui chier dessus.
Définitivement.
Il y a quelques jours, j’avais revu Le Prénom, film qui lui avait valu le César du meilleur second rôle.
Ça n’a pourtant rien empêché. Pas de lave-linge pour elle.
Ça me rend un peu triste (je ne la connaissais pas mais j’aimais bien la comédienne), songeur aussi.
Et pour tout dire assez reconnaissant.
Envers le pigeon.
De m’avoir chié dessus.
Parce que tant que ça m’arrive c’est que je suis vivant.
Et la vie est belle.

« Qu’une merde puisse encore me tomber dessus, c’est le plus beau cadeau que la vie puisse me faire. »

Léo Myself

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Un parfum…

Comme chaque matin, café/clope sur ma terrasse. Mais aujourd’hui, c’est différent.
Un étrange parfum flotte autour de moi.
Pas un parfum de femme.
Non, un parfum de fleur. Je ne suis pas très calé de ce côté là, pourtant ca ressemble à celui du géranium…
Ce n’était donc pas un rêve. Cette visite nocturne aussi inattendue que bienvenue.
Ces rires et ces sourires, cette discussion à cœurs ouverts, comme tant d’autres, cette proximité, ce bien-être qui nous enveloppaient de la même façon que ce parfum.
Pas son parfum. Juste celui d’un flacon d’huiles essentielles qu’elle a brisé sur le sol.
Pour laisser une trace. Pour que j’y pense. Que je n’oublie pas.
Que tous ces moments passés ensemble nous sont précieux.
Qu’ils ne s’effacent pas mais nous accompagnent dans chacune des journées passées l’un sans l’autre.
Comme ce parfum.
C’est con, une nuit, écrivais-je hier.
Oui.
Mais parfois, un parfum de magie s’en empare.

«  Un parfum c’est bien plus qu’une senteur. C’est l’effluve de nos sentiments.  »

Léo Myself

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La nuit

C’est con. Une nuit.
Où tout bascule. Sans vraiment comprendre pourquoi.
D’un seul coup, plus d’étoiles, plus de lune. Seulement un amoncellement de nuages.
Venus de nulle part. C’est bien ça le plus chiant. De nulle part.
Les prévisions météo ne l’avaient pas annoncé.
Si ça l’avait été, on aurait pu se préparer.
Pour ne pas être aussi démuni. Aussi désemparé.
C’est con. Une nuit.
Lorsqu’on n’arrive pas à trouver le sommeil.
Qu’on se pose mille questions qui restent sans réponse.
Mille questions qui finissent par peupler la nuit comme autant d’étoiles.
Des étoiles qui ne brillent pas.
Des étoiles qui s’éteignent. Quand vient le jour.
Le jour, le ciel.
Le soleil. Plein la gueule.
De l’herbe sous les pieds.
Un arbre où s’adosser. Se reposer. Se ressourcer.
Pour recommencer. Et oublier la nuit.
Parce que c’est con.
Une nuit.

« La nuit, le jour, une certitude. Ça ne dure pas plus que ce que ça doit durer.» 

 Léo Myself

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La rentrée…

Ça y est. Il suffit d’être le 1er septembre et tout change. C’est ce qu’on veut nous faire croire, en tout cas. Rentrée des classes, augmentations de tout poil, ultimes bouchons sur les routes des vacances, fin de ces dernières, plus de météo des plages…
Merde ! À la Saint Aristide tout est splendide mais quand c’est la saint Gilles plus rien n’est facile ???!!!
En une  nuit, la plupart se sent obligée de dire adieu à la béatitude balnéaire la plus absolue et, les yeux battus, la mine triste et les joues blêmes (licence poétique, la majorité étant grillée comme un toast) se voit contrainte d’aborder ce nouveau mois comme si c’était l’entrée du purgatoire (pour les croyants, pour les autres l’entrée d’un poste de police, par exemple, serait plus évocateur…).
Re-merde ! Pourtant, le soleil brille, les filles sont belles et les garçons aussi, les terrasses de café sont toujours aussi accueillantes et la légèreté de l’instant ne semble pas avoir repris le chemin de l’école…
L’été est encore là pour plusieurs semaines.
Pas beaucoup plus.
C’est pour ça qu’il y croit si fort.
Que c’est toujours un peu les vacances.
Je suis d’accord avec lui.

« On n’a jamais autant besoin de vacances que lorsqu’on en revient »
Ann Landers

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Le plus beau jour….

Certes, il y a des jours avec et des jours sans.
Mais quoi qu’il advienne, c’est toujours, pour moi, une belle journée.
Parce qu’elle est annonciatrice d’un lendemain. Et finalement, c’est ça qui compte, non ?
Qu’il y ait un lendemain. C’est bien cette perspective qui nous fait accueillir chaque jour tel qu’il est.
Qu’il soit avec ou sans. Peu importe.
L’essentiel, c’est qu’il soit là, qu’on puisse le vivre, qu’il soit anodin ou déterminant, insipide ou savoureux, terne ou lumineux…
Alors, cessons de grincher après le temps qu’il fait, qu’il ne fait pas, qu’il pourrait faire.
On n’y peut rien de toute façon.
Si, on peut s’en foutre.
Ou plutôt décider que le soleil, le ciel bleu, c’est avant tout en nous qu’ils résident.
Dans notre capacité à être convaincu que les basses pressions ne tiennent jamais vraiment bien longtemps face aux forces anticycloniques dont la vie nous fait présent dès notre naissance.
Être conscient de cette chance inestimable.
Ne jamais la gâcher en pensant qu’il fait meilleur autre part, autrement, avec d’autres gens.
Aujourd’hui est une belle journée.
Demain aussi.
À nous d’en décider.

« Chaque jour est le plus beau jour de ma vie. Parce qu’un jour il n’y en aura tout simplement plus ».

Léo Myself

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