Le résultat de tennis

Comment les pédagogistes parlent-ils de la finale simple du tournoi de tennis BNP PARIBAS PRIMROSE 2015 (qui s’est achevé le lendemain d’avant-hier) ?

« Au terme d’un séquence itérative de duels médiés avec sphère feutrée à facteur bondissant, mis en œuvre dans un espace standardisé à surface volatile réglementairement délimitée, l’équation résultante est le produit de facteurs inférants à probabilité variable : le juvénilisme de l’apprenant-pratiquant à forte potentialité d’excellence l’a conduit à une position préférentielle dans son opposition stylistique et performeuse avec son co-exécutant aux capacités de résistances sous-dimensionnées dans la collecte de points non-perdants…bref, c’est le jeune (futur très grand) champion australien qui a gagné… »

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La der des der

C’est la fin. La fin d’une histoire. De passions sans retenues. De déceptions vite oubliées. De joies incomparables. De peines incontrôlables.
Une page est tournée. Sans aucune possibilité. De la réécrire.
Ce qui s’est passé restera pour toujours. Une cohorte de souvenirs impérissables. Inespérés. Des retournements de situations. Des instants de gloire. Éphémères.
On oublie vite. Dommage. Après coup on aimerait. Garder en nous.
Ces émotions. Ces frissons. Ces surprises.
Cette impression. D’avoir vécu. Quelque chose d’unique. Dont les chances de se reproduire s’amenuisent. Au fil du temps. À mesure qu’on s’éloigne. De cette époque. Qu’on vieillit. Notre mémoire aussi. Prend de l’âge. Perd ses marques.
Des traces qu’on croyait indélébiles. S’étiolent. Deviennent moins certaines. Imprécises. Une espèce de nostalgie s’installe. On voudrait se dire. Que ça peut encore se produire. Qu’il peut se faire. Qu’à nouveau ça le fasse. Qu’on puisse vivre, une fois de plus, cette exaltation. Cette ivresse.
Ce n’est pas une question d’envie. C’est juste l’énergie. Moins présente. La motivation. Plus discrète. La patience. Moins évidente.
Alors, on a cette fâcheuse tendance. À se repasser le film. En boucle. À se plonger. Dans cette suite de séquences. Synonymes de nos belles heures. Si on n’y prend pas garde, on peut s’y égarer. Sans espoir de retour.
Vers la vie.
Celle d’aujourd’hui. Qui persiste. À nous ouvrir les bras. À nous indiquer la voie. De lendemains. Qui peuvent chanter.
C’est la fin. La fin d’une histoire.
Les Girondins de Bordeaux referment le livre.
De décennies légendaires.
Le Stade Chaban-Delmas a vibré de ses dernières clameurs.
Footbalistiquement parlant.
Je ne suis pas sûr.
Que c’était voulu.
Attendu.
Désiré.
Ainsi va la vie.
Les avenirs se bâtissent.
Sur les cendres de leur passé.
Rien n’est durable.
Sauf le mépris.
De ce qui fut.
Rien n’est éternel.
Sauf l’espoir.
De ce qui aurait pu être.
C’est la fin.
La fin d’une histoire.
Le début d’une autre.
Probablement.

« Si toute fin a un début, chaque début ignore s’il aura une fin. »
Léo Myself

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La balle au bond

Un vrai ballet. Arabesque. Glissade. Grand écart. Pas de deux.
C’est la semaine qui veut ça. La semaine à venir. Le spectacle sera là. Sans aucun doute. Les acteurs aussi. Les actrices. L’une d’elle. En particulier. Au sort peu enviable. A priori. Frappée. Coupée. Fouettée. Balancée. Jetée. Une fois qu’elle est usée. Jusqu’à la corde. Dénuée de toute capacité. À jaillir. Débouler. Fuser.
Comme elle doit le faire. Chaque instant. De chaque jour.
Soumise au bon vouloir.
Des héros du moment. Des vedettes du spectacle. À leurs caprices. Parfois.
Malaxées. Tripotées. Secouées. On vérifie son état. Son aptitude. À servir. Le jeu. À ne pas contrarier. La performance. À surprendre. À dérouter. Par ses trajectoires.
Ses effets. C’est important l’effet. Que ça fait.
Les exclamations. L’admiration. L’engouement. Du public. Sont sa seule récompense.
Les coups. De contrariété. De colère. De rage. Des joueurs. Sont le châtiment.
Qu’elle subit régulièrement. Parfois, il peut même lui arriver de se retrouver satellisée. Loin. Échouant sur la chaussée. Finissant écrabouillée. Par un véhicule quelconque.
Ce n’est pas juste. Effectivement. Mais c’est sa vie.
Une vie qui ressemble, souvent, à la nôtre. Des hauts. Des bas. Du ressort. Pour se sortir. De toutes les situations. De la fatigue, parfois. À force d’être chahutée.
Par les revers. Que l’existence réserve. Mais toujours prête à bondir. À la première sollicitation. Au premier engagement.
Enfant de la balle, rien ne compte plus. Que son rôle.
Sans elle, finalement rien ne serait pareil. Rien ne serait, en fait.
Une pantomime de gestes dans le vide. De cris pour du beurre. De scores inventés.
Un jeu virtuel. Sans enjeu. Réel.
Oui, elle me fait vraiment penser à la vie. La nôtre.
Cette boule de feutre jaune. Autrefois blanche. La mode change.
Et puis, les goûts et les couleurs…
Plus je la regarde, plus je les regarde (elles sont tout un régiment).
Plus j’ai le sentiment. De me regarder. D’observer.
Les rebonds. De ma propre vie. De continuer à m’étonner.
Des directions aussi surprenantes qu’inattendues. Qu’elle prend.
Tout est question, de dynamique. De tonicité. De croyance.
En son potentiel de sursaut.
Pour se projeter. Plus loin.
Que ce que l’on croit pouvoir.
Plus haut. Que ce que l’on pense vouloir.
Parce qu’il n’y a jamais de limites.
Pour rendre nos rêves.
Plus vrais, aujourd’hui.
Que nos cauchemars.
D’hier.
Il faut juste savoir.
Prendre la balle au bond…

« Il ne s’agit pas d’un jeu. Pas seulement. Pas tout le temps. Nous disputons une partie perdue d’avance. Mais, rien ne nous empêche de tout faire pour gagner la manche en cours. »
Léo Myself

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Le silence

C’est étonnant ce qu’il peut provoquer. Comme bruits. Des bruits intérieurs.
De toutes sortes.
Les émotions. Contenues. Car trop fortes. Les questions. Orphelines. Des réponses qui ne viennent pas. Les joies. Qui n’explosent qu’à l’intérieur. Les inquiétudes sans objet. La plupart du temps. Les plaisirs. Si intenses. Qu’ils doivent rester secrets. Les prises de tête. Sans raison d’être.
Parfois, néanmoins, on aimerait. Entendre. À défaut lire. Quelque chose. N’importe quoi. Le bulletin météo, si besoin. On peut toujours le faire. Au bout d’un moment, on connaît par cœur. Heure par heure. Le temps qu’il va faire. Les 15 prochains jours. Météo France à moi tout seul.
On se met à écouter. Les conversations alentour. Pas d’indiscrétion. Rien que l’envie. D’occuper ses oreilles. De sentir. Ressentir. L’effet d’un son. D’une parole. Même si elle ne nous est pas destinée. Rassurant. Pas de surdité en vue. Tout va bien. Ce n’est pas moi. Qui suis amputé. De mes sens.
On observe. Ce qui se passe. Dans les environs. Plus ou moins proches. Plus ou moins bavards. Pour capter la vie. Telle qu’elle est. Essayer de comprendre. Avec des bouts de phrases. Des bribes d’échanges. Ce qui se trame. Se noue. Se dénoue. Se renoue. Distrayant. Mon silence développe mon écoute.
Je me remplis. De cette musique. Composition de brouhahas, d’éclats de rire, d’exclamations, de soupirs et de chuchotements…
Amusant. Certain(e)s ont l’air d’avouer. Des péchés. Non, n’insistez pas. Je ne trahirai pas. Le secret. De leurs confessions.
Ils ont égayé mon autisme temporaire. Ils ont injecté de la sensibilité. Dans l’inaudible. Ils ont mis du sens. Dans tous les malentendus.
Ils ont rendu visible ce que je n’entendais pas.
Finalement, c’est bien.
L’absence.
Le mutisme.
C’est provoquant.
Stimulant.
Excitant.
Paradoxalement, ça développe.
L’ouïe.
Ça aiguise.
L’attention.
Ça affûte.
Le regard.
Sur soi.
Mais pas que…

« On dit que si la parole est d’argent, le silence est d’or. Je crois que, parfois, le silence endort et que, souvent, le parler est ardent. Comme une flamme dans la vie. »
Léo Myself

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Le rendez-vous

30 mn. Dans un semblant de salle d’attente. Couloir d’attente à vrai dire.
À la croisée d’un autre, de la photocopieuse, du distributeur d’eau et d’un bureau d’accueil aussi vide que mon compte bancaire. Mais bien rangé. Très bien même. Témoignage inerte et muet du professionnalisme. De la personne qui l’occupe. Quand elle est là.
Déambulation constante mais discrète. De différents collaborateurs du service. Collaboratrices est plus juste. Tout le monde me salue. Me demande si on s’occupe de moi. Je réponds par l’affirmative. Que puis-je dire d’autre ?
Que je suis venu me mettre à l’abri de l’orage qui déverse ses trombes en ce moment ?
Que c’est une tactique très personnelle pour arrêter de fumer ? En passant une heure par jour dans des établissements où c’est interdit.
Je patiente, donc. Continuant de sourire à chaque passage. Vers le photocopieur. Ou le bidon de flotte.
45 mn. Rien de plus.
J’ai envie d’une clope. Mais je ne vais pas descendre 10 étages pour ça. Et m’exposer à manquer mon RV. S’il arrive. J’en suis à mon 9ème verre d’eau. J’arrête. Sinon, direction les toilettes sous peu. Autre risque. De rater le coche.
Je me retiens. De fumer. De pisser. De penser.
À ce manque de respect. Non par rapport à moi. Dans l’absolu. Un retard est toujours possible. Autant qu’imprévisible. On peut toujours prévenir. Aussi. Mail, sms, portables… Les moyens de communication ne manquent pas… C’est autre chose qui manque.
À part un accident mortel ou une brusque attaque nucléaire, je ne vois pas. De raisons valables.
Presqu’une heure. Je commence à me demander. Si je ne vais pas me barrer… Il arrive. Pile poil à cet instant. Se confond en excuse. J’en suis presque gêné. Je le soulage. Avec un formule de politesse appropriée. Son regard me fait savoir. Qu’il m’en sait gré.
Café proposé. Accepté volontiers. Je l’ai bien mérité. Ensuite, tout est fluide. Convivial. Positif. Très.
Je repars sur un semblant de nuage. Au milieu de ceux qui annoncent l’orage.
Je vais prendre une saucée. M’en fous.
J’ai eu raison d’être patient.
Et je n’ai qu’une idée en tête.
Continuer.
À l’être.
Le jeu en vaut la chandelle.
À un point.
Inimaginable.
Pour tout le monde.
À une exception près.

« Un rendez-vous manqué n’a qu’une cause : notre incapacité à savoir attendre. Tout le temps nécessaire. Très longtemps parfois. »
Léo Myself

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Les courses

Comment les pédagogistes expliquent-ils que, le frigo étant vide, il faut prendre la voiture pour aller faire des courses au supermarché ?

« Si mon observation factuelle s’avère non inexacte après balayage oculaire de son espace interne, il apparaît que notre complexe de réfrigération conservatoire est dénué de toute présence objective de référentiels nutritifs. Consécutivement, il serait congruant d’utiliser notre engin locomotif humano-piloté pour nous engager dans un processus ambulatoire jusqu’au lieu d’échanges monétairement contractualisés de matières organiques consommables dont nous pourrons alors nous porter acquéreurs…et n’oublie pas les pièces pour le caddy ! »

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La dernière séance

Tout est réuni. Pour que la soirée soit belle. C’est vrai.
Très vite on fait plus qu’écouter la musique. L’un d’entre nous en joue. Plutôt bien. Très bien même. Champagne, vin, coulent à flot. On chante. Si on ne connaît pas les paroles aussi.  À tue-tête. Revival à s’en péter les cordes vocales.
On vit. On revit. Nos années légères. On s’envole. Vers des horizons retrouvés.
Tous les excès nous attendent. Nous guettent. Nous piègent. Forcément.
On fait connaissance. On s’apprend. On se parle. On ne se dit pas l’essentiel. On surfe. C’est drôle. Par moment. On essaie d’installer une connexion. Parce qu’on veut garder le contact. Avec les hasards de la vie. Les impromptus. Les occasions. Ce qu’elles nous offrent. Incarnées.
Elles sont splendides. Grandes. Mais pas trop. Enjouées. Festives. Apportant une touche d’insouciance communicative. Déconnectées. Ou super-connectées. À leur volonté.
De s’éloigner. Des spectres anciens. Dépendance. Intolérance. Exigence.
Elles ont sans doute besoin. D’être différentes. De ce qu’elles furent. Pour ça.
Les scènes s’enchaînent. Les verres se vident. Se remplissent. Se vident encore. Les discussions deviennent moins convenues. Plus sérieuses. Un peu trop, peut-être.
À ce moment précis, je perds le fil.
J’avais juste envie. De continuer. À flotter. Dans une atmosphère éthérée. Fugace.
C’est pareil à un changement de bobine dans les vieux cinémas.
Ça repart. Mais je n’y suis plus. Dans le film. Arrêt sur image. J’essaie.
Mais j’ai la sensation d’être dans un théâtre d’ombres.
Je ne les vois qu’imparfaitement.
Ma lumière se projette ailleurs.
Là où elle prend sa source. Puise son énergie.
Elle brille dans ma tête. Tellement que je perçois de moins en moins.
Ce qui se passe.
Sur l’écran de ces instants.
C’est évident. Je ne verrai pas la fin.
D’autres séquences déboulent.
Dans mon imaginaire.
M’emportent.
Dans la nuit. Le sommeil.
Les rêves.
C’était la dernière séance.
La prochaine, je reste.
Jusqu’au bout.
Du générique.
De fin.

« Au ciné, quand une prise n’est pas bonne on peut la refaire autant de fois qu’on veut. Dans vie, c’est moins facile. Mais il peut toujours y avoir des séances de rattrapage. » Léo Myself

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