Signal d’alarme

meteo-interieure-signal-dalarmeUne sensation inhabituelle. D’imperceptibles constrictions dans l’estomac. Un léger frisson parcourant l’échine. Une petite voix intérieure. Son cri presque étouffé.
Ça commence toujours ainsi.
Ensuite viennent les loupiottes. Elles s’allument. S’éteignent. Par intermittence. Au début. Plus rapidement. Peu à peu. Presque frénétiquement au bout d’un moment.
On a pu ignorer les signes avant-coureurs. Mais dès que ça clignote façon stroboscope, mieux vaut être sur le qui-vive.
Ça peut aider. À déjouer le piège. Les manœuvres. Les coups à 3 bandes. Les chausses trappes en tout genre. Celles qui vous choppent par derrière. Qui vous dézinguent à chaque fois. Surtout si on ne les a pas vues venir.
À l’affut, en éveil, aux aguets, voire en hyper-ultra-méga vigilance.
Voilà notre exigence quotidienne. Dans le monde d’aujourd’hui.
Attristant constat, peut-être. Incontournable réalité, certainement.
Bien entendu, me rétorquerez-vous (parce que vous pratiquez usuellement le rétorquage…), devrait-on abandonner toute croyance en l’être humain. ? Remiser notre confiance naturelle dans le grenier de nos illusions perdues ? Faire passer notre naïf regard d’enfant par pertes et profits au bilan de l’existence ? Considérer, désormais, que rien n’est sincère, authentique, dénué d’hypocrisie ?
Que les Bisounours ne sont qu’une malicieuse distraction ? Un tour de prestidigitation ? Destiné à réduire notre lucidité à l’état de protozoaire avorté ?
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Thérapie qui croyait prendre

therapie

Tous les jours. On en apprend tous les jours. En matière de santé, par exemple. Tendance actuelle : la prescription auto-validée. C’est simple. Avant, il y avait des visiteurs médicaux. Ou des visiteuses. Chargé(e)s de promouvoir l’efficacité de nouvelles molécules. Comment veux-tu, comment veux-tu ?…
Par le truchement de séminaires d’information. À Marrakech, aux Bahamas ou en Floride. C’est scientifiquement prouvé. Le soleil, le sable blanc, les cocktails exotiques sont des optimisateurs. D’attention maximale. De compréhension extrême. Je l’ai, moi-même, vérifié.
Une semaine aux Maldives et j’y vois parfaitement clair. Sur les raisons d’être.
Des 51 autres semaines pendant lesquelles je bosse comme un malade…
Malade, justement, nous y revoilà.
Aujourd’hui, réglementation oblige, fini les exposés en bikini, les débriefs à la piscine, les préconisations distillées à la paille…
Nos Diafoirus doivent se démerder. Autrement.
Quitte à recommander un médoc, autant savoir. Ce qu’il vaut.
Quoi de mieux que l’avoir testé ?
Ça dépend. De la coïncidence. Entre une supposée pathologie. Et la spécialité du docteur. Quoi que… Les mystères de la science peuvent révéler bien des surprises.
C’est ce que m’a dit mon psy. Me conseillant un remède de cheval. Au sens propre. Genre amphétamine pour trotteur de tiercé. Sensée régler mon problème d’insomnie. Il m’a rassuré. L’utilisant lui-même. Me rassurant sur son efficacité.
Son regard orangé. Sa façon de grignoter son stylo. Ou les baffes qu’il mettait à son téléphone… En tout cas, un truc m’a incité. À fouiller la question.
J’ai trouvé quelques chiffres sur le net : en France, 2800 principes actifs sont commercialisés sous forme de 12000 médicaments. C’est-à-dire, chaque année, 3,4 milliards de boîtes vendues. Sachant que l’hexagone dénombre pas moins de 282000 diplômés en médecine (soit 1 pour 235 habitants), il faudrait que chacun teste une boîte par semaine. Pour avoir une connaissance accomplie. Du sujet.
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Avant l’heure…

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Je le savais. Dérèglement annoncé, attendu.
Rabâché par les médias. Remâché par nos synapses. À force d’en parler, on le rend vivant. Avant même sa naissance.
Anticipation. C’est le mot juste. Ses effets se manifestent. Dès lors que l’on sait. Quand il va se produire. Impatience inhérente à notre nature ? Crainte de louper le coche ? D’être largué, décalé, plus dans la course, le moment venu.
Survient alors l’étrange. Initiatives, comportements, discours, agissements. Bizarres.
En avance par peur d’être en retard. Tétanisé à l’idée d’en « perdre » une seule.
Sur les 42 000 000 qui sont le lot moyen d’une vie. 1 sur 42 millions. Et nous voilà aussi affolés qu’un papillon pris dans la lumière. Conjugué à la nouvelle lune du moment, c’est vite la fête de l’obsession. Du temps. Gagné, perdu, retrouvé.
Et des questions essentielles : fera-t-il encore jour pour l’apéro ? Mes croissants du matin seront-ils synchros avec ceux de l’astre sélénite ? Faut-il attendre pour pointer au boulot ? Et le tram, les bus, les trains, les avions vont-ils savoir ? Que leurs horaires ont changé. Et tous mes appareils ! Ils se démerdent ? Seuls. Ou c’est à moi. De leur faire jouer « Retour vers le futur ». Au passé de moins en moins simple.
Quel bordel ! De quoi perdre toute notion.
Qu’adviendra-t-il hier alors que demain est déjà passé ?….
Sans parler des naissances à ce moment-là !… « Non, je ne peux pas vous monter votre bébé, il n’est pas encore né. Mais dans 2 minutes, il le sera depuis 1 heure… »…
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Botoku

botoku-3Ça commence par une petite patte d’oie. Peu de chose. Ce peu qui veut dire beaucoup. Souvent plus pour soi que pour les autres.
N’empêche, juste l’atténuer, pas de quoi en faire un pataquès !
Allez, quoi, c’est pareil à un vaccin. Une petite piqure, une simple injection. Immunisé pour la saison.
Entre plaire, pas plaire et paraître, c’est vite vu.
Bien sûr, on n’ira pas plus loin. Enfin, pas trop. On commence en étant persuadé. De s’être fixé la limite. De se contenter. De pouvoir se satisfaire.
Mais c’est comme repeindre un mur sur quatre. Ensuite, on ne voit que ça. Ceux qui ne l’ont pas été. Du coup, on y va, on refait toute la pièce. C’est mieux. Bien mieux. Pourquoi ne pas s’occuper de l’appart entier ? Comme c’est cool, ce vent de fraîcheur qui se répand partout ! Jusque dans les chiottes. C’est vrai qu’on y passe du temps.
Aucune raison de les tenir à l’écart. De les priver. De cette chance. Un pinceau, un rouleau, une couche, voire deux, et hop. Retour vers le futur d’un passé du postérieur !
En fait, voilà où je voulais en venir.
Généralement, le premier regard se porte sur l’immédiatement visible. Le haut. En permanence découvert. Qui provoque la première impression. Distingue ou condamne. Élimine ou qualifie.
Néanmoins, certaines circonstances nous poussent. À dévoiler. Ce qui est généralement masqué. Habillé. Et là, putain, ce n’est pas toujours raccord…
L’angoisse nous tenaille, le doute m’habite, la dépression guette…
Alors, on étend le chantier. Les seins, le ventre, les fesses, les cuisses… Pourquoi ne pas aller au bout ? Faire le truc à fond. Jusqu’au fond. Du fondement. Je n’y vois que des avantages.
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Bye bye baby

bye-bye-babyÇa devait arriver. Un jour ou l’autre. C’était prévisible. Encore que, on ne sait jamais. À l’avance. Comment ça peut se passer. Si ça se passe…
Au début, rien de spécial. Un simple contact. On jette un œil. Distrait. Pas plus intéressé que ça. Et puis on s’accoutume. À sa présence. On se penche un peu sur le sujet.
Petit à petit on découvre. Ses couleurs enjouées. Son déplacement félin. Ses changements de pied. Une fois cadrage-débordement, une autre fois « j’te mets dans l’vent ». Pas le temps de s’ennuyer. Ni de réfléchir. Juste assez de place. Pour mesurer celle qui est prise. Progressivement. Sans en avoir une conscience claire, précise et suffisamment définie. Pourtant, c’est indéniable. Comment c’était avant ? Avant d’éprouver ce besoin. De savourer sa présence. Chaque jour. D’échanger sans retenue. De se renvoyer la balle. De feinter. Pour mieux détourner l’attention. Pour marquer un point. En ignorant s’il sera décisif. En espérant. Qu’il le sera.
À toi, à moi. Pas vraiment de calcul. À peine une tactique. Un début de manœuvre. Maladroite. Hésitante. Volontaire néanmoins. Ça fonctionne. Ou pas. Recommencer. Jusqu’à ce que le succès se profile. Bien qu’éphémère. Contre-attaque.
Et vlan, dans les dents ! Balle au centre. Compteurs à zéro. La partie recommence.
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L’échantillon

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Susciter la curiosité. Provoquer l’intérêt. Plaire. Ou le tenter. Laisser une impression. Une bonne. Pour installer un goût. De reviens-y. Pour implanter l’envie. D’être à nouveau séduit.
En principe, c’est du one shot. Une seule fois doit suffire. En principe. Il arrive que ce soit moins immédiat. Un soupçon d’amertume. Une pointe d’artifice. Une saveur étrange. Qui nous fait hésiter.
On se demande alors. Si on aime. Ou non. Situation difficile. Se sentir attiré tout en hésitant. Ou hésiter devant cette curieuse attraction. De l’inconnu. Du trop connu. Ou ce qui semble l’être.
C’est son rôle.
Nous procurer ce désir d’en savourer davantage. D’aller jusqu’au bout. De cette fugace émotion.
C’est son rôle.
Nous captiver par la promesse. De ce qu’il dévoile à peine. Équilibre fragile, ténu, entre ce qu’il laisse entrevoir. Et ce qu’il dissimule. Juste assez pour nous exciter. Juste assez peu, aussi, dans le même but. Pris entre la tentation d’y succomber et la volonté d’y échapper. C’est son rôle.
Nous faire croire. Que le tout est mieux qu’un fragment.
La plupart du temps, la vie est pourtant ainsi. Une accumulation de parcelles. De morceaux. Qu’on s’attache à faire tenir pour que ce soit un ensemble. De ce qui se ressemble. De ce qui se rassemble.
Réminiscence ? Vision ? Un peu des deux…
Son parfum nous enivre. Fugitivement. Durablement. Aussi. C’est entêtant. Ce dont il nous imprègne. Surtout lorsque c’est imprévu. Inattendu. Incongru. Qui ne devrait pas se produire. Qui n’a pas lieu d’être. Et pourtant. Quoi qu’on fasse, qu’on dise, qu’on pense, qu’on veuille. Ça se passe de cette façon.
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Prestidigillusion

prestidigillusionJe suis là. Hop ! Je n’y suis plus. Tu me vois. Tu ne me vois plus. Apparaître, disparaître. C’est du paraître au même.
Souvenirs d’enfance quand on m’emmenait au cirque. Bien sûr, il y avait les clowns et leurs grosses farces. Et nos rires à gorge déployée. Les tigres, les lions, les éléphants. Fascinants, effrayants. Au milieu, le dompteur, sorte de Lancelot moderne, sans peur, forçant notre admiration.
J’aimais, par dessus tout, les tours de magie. L’illusionniste dans son frac impeccable.
Ces gestes calculés, sa façon de faire surgir l’inattendu, l’émerveillement. Et son assistante. Dont la plastique l’emportait souvent sur son apport technique.
Mes yeux ne quittaient pas ses mains gantées de blanc. Je cherchais à percer le secret. De ses numéros. Je n’y suis jamais parvenu.
Pourtant, une fois, j’ai accepté d’être son comparse. Je m’en rappelle avec précision. Le cirque Amar, place des Quinconces à Bordeaux. À l’approche de Noël. Il lui fallait un acolyte. Pour passer à la guillotine…
Au premier rang, je fus choisi. Tétanisé par la trouille autant qu’exalté par la curiosité. J’y suis allé. À genoux, la tête sur le billot, je n’avais aucun doute. Ma tête ne tomberait pas. C’était un magicien. Lorsque la lame est fut libérée, j’ai pourtant fermé les yeux. Et donc, je n’ai rien vu. Juste entendu les applaudissements fournis. Je me suis relevé, j’ai salué, regagné ma place. Un sourire figé illuminant mon visage enfantin.
J’étais devenu un apprenti sorcier. Sans comprendre quoi que ce soit. Encore moins que la pomme de terre, placé en dessous de mon cou, se retrouve coupée. En deux…
L’admiration que je portais à cet art s’est estompée. N’en discernant pas les arcanes, je m’en éloignais. Mais il me rattrapa. Plus tard.
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