Tirage gagnant

Tous. On a tous gagné. D’abord une nouvelle année. Toute neuve, toute fraîche.
D’à peine quelques jours. Pleine d’espérance. De promesses. De vœux.
Ah, les vœux !
En faisant le bilan de tous ceux qui me furent adressés les nombreuses années précédentes, je reste circonspect. Voire déçu. À part la santé, tous les autres n’ont pas donné les résultats attendus. Amour, bonheur, réussite, argent. Pas grand chose à se mettre sous la dent.
Je me demande. Pourquoi. Et si finalement, ça tenait à un détail.
La coutume nous impose de souhaiter tout et n’importe quoi à notre entourage. Sans rien connaître, la plupart du temps de leur vie. Donc pas étonnant. D’être à côté de la plaque. Que rien de ce qui nous est promis ne se produise. La plupart du temps.
Alors qu’on ne souhaite rien à la seule personne qu’on connaît parfaitement.
Nous-mêmes.
Donc, me dis-je, si, cette année, je commençais par m’adresser des vœux. À moi.
Des vœux adaptés, qui tiennent compte de ma situation dans différents domaines.
Des vœux qui, ainsi, auraient une chance de se réaliser.
De me rendre heureux. Dans tous les sens du terme.
Peut-être alors, serai-je plus en situation. De transmettre. De partager. D’en faire un peu plus pour les autres. Possible alors que ça fonctionne davantage.
Les vœux que je formulerai pour eux.
Puisque j’aurai du bonheur à revendre. Non. À donner. Ça vaut le coup. D’essayer.
Et puis il y a les Rois. Qu’on vient de tirer. Qu’on va encore tirer jusqu’à la fin du mois. Vous me direz que ce n’est qu’une fois par an.
Certes. Mais une aussi longue abstinence pour un plaisir aussi fugace, c’est plus que de l’abnégation. Surtout que ça fait quand même plus de 20 siècles que c’est la même histoire tous les débuts d’années.
Alors, vous je ne sais pas, mais moi je serai à la place de ces Rois, me faire tirer de la sorte, tous les ans, à la même époque, pardonnez-moi la trivialité de l’expression, je commencerais vraiment à en avoir plein le cul…
D’autant qu’au final, ça ne change rien. À l’année qui va s’écouler.
Ni aux vœux formulés par les uns pour les autres.
Malgré que ces Rois soient des Mages.
Il ne font pas de miracle.

« Croyez à ce que vous voulez. À qui vous voulez. Mais croyez d’abord en vous. Si rien ne va, vous saurez qui engueuler. » 

Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire

Très bien, merci

La mienne n’a pas grossie. Pas besoin de la faire opérer. Donc je vais bien.
Pas d’épargne salariale non plus. Du coup, pas de souci pour savoir comment je vais la dépenser. Nickel.
Pas plus amateur de Daft Punk que ça. En conséquence, ignorer leurs visages ne me pose aucun problème. Ouf !
Je ne participe pas au tirage au sort de la Coupe du Monde. Alors je vais très bien dormir ce soir. Youpi !
Je me suis levé très tôt. Café et cigarette sur la terrasse. Dans la fraicheur du matin. C’est cool.
Je n’habite pas Bangui. Et ça ne tire pas à l’arme lourde dans ma rue. Parfait.
Fin du chantier vendredi. Normalement. Retour à un rythme plus détendu. Génial.
Le PSG n’est pas invincible. Battu hier soir. En parfait Girondin (au sens historico-révolutionnaire du terme), je dis bravo.
Dans 21 jours, le Père Noël sera passé. Me fera plus chier à me réveiller avec le bruit de son traineau et de ses rennes. Bien peu discret les rennes. À moins que cette année, il choisisse des lamas, histoire de surfer sur l’événement local de cette fin d’année. À vrai dire, je m’en fous.
Après, il y a la Saint Sylvestre. C’est aussi l’anniversaire d’une personne proche. Happy Birthday bientôt alors.
Hier, un mot, un seul, venu de bien loin, a éclairé ma soirée.
Ma nuit aussi. Et sans doute les journées et les nuits à venir.
Il y a des jours, comme ça, où rien ne va mal.
Où tout va bien.
Je vais très bien.
Et je voulais juste le partager.
Avec vous tous.

« Le bonheur, ce n’est pas seulement la tangente d’une accumulation positive. C’est aussi la soustraction des petites contrariétés quotidiennes dont le produit est une journée de merde au carré. »

Léo Myself  (d’après Marcel Einstein, le cousin de l’autre)

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire

L’envol

C’est ainsi. Des destins se croisent. Sans rien connaître l’un de l’autre. Comme seul point commun d’être connus. Aimés. Par la même personne.
Après 10 ans de présence au plus haut niveau, 6 participations en phase finale et un titre de Champion de France de Tennis, la Villa Primrose descend en division inférieure. Club de cœur, de mon cœur, moments d’enthousiasme partagés, à l’unisson des rebonds et des rebondissements, tout ce que nous avons vécu ensemble ne s’effacera pas. Jamais.
Dans le même temps, un drôle d’oiseau, au plumage étonnant par son côté bouclé, prend son envol. Vers des horizons lointains. Comme une ascension vers une division supérieure. Celle de l’aventure et des rencontres à surprise, de la découverte à tout va, du possible impossible, du rêve devenu réalité.
J’ai tout autant vibré pour l’un que pour l’autre.
J’ai tout autant rêvé, grâce à l’un comme à l’autre.
J’ai tout autant aimé l’un et l’autre.
Pas tout à fait de la même façon mais avec la même passion. La même intensité. Les mêmes joies. Les mêmes déceptions. Les mêmes espoirs.
Toujours avec la même lumière dans le regard.
Cette lumière qui nous illumine tout entier.
De l’intérieur.
Cette lumière qui s’éloigne peut-être, faiblit un peu mais ne s’éteint jamais.
Jamais vraiment.
Puisqu’on ne pense qu’à une seule chose.
On n’attend qu’une seule chose.
Qu’elle revienne.
Qu’elle rallume.
Ce feu en nous.
Pour vivre tout cela, ensemble, une nouvelle fois.
Encore plus fort.

« J’aime l’absence dans ce qu’elle nous fait concrètement toucher du doigt ce que la présence a de magnifique : le don que l’autre nous fait de lui-même »
Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire

Allo quoi….

Tous les jours. Il est là tous les jours.
Comme s’il attendait quelque chose. Comme si je lui devais quelque chose.
Certes, j’ai parlé de lui. Il y a quelques jours.
Et alors ? Comme tant d’autres. Quel droit peut-il en revendiquer ?
Il est là. Il attend. Quoi ? Que je lui reverse des royalties ?
Syndrome de l’e-célébrité. Immédiate. Colossale. Fulgurante.
N’importe qui peut prétendre à son heure de gloire. Pour n’importe quoi. Et revendiquer. N’importe quoi.
Une émission de télé, figurer dans une pub pour bains moussants ou sièges relax (ça dépend surtout de l’âge et de la plastique du sujet…), se présenter aux élections…
Finalement tout est showbiz… Il semble l’avoir compris.
Il revient. Il attend. Que je fasse de lui une vedette ?
J’essaie de lui expliquer. Il a eu son heure de gloire (toute petite, certes) dans ma rubrique MÉTÉO INTERIEURE DU JOUR (bien modeste il est vrai), mais voilà, c’est tout.
Il n’y aura pas de suite. Pas d’épisodes à répétition.
Je fais dans le one shot.
Ce qui me procure une grande liberté.
D’esprit.
Il a l’air déçu.
Dépité même.
Et, alors que je le croyais d’une espèce muette,
Il me regarde, fixement, droit dans les yeux
Et me lance un :
« Non mais, allo crôôaaaaa…. »

« La célébrité, c’est comme la jeunesse. Ça n’a de valeur que celle que nous lui donnons nous-mêmes »
Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire

L’évasion

36 heures. Prisonnier. Chez moi. À attendre. Une livraison.
Promis, juré, craché ce sera fait dans la matinée. Un colis important dont j’avais impérativement besoin. Pour m’apporter un peu de rêve.
Prisonnier.
Ce n’est pas l’adresse qui nous a été communiquée, le livreur a terminé sa tournée, il vous a laissé un avis de passage…
Bref, 36 heures. Prisonnier. De ma fureur. De mon angoisse. De ma déception. De ma patience.
Prisonnier aussi de mes 4 murs. De ne pouvoir en sortir.
Les 4 murs de ces systèmes.
Où l’on n’est plus qu’un numéro. Mieux, un QR Code.
Enfin la fin. De l’attente.
Livré. Délivré.
Évadé. Bien avant.
C’est ce que j’avais fait.
J’avais utilisé les tunnels creusés par mon imagination pour m’enfuir.
Jusqu’à un monde remplis de cages.
Dans lesquelles croupissaient des livreurs.
Attendant que les destinataires veuillent bien leur rendre leur liberté.
Contre un colis. Et une signature.
D’un coup de sonnette, le livreur s’est échappé de mon rêve.
La réalité m’a rattrapé.
Putain de livreur.
M’aura emmerdé.
Jusqu’au bout.

« Je suis abonné à vie sur Dream Airlines, en classe affaires. Celle qui est interdite aux livreurs »
Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire

Le thermomètre

Il fait la gueule. Ou plutôt l’étonné.
C’est sans doute le zéro qu’il affiche. Qui lui donne cet air là.
Il ne s’y attendait pas. À cette époque de l’année, les températures chutent. C’est vrai. Pas autant néanmoins.
Et puis, le voir ainsi me pose un double problème : ça me rend triste et ça dérange mon cérémonial du matin.
Café/clope sur la terrasse dans ces conditions, faut vraiment avoir envie. Je prends mon courage à deux mains, mon café dans l’autre et je me jette à l’eau ! Enfin, façon de dire, bien sûr, vu la tronche de mon thermomètre.
J’ai beau lui expliquer que c’est un mauvais moment à passer, que les beaux jours et la chaleur reviendront, je ne me sens pas très convaincant. Peut-être parce que je ne suis pas très convaincu. Moi-même. Parce qu’aujourd’hui j’entre en hibernation.
Pour 139 jours.
C’est la durée normale pour une bonne hibernation. Et en ressortir au bon moment.
Quand l’hirondelle qui fait le printemps sera de retour.
Il me fait pitié, avec ses joues blêmes et sa goutte au nez.
Mon thermomètre.
Je rentre chercher quelques degrés supplémentaires.
Je le prends avec moi.
Immédiatement sa colonne de mercure témoigne de son moral retrouvé.
Je lui promets qu’il passera l’hiver ici. Avec moi.
Dans le confort douillet d’un bon chauffage central.
Bien réglé. Régulé.
Il faudrait que j’y pense aussi.
À me faire installer un thermostat.
Sur le cœur.

« Été comme hiver, la seule température importante c’est la température cœurporelle »
Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Un commentaire

Le corbeau

Il est là. Posé sur une branche. Je suis en face. Posé sur ma chaise. Une tasse de café dans une main. Une cigarette dans l’autre. Sur ma terrasse.
Comme tous les matins. Rituel immuable . Quel que soit le temps. Hiver comme été. Pourtant ça pique un peu. Ce matin.
Il est là. Immobile. Excepté les mouvements incessants de sa tête à l’affût. De tout ce qui pourrait représenter un danger. Ou une proie. Il a l’air jeune. Son plumage est d’un noir intense. Un peu comme le ciel. Il est très tôt.
Un instant, j’ai l’impression qu’il va s’avancer. Qu’il cherche comme une odeur.
Un parfum.
Il y en a eu. Il s’est dissipé. Depuis belle lurette. Je l’ai pourtant bien en mémoire.
Ce parfum de géranium.
Je m’amuse à l’imaginer. Perché à quelques mètres de hauteur. Une cigarette à la main. Une tasse de café dans l’autre. Mais nul fromage dans son bec.
C’est plus intéressant comme ça.
On aurait pu discuter. De la pluie. Du beau temps. De tout. De rien. De tout, surtout.
Il m’aurait dit qu’il allait partir pour un long voyage. Vers des contrées plus agréables. En cette période de l’année.
Qu’il allait voir d’autres pays, d’autres gens, d’autres climats.
Qu’il en garderait de beaux souvenirs.
Qu’il reviendrait sans doute. Sûrement.
Parce qu’il est d’ici.
Ce qui ne l’empêche d’aller voir ailleurs.
Il l’a donné envie de le suivre.
Mais je ne suis pas un corbeau.
Encore moins un jeune corbeau.

«  Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Pourvu qu’ils ne nous rendent pas infirmes de notre vieillesse !  »
Léo Myself

Publié dans MÉTÉO INTÉRIEURE | Laisser un commentaire