Même pas peur

Ce n’est plus ce que c’était. La langue de bois.
Aujourd’hui c’est du chêne massif. Ou, plus costaud, encore. De l’aggloméré.
Qui amalgame. Tout. Et son contraire.
Pas grave. Il faut la garder vivante. Cette langue. De bois.
Alors, on aboie. On invective. On exhorte. À grands coups de déclarations. Pas si claires. De sentences. Qui tombent. Comme un couperet. Sur la vérité. La sincérité.
D’appels. À la pelle. À la méga-citoyenneté.
En s’appuyant sur nos failles. Nos faiblesses. Nos craintes.
Dixit notre Premier Ministre. Suite aux derniers événements terroristiques. Qui furent déjoués. À temps. Et par hasard. Comme quoi le hasard fait bien les choses. Parfois.
La meilleure réponse d’une démocratie comme la notre, c’est de ne pas céder à la peurChacun doit être vigilant devant un individu suspect, un sacIl faut en même temps de pas céder à la peur tout en maintenant la vigilance
OK. J’ai compris. J’arrête. De me balader en permanence. Avec une sacoche.
J’arrête. La barbe. Même si c’est rasoir. Pour éviter les regards circonspects.
J’évite. De dire tout haut. Ce qui ne doit même pas se penser. Tout bas.
Je ne m’habille plus. Ni en noir. Ni en marron. Ni en blanc. Ni aucune autre couleur.
Je me fais transparent. Anodin.
Tout pour ne pas sembler suspect. Comme disait Coluche c’est pire que lèche-cul.
Et j’ouvre les yeux. Je suis aux aguets. Je piste. Je guette. Voisin(e) de palier. Collègues. Passant(e)s dans la rue. Çe peut être n’importe qui. N’importe quand.
Même la nuit. Je veille. Attentif au moindre bruit. Inhabituel. Donc suspect.
C’est du boulot. Mine de rien. Mais ça n’a pas d’importance.
Je me rends utile. Je remplis mon devoir. En me méfiant de tout.
Et de tout le monde. Même de moi. Je n’hésiterai pas une seconde.
À me dénoncer. Si j’avais le moindre soupçon.
Ça s’est passé ainsi. Dans bien des endroits. Du monde. De l’histoire.
En ex-RDA, par exemple. Chacun y était espion. De l’autre. De tous les autres.
Et aussi l’espionné. De l’autre. De tous les autres. Porte ouverte à tous les abus. Règlements de compte personnels. Vengeance affective. Délation gratuite.
Finalement, non.
Non.
Je refuse. De jouer les chiens de garde.
De hurler avec les loups.
De faire le lit de la terreur.
On a déjà vu. Le résultat.
Dictature. Torture. Et on épure.
À tour de bras.
Non. Je préfère croire.
Que quelque part.
Il y a encore. De l’intelligence.
De la confiance. De la tolérance.
Je n’ai pas envie. D’un monde.
Qui ressemble à un camp retranché.
Barricadé.
Derrière ses peurs.
Et sa cohorte de malheurs…

« Méfions nous. De la vigilance. De la défiance. De la peur. Elles n’ont qu’une seule issue. La terreur. Synonyme d’anéantissement. De notre conscience. Même si, aujourd’hui, ce n’est pas facile. D’avoir confiance. En l’humanité. Pas facile. Mais pas impossible. Ça dépend de nous. Uniquement. »
Léo Myself

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Cinglantes nuances de cris

Assourdissants. Les hurlements. Les exclamations.
Qui montent. De partout. Des quatre coins de la planète. Entrelacés. Enchevêtrés.
Dans une symphonie. Plus souvent macabre que fantastique. Dans le tourbillon de ses partitions. Où les noires endeuillées succèdent au double croche-patte de l’horreur. Moins souvent, de rondes en demi-soupirs, on perçoit de légères envolées de joie, des sonates de plaisir et de bonheur. Moins souvent. De moins en moins.
Les blanches, tout en retenue, se la jouent ma non tropo
Comme dans une partie de dames. Noir contre blanc.
Trop plein de couleurs ou absence de lumière.
On ne sait plus où donner de l’iris. Pupille et rétine aux abonnés absents.
On semble ne pas voir. Ne plus voir. Ni le mal. Ni le bien. Parce qu’on n’entend plus. Pourtant. C’est notre premier contact. Avec la vie. Quand on y débarque.
Avant même. On vient au monde avec un capital auditif. À ce qu’il paraît.
On doit le dilapider. Sans doute. Très vite. Pour devenir sourd. Si tôt.
La tentation est irrépressible. Alors
De retrouver. Des émotions. Des sensations.
Fortes.
Alors on cherche. Par tous les moyens.
À recouvrer l’usage. De nos sens évanouis.
Quitte à nous élancer. Dans n’importe quelle aventure. Pourvu qu’elle nous réveille. Qu’elle nous ranime. Qu’elle nous en donne l’illusion. Le frisson.
Plus il y en a, mieux c’est. 40 millions. C’est moins qu’insignifiant. C’est mieux que surprenant. C’est édifiant. 40 millions. D’exemplaires. Un film. Et sûrement des suites. Pour nous persuader. Que seule la souffrance mène au plaisir. Que la douleur est indissociable. De la jouissance.
Exit la simplicité. L’immédiateté. L’extase sans stase.
Chacun son truc. Chacun sa liberté. Je n’en discute pas.
Je me questionne.
Domination. Asservissement. Soumission. Seraient les seules clés.
Reproduisant ainsi dans notre cercle intime. Tout ce que nous reprochons.
À notre société. La plupart du temps. Étrange paradoxe.
Je ne suis pas sûr. Que sombrer dans ces infinies palettes de gris. Nous évite.
De finir. Aigri. Isolé. Le teint fade. Invisible.
Sans rien n’atteindre d’autre. Qu’un nouveau désert.
Aboutissement prévisible. De notre non-sens.
Ou contre-sens. Aussi.
Entre obscurité et noirceur. Entre ombre et absence d’ombre.
Je crois qu’il existe. D’autres tonalités.
Il suffit. De poser des couleurs. Où il en manque.
De mettre de la musique. À la place des cris.
De recruter l’espérance.
De virer les croyances.
À part une.
Celle d’un monde.
Qui aurait retrouvé.
Ses cinq sens.
Surtout le sens critique.
Sans aucunes nuances…

« Les gris et les douleurs. Vrais gris-gris d’un faux bonheur. Je préfère l’écrit et les couleurs. Ça laisse aussi des traces. Mais qu’on a envie de suivre… »
Léo Myself

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Contre-plongée

J’en rêve. Depuis toujours. J’en ai connu. Avant. Des rencontres inoubliables.
Pas une seule qui m’ait laissé. Sans émotion. Sans souvenirs. Marquants.
Ce qui explique sans doute. Le manque. Et son inévitable compagne. L’envie.
Je la comble. Comme je peux. La tête en l’air. Souvent. Pour admirer les courbes. Les encorbellements. Les détails. Les volutes. La finesse. Des armatures. L’étonnant contraste. Un matériau rigide. Presque inflexible. Accouchant d’une dentelle. Aux arabesques évocatrices.
Je reste émerveillé.
J’aime. Quand on y voit du monde. Pas trop. Juste assez. Pour attirer le regard.
Pour tenter. D’éprouver le plaisir. D’y être. De profiter. De ce qu’on y trouve.
De ce qu’on y découvre. Des sensations. Qu’on s’y procure. Des frissons.
Qui nous y transportent. Jamais les mêmes. Souvent semblables.
J’aime l’idée. De m’y installer. Comme en suspension. Dans l’espace. Comme dans le temps. D’y explorer. D’autres points de vue. De laisser y vagabonder mon imagination. D’y inventer. D’autres perceptions. Du monde. De la vie.
J’aime le vertige. Que j’y ressens. Le trouble provoqué. Par cette attirance.
Qui me hante. Me happe. Et ne me lâche plus.
J’aime croire. Aux chemins d’amour. Qui s’y sont ouverts. Roméo et Juliette. Cyrano de Bergerac. Tristan et Yseult. Figaro et Rosine. West Side Story. Ruy Blas et Doña Maria de Neubourg…
J’aime qu’il s’agisse d’un lieu privilégié. Pour s’y régaler d’opéra, de théâtre ou de ballets. Plaisir sublimé. Par la hauteur. Des mots. De la musique. Des entrechats.
J’aime m’y sentir. Comme si j’étais seul au monde. À la proue du Titanic. Y lever les bras. Et m’exclamer Je suis le roi du monde !
J’aime l’illusion qu’ils m’offrent. De dominer. D’observer. De jouer presque. Avec les destins. De ceux qui défilent sous mon regard.
Et la fragilité. À laquelle ils m’exposent. La tentation. De me laisser glisser. Dans le vide qu’ils surplombent. Ou de lever les yeux. Vers un ciel. Jamais aussi proche.
Oui, j’aime.
Les balcons.
J’aime l’espace inédit. Dont ils me font présent.
L’ouverture intense. Qu’ils apportent.
À ma vie.
J’aime les balcons.
Parce qu’ils m’accueillent.
Dans les pas. De leur histoire.
Me protègent. Dans leur cocon restreint.
Et qu’ils m’abreuvent.
D’horizons. Sans fin.
J’en rêvais.
Je n’en rêve plus.
Bientôt. Je regarderai la vie d’en haut.
Fini la contre-plongée…

 

« Chaque fois, les balcons m’emportent vers une évasion dont j’ignore la durée. Le but. La raison. Parce qu’ils expriment toute la poésie. Dont je voudrais être capable. »
Léo Myself

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Mémento

Un peu dans les vapes. Ambiance de manquedi. Différente. Plaisante.
Très détendue. Très vintage. On écoute Janis Joplin. Pink Floyd. The Doors. Avec des joints (« bédos » en langue plus actuelle). Des verres de whisky coke. Enfin, Coca.
On invente des histoires. Des films. On se fait des courts et des longs. Métrages.
Même si la durée n’est pas le critère. Décisif.
C’est l’ivresse. De partir en voyage. À destination de nos souvenirs. Presque communs. Presque partagés. S’enrichissant les uns des autres.
Une sensation bizarre. Également. Comme abandonné. Par la vie présente.
À force de se nourrir. De ce que nous avons été. On peut perdre de vue. Ce qu’on est.
Ce qu’on peut être. Justement. Grâce à qui nous étions. Avant. Jadis.
Ce qu’on s’imaginait. De nous. Plus tard.
On flotte. Entre deux eaux. Entre plusieurs. Existences.
Celles qui ont existé. On n’y changera rien. Pas un iota.
On a beau se raconter. Notre version. Notre vision. Actuelle. Du kaléidoscope à clichés. D’autrefois. Qui fait défiler les images.
On sait parfaitement. Démêler le vrai. Du vraisemblable. De l’agréable. Convenable. Acceptable. Par notre réalité. D’ici. Et de maintenant. Ses codes. Ses conventions. Ses contraintes.
Celles qui auraient pu. Etre. Ou ne pas être. Seront. Restent des éventualités
C’est seulement. Dans ce contexte. Dans cette atmosphère. Embrumée par les vapeurs délétères. Éclairée par la musique. Sublimée par la déferlante. De cette évidence. D’avoir été quelqu’un. Avant. D’avoir encore la capacité de l’être. Même autrement.
C’est seulement. Là.
Qu’on peut espérer.
Se dire. Avoir envie.
Que notre « lui » d’hier puisse être fier. Et heureux.
Du « moi » que nous sommes.
Que nous serons.
Si elle ne nous confine pas.
Dans l’absence. Dans le silence. Dans l’indifférence.
D’aujourd’hui.
De demain.
Notre mémoire.

« Les souvenirs. Ils ne sont jamais encombrants. Si on sait. Les remettre à leur place. La seule qui leur convient. Derrière nous. Devant, ils sont encore à fabriquer. »
Léo Myself

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Marathon (caméra)Man

Suer. Transpirer. Dégouliner. En principe c’est ce qui se passe. Dans une course. Longue distance. Très longue. En direct de l’antiquité.
De cette façon, impossible de savoir. Si c’est une légende. Ou une vérité historique. N’empêche. Normalement on y perd des litres d’eau. Pas ce soir. Vu la quantité. Qui nous tombe sur la gueule. De flotte.
La chance, c’est d’être dans un empire. Du vin. Château Pape-Clément.
L’équilibre s’en trouve un peu rétabli. Tant qu’on n’abuse pas. Sans modérer, pour autant, son appréciation. Sinon, arrive le point de non retour. Où l’équilibre fout le camp. En prenant la foulée d’un groupe de coureurs.
Repérage des lieux. Sous une pluie battante. Le 1er marathon de Bordeaux (en nocturne !) traverse la propriété. Passe devant le château. Serpente dans les rangs de vignes.
Et poursuit son trajet. Pendant 25 bornes encore.  Puisque le km 17 se situe très exactement au milieu de l’allée. Menant vers le porche de sortie. Entre les rangs de cabernet sauvignon et de merlot.
Huit postes de prises de vue. 2 caméras avec leurs cadreurs (Romain et Baptiste).
Et 2 réalisateurs Accomplis. Kyril Spielberg (vague cousin de l’autre). Et Léo Godard (sans rapport avec le cinéaste suisse, sauf qu’il aime le chocolat).
Tout au long du parcours dans ce Grand Cru Classé de Graves, on doit filmer. Tout ce qu’on peut. Sous les averses, sans éclairage diurne, les pieds dans la gadoue, la tête trempée. Principal objectif. Préserver l’objectif. De la caméra. Et faire le plein d’images. Deux heure écoulées (c’est le cas de le dire) depuis la mise en place.
Une heure depuis le départ de la course. Des lumières aveuglantes surgissent au détour de l’allée. Des motos. Fainéants ! Les premiers athlètes ne doivent pas être loin. En effet. Ils arrivent. Les uns après les autres. Espacés de quelques mètres. Ils passent devant nous. Vite. Très vite. On capte leur souffle puissant. Leurs foulées cadencées.
Floc floc croc croc. Sur le gravier humide. Mon cadreur se désespère. Pas assez d’Isos.
Il aura trop de grain. Ou pas assez de visibilité. Quelques groupes suivent. Derniers plans. Et on bouge. Vers un autre emplacement. Il faut jongler. Avec les coureurs qui n’ont d’yeux que pour leur trajectoire. Les phares des motos qui nous aveuglent. Et nos godasses qui tentent de slalomer dans la boue.
Les spots donnent un éclairage irréel. Dans le virage, les vues sont belles.
Et impressionnantes. Des grappes de coureurs. De plus en plus serrées. Denses.
Dansent avec les flaques. Et s’éloignent dans un jeu de lumières féériques.
On dégouline. On sue. Mais on filme.
Un dernier emplacement. Il faut l’atteindre. La partie devient acrobatique.
Flot ininterrompu de coureurs sur la piste. On doit pourtant traverser. Après quelques hésitations, un espace. Dans la file marathonienne. 2 m. Pas plus. On plonge.
On se fait houspiller. Je dis houspiller parce que je n’ai rien compris. À ce qu’on m’a hurlé dessus. On galope. Vite.
Dernière séquence. Le panneau « km 17 » en plein cadre. Ça n’arrête pas.
Des mecs, des nanas, des jeunes, des moins jeunes. Des vieux même. Tous unis dans cet effort incroyable. Surhumain. S’entraidant. « Attention, virage ! ». « Gaffe, ça glisse ! ».
Je décide de retourner au château. Pour une ultime prise vue. La bâtisse est rayonnante. Dans son habit de lumière. Pas le choix. Le trajet des coureurs est limite bouchon.
On passe à travers les vignes. Très attentifs. À la vigne. Si précieuse. En cherchant à ne pas se vautrer. Dérapage. Rattrapage. On parvient au bout. Avec 3 kilos. De terre. À chaque pied. Nos pieds. Celui de la caméra est intact. On le pose. Cadrage. C’est reparti.
Nous retrouvons l’autre équipe. Rapide échange. Sur les conditions de lumière. La difficulté de l’exercice. Pour conclure, du bon boulot.
Trouver refuge dans la pergola. Se réchauffer. Abandonner un peu d’humidité.
En savourer sous une autre forme. Château Fombrauge. Pape-Clément. Les flacons servis sont un délice. Quelques canapés. Pas pour s’asseoir. Pour meubler notre estomac.
C’est qu’on a couru. Nous aussi.
Kyril, toujours aussi perfectionniste, fait encore quelques plans.
Il le dit lui-même « les meilleures images sont toujours celles qu’on n’a pas filmées ».
Plus de marathoniens à l’horizon. Ils n’ont pas fini leur périple.
Nous si. On se pose. Un dernier verre de nectar en main. Puis en bouche.
Replier le matos.
Remercier toutes les personnes concernées de leur accueil.
Voiture. Route du retour.
Pour compléter les canapés, un stop.
Au Mac Do.
Puis très vite.
Dodo.
Je n’aurais jamais imaginé.
Que ce soit aussi crevant.
Un marathon.

« Dans le sport, il faut savoir s’appuyer sur ses qualités naturelles. Plus doué pour lever le coude que les genoux, l’an prochain, je change de discipline. Je fais le barathon. Et peut-être un essai du côtés des bars parallèles (dixit l’Amiral). »
Léo Myself

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Repasser…

Toujours. Il en reste toujours une pile. On ne peut que s’y plier.
À ce qui ressemble à une corvée. On peut y mettre tout son courage.
Se faire des « sessions spéciales ». Il en reste toujours une pile. Impossible d’y échapper. La chasse aux faux plis est ouverte. 365 jours par an.
Effacer. Les marques disgracieuses. Défroisser. Ce qui l’est. Lisser. Aplanir.
Mettre un peu d’apprêt. Avant. Pour que ça glisse mieux. Ne pas l’utiliser ensuite. L’apprêt. Ça ne sert à rien.
Le matériel est important. Une planche. Stable. Qui ne se dérobe pas. À la moindre secousse. Un fer. Pas à friser. Ce n’est pas l’objectif. Vapeur. Centrale pressing.
Mieux encore. Wifi. Si si, il en existe. Liberté du geste. Ampleur de l’aller-retour.
Sans fil à la patte. Les temps modernes. Un robot bientôt ? Possible.
Ce serait une belle avancée. Dans la marche en avant. De la libération de la femme.
Ce sont elles, en grande majorité. Qui en sont les victimes. Malgré le nombre croissant. D’hommes qui s’y mettent. Souvent par la force des choses.
Repasser. Éliminer les traces. Plier. Ranger. Ressortir. Porter. Laver. Repasser. À nouveau. Et recommencer.
Je ne sais pas. Pour quelle raison.
Ça ressemble si étrangement à la vie.
Aplanir. Lisser. Froisser. Défroisser. Ranger. Déranger. Laver. Se débarrasser des saletés. Des tâches. Repasser. Pour repartir. Tout propre. Tout neuf. Ça ne dure pas longtemps.
Un jour où l’autre. Il faut repasser. Encore.
Bizarre… Ce parallèle. En parlant tout d’abord. D’une tâche ménagère.
Pour en arriver. À se poser des questions. Sur sa similitude. Avec notre existence.
Pourtant, volontairement ou non, nous repassons. Par des situations déjà connues. Des émotions. Déjà vécues. Jamais identiques.
Différences. D’époque. De contexte. De personnes. Y compris nous-mêmes.
Mais nous avons toujours cette impression. D’avoir une pile. De souvenirs. À ranger. Après les avoir pliés. Lissés.
Pour qu’ils prennent moins de place ? Pour savoir. Où les retrouver ?
Peut-être pour les ressortir. Du placard à mémoire.
S’apercevoir. Qu’ils nous plaisent. Comme au premier jour.
Qu’on a toujours envie. De les porter.
Parce qu’on se sent bien.
Dedans.
Qu’on se sent beau.
Avec.
Qu’ils sont comme neufs.
Mieux.
Nouveaux.
Parce qu’on les porte différemment.
Parce qu’on est différent.
Qu’on est prêt.
À les repasser.
Autant de fois.
Qu’on aimera.

« Repasser. On ne sait jamais s’il s’agit de mettre à nouveau ses pas dans les traces de notre passé. Ou de laisser de nouvelles empreintes. Sur un chemin déjà parcouru. Finalement. Repasser c’est bien mieux. Que passer à côté. »
Léo Myself

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Les statistiques

Tous les jours. Par dizaines. Sur tous les sujets. Même les plus inattendus.
Mais passionnants…
Et révélateurs. « 11 raisons pour lesquelles les personnes qui souffrent de troubles de l’attention sont les meilleures ». Et aussi « 6 signes absolument scientifiques qui prouvent que vous êtes probablement un génie qui s’ignore ». Ou encore « 15 choses utiles et étonnantes que l’on peut faire avec du dentifrice ». Sans oublier « 11 raisons pour lesquelles les hommes qui boivent du whisky sont des partenaires de vie géniaux ». Ni « les 15 prénoms de femmes les plus courants dans les asiles ». Ou bien « 11 excellentes raisons pour lesquelles vous devriez boire du café tous les jours ».
Et pour vous messieurs « les 20 prénoms masculins qui correspondent à un petit pénis ». Et pour vous mesdames « 14 raisons scientifiques qui démontrent qu’être une femme de moins d’1m70 est super ! ».
Etc.etc.etc.etc.
C’est scientifique. Prouvé statistiquement.
Un fourmillement d’études en tout genre pullule sur la toile. Sur FB. Partout.
Il m’arrive d’en regarder une de temps en temps. Par curiosité. Ou pour me rassurer… Ouf, j’ai juste. Je fais exactement comme ils le disent !
Mais il y a un sacré problème.
Si je lis tout ce qui est publié. Il faut presque une journée. Ensuite retraiter toutes les infos. Croiser les données. Déceler les erreurs. Éventuelles. Ça doit être rare. C’est scientifique quand même !
À partir de là, faire des fiches de synthèse.
Autant de modes d’emploi. Pour chaque instant du quotidien. Les apprendre par cœur.
Je ne vais pas me balader en permanence avec 15 kgs de fiches de synthèse sous les bras. D’autant que, d’après une étude récente, les personnes qui le font (15 kgs sous les bras), ont 10 fois plus de risques de se noyer dans un naufrage en mer Égée !
Et constamment vérifier. La cohérence. Dans le lit, ma position quand je tombe dans les bras de Morphée est-elle compatible avec celle de mon sommeil profond et non contradictoire avec celle de mon réveil ?
Faudra que je mette l’alarme. Pour m’en assurer dans la nuit.
À ce sujet, j’ai découvert que les différentes postures d’un couple qui dort avaient des noms. Et un sens. Précis. Malgré le crédit que j’accorde à ces recherches de haut vol, j’ai repéré une erreur. Un oubli. Plutôt. La position dite de « la cuillère ». L’une étant lovée dans l’autre. Il y a une variante. Disposition identique. Mais l’homme a la main sur le sein de sa compagne. C’est la « cuillère à laitage ».
C’est passionnant comme la science évolue. À la vitesse de la lumière.
Une lumière dont nous profitons. Tous.
Nous permettant de profiter de notre existence.
En toute connaissance de cause.
Pleinement.
À condition d’avoir lu.
Toutes ces études.
Et d’avoir fait ses fiches.
Et de les connaître.
Par cœur.
C’est chouette la vie !

« Les statistiques sont comme les hommes. On peut leur faire tout dire. Tout croire. Surtout des conneries. »
Léo Myself

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