Absolution 2.0

ABSOLUTION 2.0C’est tellement pratique. Quand il y a un problème. De lui taper dessus. Sans savoir. Si c’est réellement lui. Le responsable.
Il est là pour ça.
Parce que c’est pratique. Genre « c’est pas moi, c’est lui ! ».
Ça ne date pas d’hier. Souvenez-vous. Le passage à l’an 2000. Celui à l’euro. On nous prophétisait déjà. Le grand chambardement. Le bordel maximal. Tout juste si on allait y survivre. Si oui, ce serait un retour au Moyen-Âge. Minimum.
Et pourtant. Rien. Ou presque. À peine une petite ride. Sur la mer. Où dérivent nos vies… Mais il est toujours là.
Prêt à en prendre plein la gueule. À servir d’excuse. Surtout. À ce qui est inexcusable.
C’est pratique.
D’avoir cette possibilité. Pas de question. À se poser. Pas de remise en cause. Puisque la cause, c’est lui. Mieux qu’un alibi. Un coupable. Pour tout. Comme le Schmürz de Boris Vian. L’aspirateur est en panne ? Le Schmürz ! Votre promotion tombe à l’eau ? Schmürz ! Vous manquez le dernier tram pour rentrer ? Le Schmürz !
Putain que c’est bon ! Fini les prises de tête, les bouffées d’infamie, la responsabilité anxieuse, le remords, les regrets, l’obligation de se sentir « désolée », de devoir le dire…et, juste après, d’avoir cette irrésistible propension. À se couvrir la tête de cendres…
Oubliez vos faiblesses. Cédons à la tentation. Soyons insouciants. Inconséquents. Fous et folles. Rien à foutre. Il est là. Pour ramasser. À notre place.
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Malédiction

MALÉDICTIONMerci.
À mes parents. Mes profs. Aux gouvernements. D’avant. À leurs ministres de l’Éducation Nationale : Maurice Herzog, Alain Peyrefitte, Georges Pompidou, Edgard Faure…et j’en oublie des gens de culture !
Merci de m’avoir donné une chance immense. Que je mesure chaque jour. Merci de m’avoir permis cette plongée, durant des années, au cœur des mots, de leurs origines, leur histoire. Vous m’avez donné un goût jamais démenti. Pour notre langue.
En m’apprenant. À comprendre. Et non à savoir. Pour appréhender le sens précis, profond. De ce que j’entends, de ce que je lis. Le latin et le grec furent les berceaux de mon amour. Pour le verbe. Merdum, crottum, fulminez-vous in peto ?!.. Quitte à sembler un tantinet orchidoclaste, je m’en tamponne l’arrière-train !
Passées à la moulinette du modernisme, ces langues « mortes » ont été enterrées. Puisque mortes. Pourtant, mourir n’est pas disparaître. Il y toujours une trace, une rémanence, un lien. Qui nous éclaire. À l’instar des continents, les langages dérivent. Connaître d’où ils viennent nous rend compréhensible là où ils sont. Et leur destination possible.
Pourquoi ce sujet ? Qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe…
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Désolé

DÉSOLÉEffectivement. Il faisait chaud. Et je dormais.
Merci pour ta sollicitude. Je suis sensible au sacrifice que tu t’imposes. Pour mon apaisement et mon bien-être.
Mais je ne peux m’empêcher de me sentir coupable.
Coupable de t’infliger un tel choix. Coupable de t’obliger à te priver. De nos échanges. Tous nos échanges. De nos conversations. Aussi longues. Que les nuits. Qu’elles remplissaient.
Coupable de ne plus être la victime consentante. Du combat que tu te livres à toi-même.
Coupable de ne plus vouloir. Être seul à payer l’addition.
Coupable que tu aies pu t’imaginer. Que ma mémoire était assoupie. Mon intelligence éteinte.
Coupable d’avoir prêté l’oreille. À ce que tu me disais, il y a peu. « S’il me restait 3 mois à vivre, c’est avec toi que je voudrais les passer »… « Je serai toujours là pour toi ».
À cette manière de m’interpeler dans la rue… « Roméo ! Roméo !!! »
Coupable, surtout, de n’avoir toujours pas réussi. À te faire comprendre l’essentiel.
Penser à quelqu’un n’est jamais penser à sa place. Ni décider pour lui.
J’appuie là où ça fait mal. Peut-être. Je l’assume. Je ne me cache derrière personne. Ni derrière aucun événement. Je suis responsable de mes actes. Comme de mes propos. Quelles qu’en soient les conséquences. Seule possibilité pour être cohérent. Avec moi-même. Sans passer pour une girouette. Sans blesser quiconque. Par mes contradictions. Mes volte-face, mes coups de mou, mes désirs non assouvis.
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L’équation

L'ÉQUATIONL’imagination est sans limite. Comme la connerie. Les deux peuvent-elles se rejoindre ? Tracent-elles des chemins parallèles ? Ou peuvent-elles tendre à la convergence ?…
On en revient au même point. Con ou pas.
Dans le genre, on trouve difficilement mieux que Facebook. Ses jeux, problèmes et devinettes débiles. Que tout le monde cherche à résoudre. Moi le premier. Un exemple ? Prenez 18 allumettes et disposez-les pour former l’équation suivante : 6+4 = 4. Ensuite, la question à mille balles : comment faire, en déplaçant une seule allumette, pour rendre cette formule juste ?
Ah la la, la la, la la…. Surchauffe des méninges, brain storming à n’en plus pouvoir, recherche fébrile dans nos vieux souvenirs de maths… Franchement, rester sans réponse ne changera rien à notre vie. Ni aux regards (habituellement) admiratifs de notre entourage. Non. C’est simplement une histoire d’orgueil. De vanité. Surtout lorsqu’on voit en dessous de cette publication que 457 383 personnes on la bonne réponse. Comment ? Serais-je moins intelligent que cette foule d’anonymes ? Ils ont dû enquêter sur internet… J’y fonce… Non «  à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ! ».
S’acharnant sur cette question ô combien existentielle, on n’aperçoit pas le tour de passe-passe. Comme dans tout numéro de magie, l’important est ailleurs. Que là où l’on cherche . À focaliser notre attention. La véritable énigme n’est pas celle qui nous est (apparemment) posée.
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Manipulations

MANIPULATIONSInterrogations. Inquiétude. Angoisse. Peur. C’est l’objectif. Le seul.
Par tous les moyens. N’importe où. N’importe quand. Pour ne plus laisser aucune place. À la réflexion. À la distance. Paralysant nos synapses, rétrécissant notre vision. Noyant notre cortex cingulaire sous un flot d’adrénaline. Troublant nos sens et provoquant des pics de stress qui nous font perdre pied.
Nous abandonnant à la merci de ce mécanisme. Terrible.
Où la conscience n’est plus qu’un champ de ruines. Où l’émotion règne en maître absolu. Nourrie par les messages contradictoires. Flattée par l’illusion d’une bonne nouvelle. Qui réduirait le chaos. Décuplée par la désinformation. Comme dans une sorte de Grand Huit. Où l’on passe de l’abattement à l’exaltation. Puis de l’effervescence à l’effondrement.
Notre QI se recroqueville. Se fait tout petit. Pour se cacher. Qu’il ne soit pas atteint. Par ces déferlantes de sensationnel. Qui ont l’air de se livrer un combat. Mortel. Parfois. Souvent. Se croyant à l’abri dans son bunker surrénal, elle ne contrôle plus rien. Notre matière grise. Couleur camouflage. Ne pas être repérée.
Jusqu’à ce que ça passe. Si ça passe. L’erreur est là. Attendre.
Justement. C’est le piège ultime. Patienter jusqu’à l’apaisement. Ou ce qu’on croit l’être. N’aboutissant qu’à l’épuisement. De ce que nous pouvions être.
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Microsotte

MICROSOTTENous sommes né(e)s ainsi. Malhabiles. Ne sachant pas tenir debout. Ni marcher.
À peine ramper. Mais déjà équipés. De façon à sentir. Ce qui nous entoure.
C’est ainsi.
Qu’on apprend. À grandir. À devenir. Ce que nous devons être.
La vue pour regarder. L’ouïe pour entendre. L’odorat pour flairer. Le toucher pour reconnaître. Le goût pour apprécier.
C’est ainsi.
Avec un énorme computeur. Le cerveau. Qui reçoit, identifie, organise, hiérarchise, élimine ou conserve. Les milliards d’informations. Que lui adressent continuellement nos sens. Il ne s’arrête pas là. Fort de ce qu’ils lui apportent, il se fait une idée. Au début incertaine. Parce que sans repères. Mais il construit les siens. À travers son stock. De données. Toujours exponentiel.
Il conserve tout, se souvient de tout. Continue à recevoir, identifier, organiser, hiérarchiser, éliminer ou conserver. Mais en plus, il compare. À ce qu’il sait déjà.
C’est ainsi.
Que peu à peu, il nous fait évoluer. Vers plus de conscience. Plus de pertinence. Nous révélant qu’au fur et à mesure, regarder ne suffit plus.
Qu’il faut observer. Qu’il vaut mieux écouter qu’entendre. Que ressentir est supérieur à sentir. Que toucher ne doit pas s’arrêter à la surface. Que goûter ne veut pas dire savourer. Plus notre cerveau enregistre nos sensations, plus il nous dit comment. Interpréter les signaux que nous captons.
C’est ainsi.
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Virages

VIRAGES 2On peut en rater. Plus ou moins. Parfois beaucoup plus. Qu’un peu moins.
Ils définissent notre parcours. Balisent notre chemin.
C’est toujours par surprise. Qu’ils se présentent à nous. Pas de fourberie. Juste de l’inattendu. On les prend. Parce qu’ils s’offrent à nous. On les évite. Puisqu’on n’en veut pas. Finalement. Courbes, là où on voudrait une ligne droite. Sinueux, quand on aimerait un tracé rectiligne.
Je pourrai les tordre. Jusqu’à les rendre bien raides. Le profil souhaité.
Est-ce le bon moyen ? Écrire. Écrire jusqu’à n’en plus pouvoir.
Dormir. Dormir jusqu’à n’en plus vouloir.
De ce réveil. Où nous rattrapent les lacets de notre vie. Dormir. Beaucoup. Ne plus ouvrir les yeux. Sur les lendemains qui déjantent. Rien de plus banal. Dans une épingle à cheveu. Écrire. Pour laisser une mémoire. Une histoire. Pas un conte de fées. Juste une histoire. Faite de lumière et d’ombres. D’espoir et de déceptions. De courage et d’abattement.
Une vie ordinaire. Dont on peut croire qu’il suffit. De mettre un pied devant l’autre. Pour y arriver. Même s’ils sont bêtes. Les pieds. À ce qu’on dit.
Perso, j’ignore s’ils sont vraiment aussi ignares. Qu’on le prétend.
Pas pu vérifier. Mes arpions me font la gueule. Depuis que je les ai défiés au Petit Bac… Pas doués pour les chicanes. Ni eux, ni moi. Lire la suite

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