Marche arrière…

« Bof, bof, bof » nous dit le ciel qui compatit à grosses larmes à la misère du monde…
Sachant qu’après la pluie vient forcément le beau temps, cette perspective doit nous permettre de ne pas nous soucier du ciel d’aujourd’hui.
Car nous n’y pouvons rien.
Il s’impose à nous.
Comme tant de réalités de notre existence.
Mais peut-être pouvons-nous faire que, demain, la météo ne soit pas la même.
À condition d’y croire et de faire en sorte.
D’y croire et d’agir.
À chacun de trouver propre motivation, à chacun de trouver ses raisons d’avancer.
Ne pas avancer c’est faire du surplace.
Et courir le risque de passer en marche arrière.

« Point n’est besoin  d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »
Guillaume d’Orange

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Le bonheur…

Aujourd’hui c’est jeudi et, donc, ce soir c’est apéro !
Hé oui, depuis La Vie Est Un Long Fleuve Tranquille il y du changement !
Ce n’est plus « c’est lundi c’est ravioli » mais « c’est jeudi c’est apéri (oui, car il y en a toujours plusieurs et le pluriel d’apero c’est bien sûr aperi !…) »
Une suggestion de cocktail histoire de changer du sempiternel rosé ou pastis ?
Prenez 2 mesures de plaisir, 4 de gaîté -relevée d’un trait d’humour, ajoutez 2 doigts d’esprit festif, mélangez, un zeste d’écoute, passer délicatement au shaker, décorez avec l’amour de votre choix… Et dégustez « Le Bonheur », sans aucune modération !
Bons aperi à tous(tes) !

« Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre. »
Paul Éluard

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Lutter…

L’air bien frais nous rappelle que l’hiver approche à grands pas.
Normal.
Ce qui l’est moins c’est de voir cette saison toucher tant de personnes depuis un bout de temps sans véritable perspective de printemps… Chômage en hausse, Restos du Cœur de plus en plus sollicités, population grecque soumise à un gel constant de ses revenus, climat de rigueur et ciel bas pour tout le monde…
Que faire ? Espérer ? Peut-être… Se battre ? Sûrement !
Même si le cœur des hommes ne semble plus faire battre celui de l’humanité, ne plus y croire c’est accepter l’inacceptable.
J’ai toujours espéré.
Je me suis toujours accroché.
Et j’ai décroché, non pas la lune, mais ce Petit Nuage (dont je parlais hier) qui a si soudainement éclairci mon horizon.
Pourquoi pas vous ?

« Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite »
Bertolt Brecht

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Petit Nuage…

Baromètre bloqué, thermomètre brisé, une bourrasque insistante et beaucoup trop de basses pressions…
Voilà les raisons de mon absence prolongée.
Je reviens, résolument décidé à ne plus me congédier de mon propre bulletin quotidien.
Parce que si la météo du dehors est de saison – et je ne parle pas du début de gros temps à l’UMP, ni des averses de morosité du gouvernement, ni de la Zlatan-dépendance du ciel footballistique Parisien, ni de la dépression Mital, ni de l’élévation de température du désaroi général – ce qui compte vraiment, c’est bien la météo intérieure…
Depuis que j’ai croisé la douce démbulation d’un joli petit nuage, je navigue avec lui et je n’ai pas l’intention d’en descendre de si tôt.
Les prochains billets seront donc très ensoleillés.
De toute façon.
Et je ferai tout pour que ce soit contagieux.

« Donner est un plaisir plus durable que recevoir. Car celui des deux qui donne est celui qui se souvient le plus longtemps »
Chamfort

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CHAPITRE 5 : LE FOND

Ça y est
Le fond. Je touche le fond.
Le fond de cet abîme où a plongé ma vie.
En deux, trois ans, pas plus. Deux, trois ans, ça suffit.
Pour passer du ciel à l’enfer. Pour que tout se mette à l’envers.
Drôle d’endroit pour me le dire. Debout, les bras ballants. Sur le trottoir.
Devant ce qui fut chez moi. Sur le trottoir. Littéralement.
Plus de toit. Plus de moi.
Plus de nous, non plus.
Mais, ça, je ne le sais pas encore.
Plus de toit. Plus de murs. Plus de chambre, de salon, de salle-à-manger.
De toute façon, il n’y a plus à manger. Ni à ranger. Encore moins à déranger.
Il y a tout à changer, par contre. Contre qui, contre quoi ? Contre le monde ?
Contre tout ce qui ne va pas comme je le voudrais ?
Comme il le faudrait ?
Que faudrait-il ?
En fait.
Pour stopper ce raz-de-marée qui m’envahit, qui me submerge.
Jusqu’à l’écœurement. Jusqu’à l’écroulement.
De mes illusions. Si longtemps sous perfusion.
Désormais perdues, envolées, évaporées.
Kidnappées, torturées, achevées.
Ensevelies, enfouies. Enfuies.
Tellement loin que je ne pourrais pas les rattraper.
Si je le voulais. Si seulement je le voulais.
Si seulement je savais ce que je voulais.
Je suis loin – comme mes illusions – de savoir.
Très loin. De savoir que ce n’est rien.
Pour le moment.
Ou presque rien.
Pas rien comme le vide.
Rien, comme ce qui ne vous concerne pas vraiment.
Pas encore.
C’est pour cette raison, sans doute, qu’on dit « rien ».
De ce qui est, mais qui ne suffit pas.
À exister à nos yeux. Pas tout à fait.
Pas tout de suite.
Rien.
À côté de ce qui va se produire
Qui va vider ma vie. Qui va me vider de ma vie. Qui va me condamner.
Sans m’avoir jugé. Sans m’avoir entendu. Sans m’être défendu.
Me condamner. Deux fois. Me bannir.
Deux fois.
De la vie. Et de ma vie.
Comment ? Comment en arriver là ?
Sur ce trottoir. Sans toit. Cent fois je me pose cette question.
Pas de réponse. Pas là. Pas maintenant. Plus tard. Peut-être. Plus tard.
Qu’est-ce que je peux être ?
Qu’est-ce que je veux être ?
Je ne le sais pas.
Mais je le suis déjà. Pour les autres. Pour tant d’autres. Pour une autre.
Je le suis déjà.
Une ombre, un reflet, un écho. Un souvenir.
Une vague sensation encore assez agréable.
Puis, très vite, il n’y aura même plus le souvenir de la sensation.
Ni la sensation du souvenir. Ni souvenir, ni sensation.
Rien. Un vrai rien, tout plein d’un vide bien creux.
Mais j’anticipe, je prends de l’avance.
Pour moi, ce n’est pas arrivé. C’est arrivé mais seuls les autres le savent. Pas moi.
Je dois être patient. Patient à en être malade. Malade d’attendre. D’espérer.
Que ce qui doit arriver ait finalement du retard.
Tellement de retard que ça n’arrivera peut-être jamais.
Les illusions ne sont pas si loin. Certaines en tout cas.
Celles qui nous laissent rêver. Qui nous laissent croire.
Qu’à force de rêver le monde, le monde peut devenir un rêve.
Suis-je sûr ? Qu’elles sont encore là.
Suis-je sûr ? Que ce ne sont pas, justement, les plus belles – les pires – des illusions. Celles auxquelles je crois.
Auxquelles je veux croire.
Celles qui parviennent à m’y faire croire.
Parce que, malgré le retard, ÇA finit toujours par arriver.
Par nous arriver. Dans la gueule, dans le cœur, dans la chair.
Dans la moindre de nos particules.
Élémentaire.
Dans la plus minuscule de nos fibres. Pas un seul de nos poils ne peut y échapper.
ÇA arrive.
Et ÇA emporte tout. Nos bonheurs. Nos espoirs. Nos convictions.
Notre présent. Notre avenir. Notre passé, aussi.
Grand coup de balai. Qui nettoie tout. Comme si, avant, c’était sale.
C’était sale.
Je ne le sais pas non plus. Les autres, oui. Encore un coup d’avance.
Décidément je suis à la traîne.
À la remorque de ma propre histoire.
Sale, propre.
Tout n’est-il qu’une question d’hygiène ? D’hygiène de vie ? De gène ? De vue ?
De point de vue ? Ou d’éclairage ?
Qui sait à quoi ressemble notre vie selon d’où on l’observe.
Quel est le bon angle ?
Le bon cadrage ?
La bonne lumière ?
Je ne peux pas.
Répondre. Je ne sais pas.
Tout ne m’est pas arrivé. Pas encore.
Il faut attendre. M’accompagner.
Suivre ma démarche. Hésitante, maladroite, chaotique. Parfois un peu trop rapide.
Il faut m’emboîter le pas. Y mettre les siens. Ne pas avoir peur.
D’où ils peuvent conduire. D’où je suis parti.
D’un sourire.
D’un chuchotement.
D’un presque rien.
Qui a pourtant tout changé.

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LA NOTICE DU MÉDICAMENT


Début de crève. Traitement immédiat obligatoire si je veux enrayer l’invasion des microbes.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais la boite de comprimés éveille soudain en moi une curiosité aussi inattendue qu’irrépressible : j’étudie dans le moindre détail le contenant cartonné, la plaque dans laquelle est serti, avec ses compagnons d’infortune, le cacheton que je vais avaler…et la notice !
Un roman qui s’étale sur plus ou moins 1 500 cm2 d’un papier quasi transparent à force de finesse. Un roman dont je ne comprends ni la composition, ni l’intrigue, ni les personnages, un roman sans vrai début et sans véritable fin.
En revanche, j’ai très bien saisi son partis-pris : foutre un maximum la trouille ! Conditions de délivrance, durée d’utilisation, précautions particulières de conservation, précautions d’emploi, contre-indications, effets secondaires possibles, effets indésirables, autres effets possibles
STOP !
Je veux juste enrayer un petit commencement de rhume.
Pas me retrouver couvert d’éruptions cutanées, submergé par des troubles intestinaux, m’endormir au volant, avoir la mémoire qui défaille, être en état de dépendance physique et psychique, devenir aveugle, sourd, faire des cauchemars à n’en plus dormir…
La notice peut d’ailleurs provoquer tout cela  sans même avoir pris une seule dose du médicament concerné : par son incapacité chronique à laisser la plaque de comprimés retrouver à nouveau sa place, après extraction initiale et première utilisation, dans la boîte en carton prévue à cet effet !
Elle fait de la résistance, la notice.
Pas pour nous pourrir la vie.
Non.
Parce qu’elle connaît les dangers de ces « innocents » cachets que nous nous efforçons, avec obstination, de ranger dans leur emplacement ad hoc.
Parce qu’ils sont tatoués avec détail, précision et en tout petits caractères sur son recto comme sur son verso…
Elle se plie en quatre, laisse exprès un de ses coins en désordre pour faire barrage, elle peut même aller jusqu’à se mettre en boule !
Juste pour qu’on fasse pareil…
En agissant ainsi, la notice du médicament ne cherche qu’à nous préserver.
Elle nous fait pas mal chier au passage mais c’est pour notre bien.
D’ailleurs je vais beaucoup mieux.
J’ai arrêter de me soigner.

Léo Myself, Bordeaux, pharmacie de garde, le 19/10/2012 à 23h27

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LE CARROUSEL DU JARDIN DES PLANTES

Au pied de la statue de Lamarck, je suis pris entre 2 spectacles.
Celui des quelques volatiles roucoulant et picorant les minuscules miettes qui s’échappent du cookie me tenant lieu de déjeuner.
Et celui des bipèdes au plumages chamarrés/fluos qui font le tour du Jardin des Plantes en foulées sportives.
Qui sont les vrais pigeons ?
Ceux qui guettent le touriste de base (comme moi) pour améliorer leur pitance quotidienne ? Ou celles et ceux qui, en guise de repas, courent après une (remise en) forme que le reste leur vie met à mal et que les diktats de la pub leur imposent comme modèle incontournable ?
Ce manège a quelque chose d’intriguant…
Durant toute son existence, on court, on galope, on sprinte.
Après la réussite aux exams, le succès professionnel, le fric, l’amour de sa vie (on le croit à plusieurs reprises d’ailleurs…),  la reconnaissance, les fins de mois, la jeunesse éternelle, le nouvel IPhone, IPad, IPod ou autre aïe-bidule qui fait toujours mal au compte en banque…
Et on passe le peu de temps libre disponible à courir pour tenter de ressembler à des pages de magazine…
Photoshop est pourtant bien plus efficace et bien moins fatiguant !

Plus je regarde ce carrousel continu, plus j’aime les pigeons.
Les vrais.
Qui s’empiffrent et s’en foutent.
De leur(s) forme(s).
Il est vrai qu’ils n’ont ni pub, ni media, ni modèle (de papier) glacé comme implacable exigence…

Bizarre.
Je me sens devenir pigeon.
Et ça me donne des ailes.

Léo Myself, le Jardin des Plantes, Paris le 2/10/2012 à 13:30

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