Rendez-vous !

C’était juste hier. En fin de journée. Un rendez-vous déterminant. Pour régler ce qui doit l’être. En sortant la tête haute. Le regard droit.
Humainement, situation insupportable. Trahi par les siens. Empoisonné par son sang. Poignardé par des mains aimées…
Rendez-vous. Ça peut résonner comme une injonction. Un ordre. Auquel on ne pourrait qu’obéir. C’est à ce moment précis que j’ai entendu. Une voix. Un souvenir.
Me rappeler. Que ce n’est pas le genre de la maison. Même si on y pense. On peut y penser. Ça laisse le temps. De savoir. Pourquoi on ne s’y résigne pas. On n’accepte pas. Les stratagèmes qui nous abusent. Les contre-vérités qui nous poussent à l’abandon. Les saletés qui masquent toute la beauté. De notre engagement. De nos actions.
Ce n’est pas pour rien. Si j’ai souvent choisi cette voie. Difficile. Raide. Épuisante, parfois. Sans tenir compte des risques éventuels.
On a des couilles ou pas ? À écouter certains dires, il semblerait… Pas le moment de les oublier. Nom de nom ! Tenir la position, riposter, défendre pied à pied, ne pas reculer. Même d’un cm. Un de perdu c’est dix à regagner.
C’est ce que disait mon militaire de père.
Même pas capitaine. Simple sous-off. Il a dû gagner quelques galons. Plus tard. Dans la réserve. Ça n’a rien changé. À sa détermination. Sa volonté. Son endurance.
Seul le crabe a pu l’abattre. Au terme d’un affrontement âpre, long, trop long.
Il m’a transmis une conviction. Ne jamais céder. Ne jamais entendre.
Si on me dit, un jour, « rendez-vous ! ».
C’est pour cette raison. Que je ne me rendrai jamais.
Y compris à l’évidence. Parce que c’est une danse avec le vide.
Je n’ai pas vécu la guerre.
J’ai connu des batailles.
Perdues quelques fois.
Gagnées de temps en temps.
Jamais désertées.
Il m’en reste encore certaines.
À livrer.
Mais aujourd’hui, c’est différent.
Très différent.
C’est moi.
Qui ais le choix des armes.
Du lieu. De l’heure.
De qui affronter.
Et comment.
Aujourd’hui, c’est moi.
Qui vais le fixer.
En définir les règles.
Du « rendez-vous ! »

« Dans une confrontation, réelle ou simulée, n’oubliez jamais 2 principes essentiels. Ne sous-estimez pas la motivation -quelle qu’elle soit- de l’autre, ni son opiniâtreté. De même, ne sous-estimez pas votre capacité à renverser l’issue de ce qui semble annoncé. Attendez-vous à tout. Acceptez tout. Sauf l’idée. De votre reddition. »
Léo Myself

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Les clés du paradis

Je ne m’y attendais pas. À ce qu’elles soient aussi…banales. Je les imaginais plus grandes. Plus brillantes. Plus majestueuses. J’ai fait vérifier par un pro, un homme de l’art.
Il m’a certifié qu’elles étaient bien ce qu’elles n’avaient pas l’air d’être. Avec un sourire en coin, il a ajouté un « elles vont vous étonner… » aussi surprenant que sibyllin.
Je n’avais pas le loisir de m’attarder. Pour essayer d’en savoir davantage. Trop occupé. Trop impatient. De m’approcher de cette place mythique. Que je lorgnais depuis toujours.
Je crois avoir fini par comprendre. Ce qu’il avait voulu dire. Je n’avais pas fait le lien. C’est vrai, pourtant, que dès qu’elles me furent promises, bien des portes s’étaient ouvertes. Un peu avant même. Elles étaient multi-serrures.
Moultipass (merci Lilou Dallas…).
Perdu l’habitude de tant d’ouvertures. À force de me cogner la tête contre les cloisons étanches. De perspectives inexistantes. Je ne sortais pas d’une prison. C’est la prison qui m’avait libéré.
Non que je sois un saint. Surtout à cause de l’auréole. Trop lourd à porter. J’ai la nuque fragile. Du poids de mon histoire. Mes histoires. Là, je me sens si léger, qu’on pourrait m’en poser une en fonte. D’auréole. Je gambaderai comme un cabri !
Le soleil entrait partout. Chez moi (le très futur bientôt), dans ma tête, dans mon renouveau professionnel, dans ma vie quoi…
Je me demande encore à quoi ça tient. À peu de choses ? Ou à beaucoup ? À moi ? À d’autres ? À tout à la fois ?
Pas essentiel d’avoir une réponse précise. Mieux vaut se dire que la magie n’est la magie que si elle reste inexplicable. Que les miracles s’en sont que parce qu’on ne perce pas leur mystère.
Elles ne me quittent plus. Ce serait si con. De les perdre.
Maintenant qu’elles m’ont trouvé. Que j’ai trouvé. Tout ce qui me manquait. Presque. Mais j’ai confiance. L’un entrainant l’autre, les possibilités sont infinies.
Bien sûr, toutes les issues ne sont pas dégagées. Un peu sinueuses pour quelques unes. Rien ne m’empêche de marcher droit sur un chemin tordu. C’est moi qui conduis mes pas vers où je souhaite aller. Et pas le sentier qui m’amène où je n’ai pas envie. D’être.
La timbale. Le gros lot.
Je l’ai décroché.
Accroché à ma ceinture.
Pour longtemps.
Je sais aussi.
Que ce n’est pas moi.
Tout seul.
Qui me suis entrouvert.
Ces portes.
Ne pas oublier.
D’exprimer ma gratitude.
Merci Sainte Cécilia.
Merci Saint Laurent.
Merci Saint Expedit.
Et surtout.
Merci Saint Pierre !

« On prétend que certaines voies sont impénétrables. Tant mieux. Je n’ai pas trop envie de les partager. Pas tout de suite. Après peut-être. Pour l’instant, je savoure. Égoïstement. »
Léo Myself

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Tirage gagnant (2)

Je n’ai aucun talent dans ce domaine. J’aime regarder mais je ne sais pas faire.
Démuni côté prises de vues. Autant je peux me sentir plutôt aisé. En points de vue. Évidemment  discutables. Opposables. Défendables.
Toujours est-il que c’est juste mon regard. Plus devant, autour, qu’en arrière. Ma carte mémoire est suffisamment pleine. D’images un peu passées. Surannées.
Dont je n’oublie rien. De ce qu’elles ont pu me dévoiler.
Je n’ai pas besoin de les ressortir de leur boîte pour m’en souvenir. Pas besoin de m’y replonger. Pour éviter de sombrer dans mes errements anciens. Si les blessures se referment, les cicatrices demeurent. Me rappelant à l’ordre, si besoin.
Je suis fasciné par la capacité, le don même, de certain(e)s à faire surgir l’étonnement. D’une réalité connue. Mais transfigurée. Comment ? Pourquoi ? Ils ont « l’œil ».
Je ne vois pas d’autre explication. Dépassant l’objectif, ils (elles) conjuguent le quotidien au presque parfait de leur subjectif.
J’y pense beaucoup en ce moment.
Parce que le négatif d’hier a pris des couleurs. Un véritable arc-en-ciel. Une gamme chromatique aussi éclatante que peu imaginable. Voilà pas si longtemps.
Je sais ce que je dois. À qui. Pour cette mise en technicolor de ma grisaille déjà vieille.
Ce n’est pas fini. J’en suis aux toutes premières épreuves. Dont je me régale.
Pour une fois. Pour toutes les fois à venir.
Rien. Personne. Ne me renverra du côté obscur. Ne m’entraînera dans une projection en noir et blanc. Dans tous les cas j’ai une parade. Infaillible.
Mon habit d’arlequin.
Il déteint. Il contamine. Il tache.
Niveau de gris ? Il se met à colorier. Comme un fou furieux.
Une vraie boîte de Caran d’Ache. Sous extasy.
Photo sépia ? Allez hop, un plongeon dans le bain.
Révélateur.
Les nuances posant des pigments.
Partout.
Et du piment.
Dans chacune de mes heures.
Ce n’est pas comme au loto.
Ce n’est pas le hasard.
Qui nous permet un jour.
De savoir comment.
Développer nos photos.
Intérieures.
Pour en faire.
Obstinément.
Un vrai tirage gagnant.

« La netteté ou le flou dépendent peu d’une éventuelle mise au point. C’est avant tout une question d’ouverture, d’éclairage, d’angle et de vision. »
Léo Myself

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Pétard de sort

Ça fait du bien, vraiment. De se laisser aller. À l’euphorie. Aspirer à grandes bouffées. Sentir ses effets se propager. Partout. Dans la moindre de nos cellules.
Ne pas résister à cette sensation d’être allongé sur un nuage. Le seul disponible dans un ciel sans encombre. Horizon dégagé, atmosphère idéale, température estivale. Détendu, jovial, planant. Un Pink Floyd dans les oreilles et on frise l’indécent…
Putain, oui, ça fait de bien !
Il a suffi que je décide. De changer de dealer. D’arrêter la merde dont je me contentais. Jusqu’alors. Relever mon niveau d’exigence, choisir de rouler à l’extra-ordinaire, préférer l’ambition aux concessions faites aux circonstances…
Souvent, il faut se taper un bad trip. Pour déclencher un réveil salutaire. Pour ouvrir la porte et s’émerveiller de ce qu’on découvre. Derrière.
Toucher le fond est sans doute nécessaire. Quand on y est, une évidence, impossible d’aller plus loin. Plus bas. Y rester, y crever.
Ou remonter à la surface.
Prendre une grande aspiration, jusqu’à l’étourdissement. Sans perdre la tête. Au contraire. La retrouver, la faire fonctionner à plein tube. L’écouter attentivement. Suivre ses conseils. Le reste vient, sans forcer. La loco emmène le train. Pas l’inverse.
Faire le tour de ce qui n’allait pas. Comprendre pourquoi. Tout jeter. Ne plus y penser, se concentrer sur un point. Je veux de la bonne. De la super bonne. D’existence.
Me la rouler à la main, la fumer sans filtre, tirer dessus jusqu’au bout. Parce que c’est cool. Ultra cool.
Ce début de mois s’annonce bien. Très bien.
Probablement parce que c’est un vrai début de moi.
Nouveau chez moi, nouveau job, nouveau regard. Sur ce qui m’attend.
Que je n’attends plus. Je vais au devant. Je ne suis plus en retard. Sur les promesses du lendemain.
Aux oubliettes, les hiers désespérants.
Aux chiottes, l’arbitraire de mes matchs perdus d’avance.
Je suis accro. Pour de bon.
À ce qui me sourit.
Contrôlé positif.
Au dopage de la vie.
Je vous assure.
Un bon juin, il n’y a pas mieux.
Pour rêver les yeux ouverts.
Sans perdre de vue.
Qu’on peut les rejoindre.
Ses rêves.

« Pour que plus rien ne parte en fumée, c’est simple. Utilisez le meilleur des psychotropes : vous ! »
Léo Myself

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Double face

C’est pratique. Ce genre d’adhésif. Qui fonctionne à l’envers comme à l’endroit. Qui colle des deux côtés. Qui retient doublement. Ce qu’il doit retenir. Ce qu’il ne veut pas laisser s’échapper. Ce dont il ne peut décrocher.
Normal, c’est sa fonction. Petit bémol, cependant.
Il est moins efficace. Moins durable. Moins fiable.
Que ceux qui sont unilatéraux. Et annoncent clairement la couleur. « Je ne m’attache à remplir mon rôle que sur un seul pan. L’autre n’est là que pour être le support. De celui qui adhère. J’évite ainsi d’induire en erreur. Les personnes qui comptent sur moi. En quelque sorte, je suis un monogame du contact longue durée… ».
Cette franchise me semble préférable.
À toutes les promesses mal tenues. Ou pas tenues du tout. À tous les trompes l’œil qui mystifient ceux qui ont la naïveté d’y croire.
Curieux parallèle. Avec des situation vécues. Connues.
Qu’on préfère ignorer. Parfois. Jusqu’à ce qu’elles nous pètent au visage. Malgré toutes les précautions prises. À l’encontre de tous les signaux qu’on a pu envoyer.
Lorsqu’il ne fonctionne plus, son stratagème (avoir voulu faire illusion à perpétuité), il n’a plus grande importance. Il est même moins qu’un scotch ordinaire.
Parce qu’il nous a roulés dans la farine. Qu’il s’est joué de nous. Qu’il a fait « comme si ».
Sans avoir la capacité. Ni l’habileté. D’être ce qu’il prétendait. Qu’on le prenne pour ce qu’il n’est pas. Il peut toujours s’imaginer y parvenir.
Mais ce n’est qu’un double face.
Qui finira toujours.
Par décevoir.
Par anéantir.
Les espoirs.
Placés en lui.
D’un côté.
Comme de l’autre.
Et terminera seul.
Sans plus rien.
Qui veuille prendre le risque.
De s’attacher.
À lui…

« Lorsque « ça colle », on croit souvent que c’est suffisant pour se dire attaché. Mais sans une adhésion complète à qui est l’autre, sous toutes ses facettes, on n’est rien d’autre qu’un post-it…»
Léo Myself

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La cerise sur le bâteau

Un drôle de rêve. La nuit dernière. À l’image de la plupart d’entre eux. Mais là…
Je suis à la barre d’un esquif. Pas fragile du tout. Au contraire. C’est un cerisier. Oui, un cerisier, tout de branches équipé. Ne me dites pas que c’est absurde. C’est mon rêve.
Malgré son profil peu commun, il flotte. Très bien. Mieux, il trace nickel.
Ses feuilles larges comme des voiles prennent le vent. Avec une grande aisance. Spinnaker, perroquet, génois ou foc, je n’en sais rien. Pas très calé en la matière. N’empêche, l’embarcation file à bonne allure. De l’allure, j’en ai aussi.
Quitte à sembler présomptueux. Avec mon bonnet rouge orné d’un superbe pompon.
Seul le slip kangourou qui pendouille sur ma nuque pourrait paraître incongru. Mais il me suffit d’avoir le pied marin pour ne pas me prendre la tête. Avec de tels détails. Malgré mon inexpérience, je constate que le niveau de l’onde baisse. De façon inquiétante. On va toucher le fond bientôt.
J’oubliais ! Le cerisier arrive du désert. Après un long séjour là-bas, il est assoiffé. Normal. Et s’empiffre de la flotte qui nous sert de viatique. Imaginez votre bagnole dévorant la route que vous empruntez… Au bout d’un moment, ça devient compliqué. D’avancer sur les graviers !
Mais, je suis dans mon rêve. Tout est possible. Malgré tout, je lui explique, très courtoisement, que, s’il poursuit son hydratation forcenée, on va se retrouver en rade.
En guise de réponse, il envoie quelques nœuds de plus. Qui accélèrent l’assèchement du tarmac liquide.
Dans le même temps, la voilure se réduit. Faisant place à des fruits gorgés. D’eau de vie. Des espèces de griottes exotiques. Qui se mettent spontanément à tomber dans nos gosiers. Impeccable ! C’est l’heure de l’apéro. Ou du dijo. Et nous étions à sec ! Réconfort et gaité nous gagnent. En revanche, notre déplacement perd en efficacité.
Par chance, un banc de saumons complètement fumés vient à notre rescousse en compagnie d’orques volants.  Ni une, ni deux (ni même trois), ils empoignent le manche à balai (orques volants, je rappelle…), et nous entraînent à fond la caisse vers je ne sais où… Je ne sais toujours pas, d’ailleurs.
Je me suis réveillé à cet instant-là. Couvert d’algues, un béret en fonte ayant pris la place du bonnet rouge autour de ma tête…
Les noyaux de cerise jonchaient ma descente de lit. Les queues avaient pris le large. Plus une goutte d’eau dans ma bouteille de quart. Ou quart de bouteille.
J’avais dû larguer les amarres.
À force d’en avoir marre.
Pas grave.
J’ai fait la course.
J’y suis allé.
J’ai tout donné.
Avec l’aide du cerisier, des saumons et des orques.
Je ne l’ai pas fait seul.
Mais je suis le seul.
À pouvoir dire.
Que je sais.
Ce que c’est.
La Solidaire du Bigarreau.

« Après une nuit hors du commun, les lendemains chantent toujours. Un peut trop fort, parfois. Le mal de tête vient de là, certainement… »
Léo Myself

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Aux armes !

En réaction au mouvement social affectant le service des transports en commun, j’appelle en tant que représentant de mon syndicat (le SFIO- Syndicat des Festoyeurs Indignés et Outrés) tous les usagers à observer une grève générale et illimitée. Si, demain, un bus s’arrête pour vous prendre, refusez de monter. Quand le tram ouvre ses portes, refermez-les. Si la station est gavée de Vcub, faites comme s’il n’y avait aucun ! Si vous ne pouvez faire autrement que d’utiliser l’un ou l’autre de ces moyens de déplacement, compostez votre tickarte au lieu de l’oublier comme d’habitude…
Festoyeuses, festoyeurs, spoliés de l’apéro de tous les quartiers, ne baissons pas les bras que nous avons l’habitude de lever, le poing serré autour d’un verre ! Mobilisons-nous et ensemble nous les remplirons à nouveau !
Et s’il y en a qui peuvent penser au cacahuètes, c’est bien…

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